Pont de Shannon: construire en neuf et en beau

La nouvelle structure se trouvera à 10 mètres... (Le Soleil, Frédéric Matte)

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La nouvelle structure se trouvera à 10 mètres en amont de l'ancienne. Le pont comprendra deux voies de circulation.

Le Soleil, Frédéric Matte

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(Québec) Dessiner un pont pour qu'il soit le plus discret possible. Le construire sans trop déranger les poissons. Tout cela pour la moitié moins cher que prévu initialement. C'est un chantier pas comme les autres que le ministère des Transports du Québec (MTQ) supervise à Shannon.

Depuis la fin de l'été, le paysage bucolique près du pont patrimonial du chemin Gosford est bouleversé. Des machines à faire rêver les petits garçons, et même les grands, côtoient les conifères et l'impétueuse rivière Jacques-Cartier. 

L'objectif est de construire un pont à deux voies de circulation - une véritable révolution quand on sait que l'ancien en compte une seule, utilisée en alternance par les automobilistes des deux rives - en un peu plus d'un an. De type conventionnel, avec poutres d'acier et dalle de béton, il fera 166 mètres de long sur 10 mètres de large. 

La nouvelle structure sera située 10 mètres en amont de la vieille, qui demeurera légèrement plus haute, à 10 mètres au-dessus de l'eau. Pour les gens qui arrivent de Québec et se dirigent vers le nord, c'est à droite. 

Avant de décider où planter le nouveau pont, les ingénieurs du MTQ ont étudié tous les corridors imaginables sur le territoire de Shannon, entre la base militaire et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Pour finalement conclure que nos ancêtres avaient fait le bon choix, il y a plus d'un siècle et quart. «Le meilleur endroit, c'est là. En plus, ça ne change pas les habitudes des gens et ça coûte moins cher», résume l'ingénieur Bruno Beauregard, coordonnateur de grands travaux d'ouvrages d'art, lors d'une visite guidée du chantier. 

Élancé et moderne

Une fois l'emplacement confirmé, toutes les décisions ont été prises pour ne pas porter ombrage au doyen des ponts de la région de la Capitale-Nationale (1879) et dernier du genre - treillis métallique avec poutres de type Pratt à assemblage à cheville - dans tout le Canada. 

Le nouveau pont sera donc élancé, moderne, sans flafla. En fait, sa seule coquetterie sera d'arborer des lames d'acier ondulées sur les côtés. Huit points de vue ont été modélisés pour une harmonisation parfaite. «Il ne fallait pas qu'il masque le décor», insiste Luc Tremblay, chef du service des projets de la direction de la Capitale-Nationale du MTQ. 

Même les assises doivent répondre aux impératifs esthétiques. Pour que les piles soient plus fines au milieu de la rivière, les ingénieurs ont fait le choix de pieux caissons au lieu des traditionnels pieux battus. Leur installation est spectaculaire. Un gros cylindre est d'abord rentré dans le sol grâce à un mouvement de rotation. Une fois qu'il atteint la profondeur voulue (trois mètres dans le sol et six mètres dans le roc sur la rive sud), une immense foreuse reliée à une grue de 115 tonnes broie le roc petit à petit. Les résidus sont retirés grâce à des emporte-pièce géants, auxquels deux soudeurs refont une santé continuellement. Cette semaine, la progression était de 60 centimètres par jour. 

Quand le ménage intérieur sera complété, une armature en métal sera insérée dans le cylindre, et le tout sera rempli de béton. Puis il faudra recommencer de l'autre côté, en plein milieu de la rivière. Une jetée a été construite sur la rive nord pour que l'imposante machinerie puisse travailler aisément. L'aménagement temporaire devra disparaître d'ici le 31 mars, avant la débâcle printanière et le réveil de la nature. 

Pour épargner la faune aquatique, l'eau brassée est également filtrée afin de retirer les matières en suspension. Il est même prévu de transporter des saumons de Donnacona jusqu'en amont de la zone de travaux pour ne pas nuire à leur reproduction. 

Lors de notre passage, cette semaine, les ouvriers travaillaient aussi sur les gigantesques culées. Faisant plus de 11 mètres de haut sur 5 à 6 mètres de large, elles nécessiteront des quantités importantes de béton, souligne Guillaume Paradis, porte-parole du MTQ. Pour les deux culées et les deux piles, on parle de 347 mètres cubes de béton, soit l'équivalent de 44 bétonnières de 12 roues. 

Quand les assises seront complétées, en décembre, Hydro-Québec déplacera sa ligne électrique. Puis autour de février ou de mars, la dalle et le tablier seront ajoutés. Le chemin Gosford, qui part de la très fréquentée route 369, doit également être désaxé pour relier le nouveau pont. Quelques travaux de finition sont programmés pour 2017. 

Jusqu'à maintenant, 11,6 millions $ ont été dépensés pour le nouvel ouvrage. Il faudra ajouter la facture des travaux de restauration du vieux pont, qui continuera d'accueillir cyclistes et piétons. Un appel d'offres a été lancé cet été pour des services professionnels. Il ne serait pas surprenant qu'une peinture soit recommandée. 

Qu'importe, on sera bien loin des 30 millions $ annoncés en 2013. Dans la programmation 2015-2017 du MTQ, les estimations ont été ramenées entre 10 et 25 millions $.

Chantier du nouveau pont de Shannon

Quelques chiffres

11,6 millions $

dépensés jusqu'à maintenant

166 m

de long sur 10 m de large

347 m3

de béton

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