La clientèle du RTC plafonne

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC)... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) prévoit des investissements records de 130 millions $ en 2016.

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(Québec) Malgré des investissements records de 130 millions $ en 2016, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) prévoit un achalandage stable. Le maire de Québec ne s'en inquiète pas outre mesure. Selon Régis Labeaume, il est «possible» et «pas anormal» que la clientèle du transport en commun plafonne d'ici l'implantation d'un service rapide par bus (SRB) en... 2025.

«Moi, je pense qu'on est rendu à autre chose tout simplement. On a besoin d'un SRB», a analysé M. Labeaume, vendredi, lors de la présentation du budget de fonctionnement et du programme triennal d'immobilisations (PTI) du RTC devant le conseil municipal.

Il répliquait alors aux inquiétudes de l'opposition, laquelle notait que la hausse d'achalandage estimée par le RTC pour 2015 ne s'est pas matérialisée. Le transporteur public a enregistré 45,6 millions de déplacements, en baisse d'un million par rapport à l'année précédente. Pour 2016, il n'en espère pas plus.

«Entre maintenant et le début de la construction des infrastructures pour le SRB et la mise en opération, il est possible qu'on plafonne pis c'est pas anormal non plus», a affirmé le maire.

Requestionné par les journalistes, M. Labeaume a dit que le RTC entrait dans une «phase de transition». «On commence à calculer nos coups d'avance. Les prochains investissements qu'on va faire, on va se demander s'ils vont être bons aussi pour le SRB», a-t-il développé.

Le maire de Québec a de nouveau exprimé son impatience de voir le bureau de projet financé par le gouvernement provincial. Il n'a pas voulu dire si l'horizon des Fêtes était réaliste, mais a précisé qu'une somme de 12,4 millions $ était en jeu. «Notre prétention à nous autres, (c'est que) le SRB de Québec doit être payé par le gouvernement comme le métro de Montréal a toujours été payé par le gouvernement. (...) Stratégiquement, c'est important que le premier paiement soit fait par le gouverment», a insisté M. Labeaume.

Du côté du RTC, le directeur général Alain Mercier a fait valoir que «des fluctuations (de l'achalandage) de 1 à 2 % à la hausse ou à la baisse, c'est assez normal dans l'industrie». Confessant qu'il avait peu de contrôle sur le comportement de la clientèle, le président Rémy Normand a néanmoins assuré qu'il travaillait à rendre le transport en commun plus attrayant. «On fait des efforts de promotion importants pour changer l'image, pour améliorer la qualité du service, pour se rendre plus efficace», a-t-il énuméré.

Anne Guérette, conseillère de Démocratie Québec, s'est montrée sceptique. «On nous fait miroiter un SRB qui viendra régler tous les problèmes, qui sera la pilule miracle un peu comme le tramway l'a été», a-t-elle déploré.

«Ça fait partie de la job du RTC et de la Ville de s'assurer qu'on continue à développer d'ici le SRB. On ne peut pas juste rien faire et attendre», a renchéri Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transport viables, qui critique par ailleurs l'échéancier du grand projet.

Pour 2016 spécifiquement, le RTC prévoit des investissements records de 130 millions $. Il achètera 59 autobus hybrides (36 standards et 23 articulés) et complétera le déploiement de son système d'information en temps réel Nomade. D'ici la fin de l'année, les usagers pourront ainsi connaître l'heure exacte du passage de l'autobus en consultant les bornes d'information aux arrêts ou leur téléphone portable.

En 2018, le RTC ajoutera 24 midibus à sa flotte. Ces véhicules à mi-chemin entre les minibus et les autobus standards serviront à la desserte des quartiers centraux. Le contrat est sur le point d'être signé, a souligné M. Normand.

Quant aux défunts Écolobus, prédécesseurs des midibus, ils n'ont toujours pas trouvé preneurs, mais pourraient être vendus pour les pièces.

Le budget du RTC pour la prochaine année atteint 208 millions $, en hausse de 2,6 % sur 2015. Les revenus provenant de la clientèle demeureront stables à tout près de 32 % du total. Comme les augmentations tarifaires entrent désormais en vigueur en juillet, elles seront dévoilées plus tard.

Plus d'heures, moins de points de vente

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) pourra ajouter 10 450 heures de service dès l'automne 2016 grâce à des coupes antérieures dans les heures dites «improductives» et à des améliorations dans les temps de parcours. Sur une année, cela représentera près de 30 000 heures de plus. Le secteur nord-ouest et le centre-ville seront bonifiés prioritairement. Le transporteur public a aussi décidé de consolider la vente de billets. Après trois ans de moratoire, 25 des 196 points de vente actuels seront éliminés à la mi-mars. Ceux appelés à disparaître effectuent moins d'une centaine de transactions par mois et sont situés à moins de 500 mètres d'un autre point de vente, a précisé le président du RTC, Rémy Normand, qui promet de bien informer la clientèle touchée. Le paiement en ligne sera rendu possible à peu près au même moment. Comme à Montréal, les usagers devront toutefois se doter d'un lecteur qu'il faut brancher dans l'ordinateur, car la carte OPUS doit être encodée lors de la recharge.

Le nord-ouest crie famine

Annoncé pour 2010, puis 2012, puis 2014, puis 2016, le projet de Métrobus 804 n'apparaît pas dans les documents budgétaires du RTC. Le conseiller municipal de Loretteville et ancien président du RTC, Raymond Dion, est allé aux nouvelles, jeudi, rappelant qu'une densification s'opère le long du parcours identifié, notamment sur le boulevard L'Ormière, et que les citoyens réclament une amélioration du service. Le dg du RTC, Alain Mercier, a répondu que des investissements immobiliers devaient être réalisés et que «des solutions pour donner un service bonifié très intéressant» allaient bientôt être annoncées. Il n'a toutefois pas parlé d'un Métrobus et a d'ailleurs refusé de le faire en point de presse. «C'est prématuré à ce moment-ci», a-t-il laissé tomber. Sylvain Légaré, conseiller municipal de Val-Bélair, est revenu à la charge. «Je sais plus trop quoi dire à ma clientèle qui veut consommer du RTC», a-t-il déploré, craignant de «manquer le bateau».

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