Services essentiels: marche arrière pour les traversiers

Suspendu jeudi et vendredi, le service de traversiers... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Suspendu jeudi et vendredi, le service de traversiers entre Québec et Lévis pourrait de nouveau être interrompu les 1er, 2 et 3 décembre, autres journées de grève dans la fonction publique.

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(Québec) La Commission des relations du travail (CRT) a envoyé deux lettres en deux jours aux maires de Québec et de Lévis. La première disait qu'il était impossible d'imposer des services essentiels à la traverse qui relie leurs deux villes ainsi qu'à celle de Sorel-Saint-Ignace-de-Loyola. À peine 24 heures plus tard, la seconde annonce une réévaluation «diligente» des dossiers. L'interruption de services de jeudi et de vendredi ne pourra cependant être évitée.

C'est la sous-ministre associée au Travail qui a formulé à la CRT une «demande d'analyse du dossier des traversiers aux fins d'évaluation de la pertinence d'un assujettissement aux services essentiels». Sont visées les deux seules traverses qui ne sont pas encore couvertes par le décret sur les services essentiels, soit celles de Québec et de Sorel. 

Le ministre Sam Hamad, qui cumule les responsabilités du Travail et de la Capitale-Nationale, a commandé l'opération, confirme son attachée de presse, Cynthia Saint-Hilaire. «Notre intervention, c'est vraiment de dire : pouvez-vous regarder s'il y aurait lieu de revoir ce décret-là, qui date de 1988, et entendre les maires là-dessus», a-t-elle résumé mercredi. 

Le président de la CRT, Robert Côté, a traduit ainsi la volonté gouvernementale aux maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier : «L'objet de cet exercice est de réévaluer ces dossiers, le cas échéant, à la lumière des préoccupations que vous avez formulées récemment. Je vous informe donc que j'ai demandé un complément d'enquête pour ces deux traverses, entre autres auprès des parties au litige, enquête qui sera menée de la façon la plus diligente possible.»

La lettre, dont Le Soleil a obtenu copie, ne dit pas quand une décision pourrait être rendue. Mme Saint-Hilaire a admis que «ce n'est pas pour demain matin». 

À la CRT, pas d'échéancier non plus. La porte-parole Julie Lagacé avait peu à dire sur le processus. Tout ce qu'il y a d'acquis, c'est qu'un enquêteur va être assigné au dossier. «À l'heure actuelle, on ne sait pas quelle forme ça [l'enquête] va prendre parce que ce n'est pas commun comme démarche», a-t-elle indiqué. 

Si le décret sur les services essentiels adopté ce printemps devait être modifié, c'est le ministère du Travail qui s'en chargerait, a précisé Mme Lagacé. 

Critique des maires

La semaine dernière, les maires de Québec et de Lévis ont critiqué publiquement la Société des traversiers du Québec (STQ) et la CRT, après avoir réalisé qu'il n'y aurait pas de service les jours de grève de la fonction publique. Dans leur correspondance, ils avaient demandé une intervention immédiate dans tous les dossiers d'interruption totale ou partielle des services de traversiers et la révision de toutes les décisions rendues récemment.

Après s'être désolé de la première réponse de la CRT, mercredi matin, Gilles Lehouillier a été réconforté par la suite, en après-midi. «On reçoit ça avec beaucoup d'enthousiasme. Enfin, on va tenir compte un peu plus des préoccupations des usagers», a réagi le maire de Lévis. Selon lui, cette nouvelle lettre démontre que «le dossier bouge positivement». 

M. Lehouillier a bien l'intention de demander à la CRT de l'entendre, lui et les maires des 10 autres municipalités qui bénéficient des services de traversiers au Québec. «C'est plus vrai que la population tolère ça aujourd'hui. Encore une fois demain [jeudi] et vendredi, on va utiliser la population en otage», a-t-il dénoncé, répétant que la traverse «c'est la prolongation de la route». 

Son homologue à Québec n'a pas voulu réagir.

Pour deux jours, aucun traversier ne circulera sur le fleuve entre Québec et Lévis ainsi qu'entre Sorel et Saint-Ignace-de-Loyola, car les matelots, gardiens, préposés, caissiers, mécaniciens et soudeurs membres de la CSN font la grève comme le reste de la fonction publique. Trois autres journées de débrayage sont prévues les 1er, 2 et 3 décembre. 

Affectée par la grève récente des officiers mécaniciens et de navigation, la STQ a bien tenté de négocier une entente de services «minimum» avec la CSN, mais la proposition a été rejetée par les syndiqués, qui souhaitent «maintenir la pression».

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