L'industrie du taxi réclame la saisie du permis des transporteurs illégaux

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(Québec) L'industrie du taxi du Québec met la pression sur le gouvernement. Dans la capitale pour une manif devant l'Assemblée nationale, chauffeurs et propriétaires ont réclamé la saisie des permis de conduire de tous les automobilistes qui s'adonnent au transport de quidam à la sauce UberX.

«On veut demander au ministre des Transports qu'il suspende les permis des chauffeurs qui font du transport illégal», explique Benoît Vallée, propriétaire de 300 taxis dans la métropole. Le pdg de Taxi Boisjoly ne mâche pas ses mots : «Le gouvernement dit que c'est illégal, le ministre dit que c'est illégal, mais il ne fait rien.»

Selon M. Vallée, seule une sanction directe imposée aux automobilistes tentés par l'expérience UberX pourra freiner l'expansion de l'entreprise qui cannibalise le marché des taxis. Pour l'instant, ceux qui se font pincer écopent une amende. Cette punition ne serait pas suffisante, puisque la maison mère Uber paie tous leurs frais, plaide-t-il.

Ils étaient plusieurs dizaines, comme M. Vallée, dans la capitale mercredi afin de clamer leur impatience. Certains étaient partis de Montréal à 6h et avaient ralenti le trafic sur l'autoroute. Rejoints par des collègues de la région à leur arrivée à Lévis, les taxis avaient ensuite roulé lentement jusqu'au parlement.

Pendant ce temps, une délégation rencontrait les partis d'opposition et le gouvernement. Des rencontres qui ont porté fruit? «Nous sommes insatisfaits», balance l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, devenu porte-parole de l'industrie. Il presse les libéraux d'agir rapidement.

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Procrastiner

En chambre, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a accusé le gouvernement de procrastiner. Ce qui ferait perdre des revenus importants en taxes et impôts à l'État.

Le premier ministre Philippe Couillard a répété qu'il est ouvert à l'encadrement du service. Son gouvernement exigera un permis, des assurances et des vérifications mécaniques aux chauffeurs d'UberX. 

Le statu quo n'est pas possible, a ajouté le ministre des Transports, Robert Poëti, sans dire quand son gouvernement présentera son projet de réglementation. 

De son côté, le directeur général de Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, a fait profil bas. Joint par Le Soleil, il a cependant souligné que son entreprise ne profitait pas de la nouvelle manifestation des taxis pour mousser son service de covoiturage. Fin août, à l'occasion d'une autre démonstration des taxis, l'entreprise avait offert deux courses gratuites à tous les nouveaux utilisateurs. 

Contrôle routier Québec et le Bureau du taxi de Montréal poursuivent néanmoins les saisies de véhicules de Uber. Cela permet de constater que l'entreprise réussit à recruter de nouveaux chauffeurs puisque les voitures appréhendées sont rarement les mêmes d'une intervention à l'autre.

Appui des personnes handicapées

Le Regroupement des organismes de personnes handicapées de la région de la capitale appuie les chauffeurs de taxi dans leur croisade contre le service UberX. Le président, Jean-Michel Bernier, explique qu'un taxi a déjà refusé de le faire monter parce qu'il se déplace avec un chien-guide. Il a alors été facile pour lui d'appeler un autre taxi et de porter plainte contre le chauffeur, dit-il. «La coop a pris des mesures.» Selon M. Bernier, avec Uber il serait plus difficile de retrouver et de sanctionner un automobiliste récalcitrant.

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