Des écoles de pilotage en péril

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Il y a 35 écoles de pilotage d'avion et d'hélicoptère au Québec. Elles accueillent annuellement 400 étudiants étrangers, ce qui représente entre 70 % et 80 % de leur chiffre d'affaires.

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(Québec) Les écoles de pilotage du Québec craignent de perdre leurs étudiants étrangers - et, du coup, les trois quarts de leur chiffre d'affaires -, car le gouvernement provincial refuse de leur délivrer sans condition un nouveau permis requis pour recruter à l'international.

Il y a 35 écoles de pilotage d'avion et d'hélicoptère au Québec, qui accueillent annuellement environ 400 étudiants étrangers, lesquels représentent 70 à 80 % de leur clientèle et de leurs revenus. 

Le bassin de candidats est essentiellement francophone (France, Belgique, Suisse, Maroc, Algérie, etc.), mais de plus en plus d'apprentis pilotes viennent du Moyen-Orient et de la Chine. Ces deux marchés en expansion ne possèdent pas suffisamment d'écoles pour fournir à la demande. 

Le Québec est reconnu pour offrir une formation en français, dans toutes les conditions météorologiques imaginables et à prix relativement abordable. Obtenir une licence professionnelle de pilote d'avion peut coûter entre 40 000 et 60 000 $. Une formation sur hélicoptère coûte entre 55 000 et 100 000 $. En Europe, il faut doubler ces montants. 

Or, voilà que le gouvernement du Canada a resserré les règles d'immigration afin d'obliger les étudiants étrangers à fréquenter un «établissement d'enseignement désigné» pour les recevoir. Il revient aux provinces de déterminer qui mérite ce titre. 

Au Québec, le gouvernement a ciblé les établissements d'enseignement constitués en vertu d'une loi provinciale ou reconnus par un ministère provincial. Ce qui n'est pas le cas des écoles de pilotage. Celles-ci relèvent du fédéral, qui a pleine compétence en matière aéronautique. 

Pour tomber sous la coupe du provincial, les écoles de pilotage sont invitées à s'affilier à un établissement collégial ou à mettre sur pied un programme d'attestation d'études collégiales (AEC). 

Mais selon Jean-Marc Dufour, président-directeur général de l'Association québécoise du transport aérien (AQTA), cela coûte trop cher : au moins 100 000 $ au départ plus des frais annuels récurrents de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Si la facture est refilée aux étudiants, il craint que ceux-ci préfèrent les autres provinces canadiennes, où les gouvernements ont prévu des exceptions. 

Moins d'une demi-douzaine d'écoles de pilotage québécoises auraient fait le saut jusqu'à maintenant. «Ça rend nos membres très vulnérables, avec beaucoup d'incertitude. Il y a beaucoup de petites écoles qui ne peuvent se permettre les ressources humaines ou financières pour satisfaire aux exigences du ministère de l'Éducation qui, en fin de compte, n'ont aucune valeur ajoutée sur la licence de pilote», déplore M. Dufour. 

Moteur économique

S'il ne réagit pas, le Québec perdra l'argent investi par les étudiants étrangers et assistera à la disparition de plusieurs entreprises comptant sur cette clientèle pour poursuivre leurs opérations, prédit le pdg de l'AQTA. Et c'est sans compter que plusieurs candidats finissent par rester au pays, permettant ainsi d'atténuer la pénurie de pilotes locaux. «C'est un petit moteur économique» qui s'éteint, illustre M. Dufour. 

Le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) a pour sa part fait valoir, jeudi, qu'il avait «offert aux écoles de pilotage n'ayant pas encore entrepris de démarches de les accompagner dans le cadre du processus de demande de permis, d'accélérer le traitement de leur demande qui y est associé». 

Selon le porte-parole Pascal Ouellet, qui nous a répondu par courriel, «plusieurs écoles ont fait la démarche avec le Ministère». «D'autres ont réalisé ces démarches dès lors que les intentions du gouvernement fédéral ont été connues en 2012 et ont obtenu leur permis du MEESR depuis», a-t-il poursuivi.

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