La technologie à la rescousse de la circulation près de l'amphithéâtre

La passerelle piétonnière construite ces derniers mois au-dessus... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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La passerelle piétonnière construite ces derniers mois au-dessus de l'autoroute Laurentienne - qui sera pleinement accessible dans les prochains jours - devrait aider la circulation lors des grandes affluences au Centre Vidéotron.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Oubliez les humains. Même la police ne fait pas le poids. C'est la technologie qui est appelée en renfort pour régler les problèmes de circulation autour du nouvel amphithéâtre de Québec les soirs de grande affluence.

Le Soleil a rencontré mercredi le directeur du Bureau du transport de la Ville de Québec, Marc Des Rivières. Il nous a expliqué les mesures prises depuis cette fameuse soirée du 16 septembre où Metallica a inauguré le Centre Vidéotron. Peu après 23h, piétons et automobilistes ont complètement paralysé la jonction de la rue Soumande et de l'autoroute Laurentienne, où sont concentrées les principales voies d'accès et d'évacuation d'ExpoCité.

La situation s'est répétée lors d'autres grands événements de la rentrée culturelle et sportive. Après le match Canadien-Penguins le 28 septembre, deux accidents ont encore compliqué les déplacements.

Si bien qu'au début octobre, le maire Régis Labeaume s'est engagé lui-même à éliminer les embouteillages autour du nouvel édifice. Il était notamment question de remettre des policiers sur le terrain pour diriger la foule et le trafic.

Mais selon Marc Des Rivières, les policiers ne peuvent pas constituer une solution à long terme, même pas à court terme.

Bandes vidéo à l'appui, il nous a montré comment les spectateurs qui stationnent leur véhicule au centre commercial Fleur de Lys, de l'autre côté de l'autoroute Laurentienne, nuisent doublement à la sortie du Centre Vidéotron. Arrivant par centaines rue Soumande quelques minutes après les derniers accords de musique ou les derniers coups de patin, ils doivent traverser la bretelle d'autoroute où se dirigent une majorité d'automobilistes. Il a été calculé qu'environ 60 % du trafic d'ExpoCité arrive et repart par le nord de Laurentienne.

Sur les images, la marée humaine est telle qu'elle empêche les autos de prendre le virage. Quelques conducteurs se lancent, non sans risquer une collision. Même quand des policiers ont été postés sur le coin, ils ont dû déclarer forfait devant la pression et laisser la priorité aux piétons.

En fait, il s'agit de faux piétons, puisqu'ils récupèrent ensuite leur véhicule et reviennent pour la plupart vers la même bretelle pour accéder eux aussi à l'autoroute. Le trafic s'en trouve amplifié.

Passerelle

M. Des Rivières croit que la passerelle piétonnière construite ces derniers mois au-dessus de Laurentienne au coût de 2,2 millions $, qui sera pleinement accessible dans les prochains jours, viendra régler une bonne partie des conflits. À quelques reprises vers la fin du chantier, la structure a été utilisée malgré l'interdiction, et il y a eu un effet bénéfique immédiat sur le terrain.

Cela reste tout de même un défi d'évacuer rapidement 3000 véhicules - il y a environ 4500 espaces de stationnement, mais ils ne trouvent pas tous preneurs - après un événement majeur. Pour y arriver, le Bureau du transport mise beaucoup sur une vieille technologie sur laquelle il a un meilleur contrôle grâce à l'informatique : les feux de circulation.

Tous les feux autour de l'amphithéâtre ont ainsi été reliés à un serveur artériel qui coordonne le ballet des automobiles. Neuf programmes différents ont été expressément conçus pour les heures de pointe du matin et de l'après-midi, les heures creuses et, évidemment, les moments de grande affluence au Centre Vidéotron.

Au vert plus longtemps

Youssef Dehbi, conseiller en planification du transport à la Ville de Québec, a ainsi programmé les feux à la jonction Soumande-Laurentienne de façon à vider progressivement la rue de l'Exposition, la grande entrée à quatre voies menant à l'amphithéâtre, puis le stationnement du Colisée. Exactement 98 des 120 secondes du cycle sont au vert pour rejoindre l'autoroute les soirs où ça coince. «Il n'y a aucun axe, aucune autre intersection à Québec où on donne autant de temps de vert», insiste M. Des Rivières.

Quand ça bloque encore, c'est parce que l'autoroute Laurentienne ne fournit pas, constate le directeur. «On cherche à pousser davantage de véhicules sur l'autoroute qu'elle est capable d'en prendre.»

En 2017, lorsque le centre de contrôle du gestionnaire artériel sera pleinement opérationnel, il sera possible de contrôler à distance les feux de circulation pour tenir compte de tous ces pépins potentiels. Seize caméras sont déjà installées afin de voir ce qui se passe en temps réel. Les images servent à ajuster les interventions et à en vérifier l'efficacité.

N'empêche qu'il faudra toujours un peu de patience pour retourner à la maison en auto après un gros show ou un bon match de hockey. «Oubliez ça, sortir 3000 véhicules d'un site comme ExpoCité en 15 minutes, c'est impossible», prévient M. Des Rivières, prenant à témoin d'autres grandes villes ayant des équipements comparables.

Système de gestion du stationnement plus compliqué, mais plus rapide

Il suscite la méfiance, mais le directeur du Bureau du transport de la Ville de Québec continue de le défendre. Le nouveau système de gestion du stationnement de l'amphithéâtre va accélérer le retour à la maison, garantit Marc Des Rivières.

Au lieu de sortir leur 10 $ en arrivant, les visiteurs d'ExpoCité devront bientôt payer avant de partir. Avec leur billet pris à l'entrée, ils devront acquitter leur dû à une borne de paiement située au Centre de foires ou au Centre Vidéotron, selon leur destination.

S'il est installé, prêt à être utilisé, l'administration Labeaume a préféré attendre avant de déployer son nouveau système acquis au coût de 2,4 millions $. Comme il faut modifier de vieilles habitudes, un plan de communication est en préparation pour assurer une bonne transition.

Écueils potentiels

Plusieurs écueils guettent les visiteurs. D'abord, il faut garder avec soi son billet d'entrée. Ensuite, il faut penser à payer en marge de l'événement auquel on participe. Si tout le monde attend à la fin, il y aura congestion aux bornes de paiement. Enfin, il ne faut pas oublier que le précieux billet est nécessaire pour sortir du stationnement.

Le scénario catastrophe prévisible est celui d'un conducteur qui n'a pas payé, le réalise une fois à la guérite et doit reculer alors qu'il y a une longue file de véhicules derrière lui. Marc Des Rivières y a pensé. Des employés seront sur place pour rappeler aux gens quoi faire à chacune des étapes. Et s'il y avait blocage à une barrière, des caisses mobiles permettront d'effectuer le paiement et de limiter les retards.

«Sur papier, le nouveau système est beaucoup plus performant», affirme le haut fonctionnaire. Quelques secondes seront épargnées à l'entrée, où il n'y aura plus d'échange d'argent, puis quelques secondes seront ajoutées à la sortie, le temps de faire lever la barrière. Les automobilistes vont donc attendre un peu plus dans le stationnement, mais moins aux feux de circulation. Finalement, ils devraient évacuer les lieux plus rapidement.

M. Des Rivières voulait s'assurer que la circulation autour de l'amphithéâtre soit plus fluide avant de s'attaquer au stationnement. Si tout va bien en janvier, il commencera à y penser.

Trop de cases pour se garer?

Pendant la planification et la construction de l'amphithéâtre, la question était de savoir s'il y aurait assez ou trop peu de stationnement autour de l'amphithéâtre. Personne n'a pensé qu'il pourrait y en avoir trop.

Or, jusqu'à maintenant, seulement 3000 des 4500 espaces aménagés sont utilisés lors des grands événements. Ce n'est pas parce que les visiteurs prennent l'autobus : la part modale du transport en commun demeure faible malgré les Métrobus à proximité et les navettes mises en place par le Réseau de transport de la Capitale. C'est plutôt parce qu'un important contingent de véhicules se dirige vers le stationnement gratuit du centre commercial Fleur de Lys.

Marc Des Rivières a aussi observé que les automobilistes qui paient pour se garer à ExpoCité se ruent sur la grande entrée à quatre voies donnant sur l'amphithéâtre. Ils ont le sentiment d'être plus proches, mais provoquent des bouchons.

Avis aux intéressés : les stationnements périphériques permettent souvent d'entrer et de sortir plus rapidement du site. Si en plus vous vous dirigez ensuite vers le boulevard des Cèdres plutôt que la rue Soumande pour gagner l'autoroute, vous venez de gagner quelques minutes.

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