Robert-Bourassa: les accidents ont doublé depuis la voie réservée

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Alors qu'il n'y avait jamais eu d'accident dans les voies réservées entre décembre 2013 et mai 2014, 16 ont été comptabilisés d'octobre 2014 à avril 2015.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le nombre d'accidents a doublé sur l'autoroute Robert-Bourassa aux heures de pointe depuis que le covoiturage est permis dans les voies réservées.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a publié en douce, vendredi, son rapport préliminaire sur le projet pilote lancé le 29 septembre 2014. Le programme de suivi concerne la vitesse pratiquée, les accidents, le comportement des usagers et le temps de parcours, entre autres.

Pour mesurer l'impact sur la sécurité, le MTQ a répertorié les accidents sur une période de six mois avant l'implantation du covoiturage et de sept mois après. Alors qu'il n'y avait jamais eu d'accident dans les voies réservées entre décembre 2013 et mai 2014, 16 ont été comptabilisés d'octobre 2014 à avril 2015. On parle surtout de changements de voie qui ont mal tourné. Dans les voies dites «normales», le nombre d'accidents est passé de 31 à 50. Il s'agit en grande majorité de collisions arrière, probablement attribuables aussi à des changements de voie.

«Le nombre de changements de voie et, conséquemment, le nombre de conflits, le tout en présence de différentiels de vitesse entre les voies, particulièrement durant la pointe de l'après-midi peuvent être à l'origine des accidents», explique le rapport.

Les auteurs ajoutent que le nombre d'accidents a eu tendance à diminuer au fil des mois, de 3,6 accidents par semaine à l'automne et à l'hiver jusqu'à 0,5 accident par semaine à compter de mars. Cela accréditerait la thèse que les conducteurs se sont habitués graduellement aux nouveaux aménagements.

Zones sensibles

Les cartes incluses au rapport démontrent clairement que les accidents sont plus nombreux à la hauteur des entrées et des sorties menant à des artères importantes : autoroute Félix-Leclerc, boulevard Charest, boulevard Wilfrid-Hamel.

«Le respect de la limite de vitesse par les usagers de la voie réservée est également un aspect crucial pour la sécurité», peut-on lire.

En effet, malgré les limites de vitesse variables, il y a parfois un grand différentiel entre les voies normales et réservées. Les autobus et les taxis ne sont pas censés excéder de plus de 20 km/h la vitesse affichée sur les panneaux électroniques. Mais dans le corridor réservé, environ 5 % des véhicules dépassent de plus de 30 km/h la vitesse des véhicules pris dans la congestion le matin et cette proportion monte à 20 % le soir.

Le taux de conducteurs délinquants, c'est-à-dire qui sont seuls à bord alors qu'il faut être au moins deux pour avoir accès aux voies réservées, varie entre 10 et 16 % selon les calculs du MTQ. Les fonctionnaires ne cachent pas que cette proportion pourrait augmenter avec le temps, si on se fie aux expériences similaires vécues ailleurs.

Le taux d'occupation a par ailleurs augmenté. Le nombre de véhicules avec deux occupants ou plus est passé de 13,5 à 17 % en direction sud et de 20 à 26 % en direction nord. Le nombre de véhicules tout court a augmenté matin (+ 150) et soir (+ 250), mais leur transfert vers le corridor réservé a atténué l'impact sur la circulation en général.

Peu de temps gagné

Quant au gain de temps, il est moindre que prévu. Les premiers résultats diffusés au printemps laissaient en effet présager une économie de cinq minutes en direction sud et le double en direction nord pour les utilisateurs des voies réservées. Les dernières données confirment plutôt des gains respectifs de trois et six minutes. Il n'y a pas de calcul pour les voies régulières. Les autobus du Réseau de transport de la Capitale, eux, n'ont pas souffert de l'afflux de voitures dans leurs voies, accusant un retard négligeable de 30 secondes.

Depuis le début du projet pilote, la Sûreté du Québec a veillé au grain. «La surveillance fut particulièrement soutenue jusqu'en février 2015», apprend-on dans le rapport, ce qui a permis de contenir le taux de délinquance. Exactement 11 avertissements et 557 constats d'infraction ont été distribués jusqu'au mois de mai. Du lot, 422 conducteurs ont été coincés pour non-respect de la voie réservée. Les autres infractions n'ont pas été détaillées. On sait toutefois qu'aucun excès de vitesse n'a été sanctionné en raison d'un mauvais fonctionnement des panneaux électroniques au début du projet pilote. La confiance des policiers a été «ébranlée», même si la situation a été corrigée.

Faits saillants

En six mois, le nombre d'accidents est passé de 31 à 66. 

Entre 10 et 16 % des automobilistes dans les voies réservées sont seuls à bord. 

Les automobilistes utilisant la voie réservée gagnent en moyenne trois minutes le matin et six minutes le soir. 

Les autobus du Réseau de transport de la Capitale sont retardés d'environ 30 secondes.

La Sûreté du Québec a distribué 557 constats d'infraction, dont 422 pour non-respect de la voie réservée.

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