Coiteux pressé que la grève sur les traversiers finisse

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La gare fluviale de Québec

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(Québec) Le gouvernement Couillard n'a pas mis de temps à être indisposé par la grève des officiers des traversiers. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a appelé mercredi le syndicat à revenir à la table de négociation «comme les autres» et prévenu que «la patience a ses limites», sans toutefois confirmer qu'il travaillait déjà sur une loi spéciale.

Une journée après le déclenchement de la grève illimitée des officiers mécaniciens et de navigation de la Société des traversiers du Québec (STQ), le grand argentier du gouvernement provincial s'est présenté comme le défenseur des citoyens et des finances publiques. 

«On est préoccupés par les conséquences pratiques que ça a sur la vie de tous les jours des gens qui sont affectés directement. Québec-Lévis, c'est pas seulement ceux qui prennent le traversier, ce qui est déjà beaucoup, mais c'est aussi tous ceux qui traversent les ponts parce que le trafic est plus difficile, plus lourd», a-t-il expliqué.

Le politicien s'est aussi inquiété des temps de déplacement entre Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola ainsi que de la livraison de marchandises dans l'Est-du-Québec.

M. Coiteux a dit s'attendre à ce que «le syndicat retombe sur ses deux pieds», à ce qu'il fasse preuve d'un «sens du devoir et de raison et je dirais même de solidarité» avec les autres syndicats de fonctionnaires négociant toujours avec le Trésor.

«Voyons, vous êtes complètement à côté des autres syndicats dans ce que vous faites actuellement, vous déployez des moyens de pression lourds qui affectent la population et qui, de notre point de vue, ne sont absolument pas justifiés. Il y a une occasion de reprendre les choses correctement», a-t-il lancé comme message, en entrevue téléphonique au Soleil.

M. Coiteux a demandé précisément à ce que les Métallos soumettent aux quelque 150 syndiqués l'offre finale et globale déposée le 5 octobre. «Leurs membres doivent savoir ce qu'il y a sur la table», a-t-il souligné, prévenant toutefois le groupe que le contexte budgétaire était difficile et que les propositions gouvernementales seraient les mêmes pour tous les employés de l'État. 

Même s'il se reconnaît une «certaine patience», le ministre libéral a prévenu qu'elle avait «ses limites». Sans utiliser l'expression «loi spéciale», il a référé aux outils légaux qui sont à sa disposition pour mettre fin à un conflit de travail. Quand exactement pourrait-il passer à l'action? «Je ne suis pas au stade de donner de moment, d'heure, de date», a-t-il répondu.

L'Assemblée nationale ne siège pas cette semaine; les députés sont dans leur circonscription. Le travail parlementaire reprend lundi.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

«Service essentiel», dit François Paradis

Le député de Lévis, François Paradis, n'a pas attendu pour présenter la solution de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le parti d'opposition croit qu'il faut toujours des navires à la traverse Québec-Lévis et à celle de Sorel-Tracy-Saint-Ignace-de-Loyola, même en cas de grève. 

«C'est un service essentiel. Parlez-en à ceux qui se tapent la congestion, a-t-il laissé tomber. Ce qu'on demande, c'est que le service soit rétabli là, maintenant, ce soir, demain matin. On ne peut pas se permettre de perdre un lien aussi important que celui-là», a insisté M. Paradis, convaincu que le gouvernement pourrait forcer le retour au travail des syndiqués et poursuivre les négociations en parallèle. 

Le député n'a pas chiffré le nombre de traversées qui seraient nécessaires chaque jour, mais a parlé d'un service «continu» et accentué aux heures de pointe.

Lui aussi s'est interrogé sur la légitimité du conflit et constate que les citoyens sont perplexes par rapport aux actions du syndicat. «Si on met tout ça ensemble pis qu'on fait une boucle, il faut que le service reprenne», a-t-il martelé.

Le président du Conseil du trésor n'a pas voulu rediscuter des services essentiels, mercredi, car ils ont déjà été négociés. «Ce qui ne veut pas dire que la situation actuelle est idéale», a-t-il admis.

Labeaume: «Ça sent la magouille»

Plus tôt en journée, le maire de Québec s'est montré perplexe par rapport au conflit. «Je ne suis pas maire des traversiers, mais il me semble qu'il y a un déni de démocratie évident là-dedans. Il y a quelque chose qu'on ne comprend pas. Imaginez-vous le citoyen qui utilise le traversier qui lit dans les journaux, qui écoute dans les médias qu'il n'y avait aucun gréviste sur place, qu'il y avait une assemblée où il y avait cinq personnes. Comment le citoyen se sent là-dedans? Il va falloir que le syndicat s'explique et ça presse. C'est un service public important et ça sent la magouille», a commenté Régis Labeaume, en marge d'une annonce municipale. 

Avec Valérie Gaudreau

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