Le casque de vélo gagne des adeptes

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Les femmes sont toujours plus nombreuses à se couvrir la tête. Elles sont 48 % à utiliser un casque protecteur, contre 39 % des hommes.

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(Québec) Le port du casque à vélo est désormais un réflexe pour 43 % des cyclistes québécois. Le taux d'adoption a augmenté dans toutes les régions, mais les jeunes et les plus pauvres se font tirer l'oreille.

L'Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié lundi une mise à jour des données disponibles sur le port du casque à bicyclette. La première et dernière recension tirée de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) datait de 2009-2010. Exactement 34,9 % des personnes de 12 ans et plus ayant fait du vélo au cours d'une période de 12 mois déclaraient alors porter le casque. 

Quatre ans plus tard, en 2013-2014, cette proportion atteint 43 %, soit environ 1 450 500 personnes. Les femmes sont toujours plus nombreuses à se couvrir la tête. Elles sont 48 % à utiliser un casque protecteur, contre 39 % des hommes. 

L'âge est aussi un facteur déterminant. Alors qu'un peu plus de la moitié des 45 ans et plus ont pris l'habitude de porter la bombe, seulement 28 % des 20 à 24 ans font de même. C'est d'ailleurs la seule tranche d'âge où il n'y a pas eu de progression scientifiquement significative du taux d'adoption. 

Le revenu du ménage a aussi une influence sur le comportement. Dans le quintile de revenu le plus faible, 24 % des cyclistes se protègent la tête tandis que 55,6 % le font dans le quintile le plus élevé. 

Même lien de causalité avec le niveau de scolarité : plus les gens sont éduqués, plus ils vont opter pour le casque. 

Toutes les régions du Québec ont par ailleurs affiché une progression au cours des quatre dernières années, même s'il y a encore une bonne disparité. La barre des 50 % d'adhérents a été franchie dans les régions de la Capitale-Nationale (51,3 %) et de l'Outaouais (55,6 %). En queue de peloton, on retrouve la Mauricie et le Centre-du-Québec, l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec. 

La Chaudière-Appalaches, qui traînait de la patte il y a quelques années avec un taux de port du casque de 27 %, se rapproche maintenant de la moyenne avec 38 %. 

Réglementation

Pour Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, ces statistiques prouvent qu'il n'est pas nécessaire de réglementer le port du casque à vélo, que la population l'adopte lentement, mais sûrement. «Si on veut continuer à l'encourager, il va falloir s'attarder aux milieux défavorisés et aux plus jeunes», note-t-il. 

Convaincu que le prix de l'équipement peut être un frein, il suggère que les pouvoirs publics en distribuent à ceux qui n'ont pas les moyens de l'acheter.

Pour ce qui est de la relève, manifestement plus frileuse, M. Grandmont pense qu'il faut regarder du côté des moins de 12 ans, beaucoup plus nombreux à intégrer le casque à leurs habitudes et donc susceptibles de conserver le réflexe en grandissant.  

La disparité entre la Rive-Nord et la Rive-Sud de Québec le laisse songeur. En l'absence d'indications de la part de l'ISQ, il pointe les différences sociodémographiques habituelles, comme la structure d'âge, le revenu et le niveau de scolarité. 

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Infographie Le Soleil

Sécurité routière

Marc Jolicoeur, directeur de la recherche pour Vélo Québec, n'est pas surpris de l'évolution des habitudes des Québécois. «Mais il y a une attention peut-être démesurée qui est portée à cet aspect-là alors qu'en termes de sécurité routière, l'environnement de la route, la façon dont les rues sont construites, les vitesses qu'on tolère de la part de l'ensemble des usagers ont beaucoup plus d'effet sur la sécurité des cyclistes», poursuit-il. 

C'est pourquoi Vélo Québec réclame avant tout des améliorations au réseau cyclable québécois et rejette l'idée d'une réglementation qui imposerait le port du casque à vélo. 

Le ministre des Transports, Robert Poëti, avait annoncé pour l'automne le dépôt du projet de loi sur la refonte du Code de la sécurité routière (CSR). Ses intentions quant au port du casque y seront clarifiées. Anne-Catherine Couture, attachée de presse du ministre, a fait savoir lundi que le projet de loi sera finalement publié après les Fêtes. 

Elle a toutefois commenté le rapport de l'ISQ en disant que c'était une «bonne nouvelle». «Nous voulons que le port du casque à vélo devienne aussi répandu que sur les pentes de ski, par exemple, où il est devenu la norme grâce à la sensibilisation effectuée depuis plusieurs années», a souligné Mme Couture.

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