Centre de prédédouanement: à la recherche d'un appui qui se laisse désirer

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Alors qu'il croyait avoir besoin d'argent public pour ce nouveau chantier, Gaëtan Gagné, président et chef de la direction de l'aéroport de Québec, est désormais convaincu de pouvoir le réaliser seul car «les finances sont bonnes».

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'aéroport de Québec ne réclame plus de subvention pour la construction d'un centre de prédédouanement américain, en plus de promettre des retombées économiques appréciables. Le président et chef de la direction, Gaëtan Gagné, se demande donc pourquoi les appuis sont si difficiles à aller chercher en pleine campagne électorale.

Dans son bureau avec vue sur les pistes, M. Gagné explique au Soleil les avantages d'un tel équipement. Les passagers, qui franchissent les douanes américaines au départ plutôt qu'à l'arrivée ou en escale, épargnent surtout du temps. Une fois aux États-Unis, ils peuvent récupérer rapidement leurs bagages ou prendre une correspondance sans autre embêtement.

Les voyageurs devraient aussi avoir accès à de nouvelles liaisons, plaide le président d'Aéroport de Québec inc., la société privée qui gère l'aéroport international Jean-Lesage. Les transporteurs pourront en effet se rendre directement dans des aéroports sans poste de dédouanement puisque leurs passagers auront déjà reçu l'autorisation d'entrer aux États-Unis. Fini le détour par New York ou un autre grand aéroport seulement pour passer les douanes.

«Ça va nous donner accès à une centaine de villes de plus, estime M. Gagné. Ça enlève une frontière à Québec, qui est la frontière la plus importante, la frontière américaine. Ça la rend virtuelle, plus transparente, plus liquide», illustre-t-il.

Aller et retour des États-Unis

Cela vaut aussi pour les visiteurs qui retournent aux États-Unis. Les vols privés ou en provenance d'aéroports de moindre envergure n'auraient plus besoin de faire escale dans un grand centre pour dédouaner. M. Gagné pense que ce serait avantageux pour les grands événements, les croisières et le développement des affaires. Il a d'ailleurs déjà calculé les retombées économiques : «Ça va être un bond de 75 millions $ dans la machine. Automatique.»

Le grand patron de l'aéroport veut profiter des travaux en cours à l'aéroport pour diminuer les coûts de construction du centre de prédédouanement, tout de même estimés à 30 millions $. Le nouveau bâtiment serait contigu à l'agrandissement débuté du côté des arrivées internationales, sans toutefois permettre le mélange des clientèles.

Alors qu'il croyait avoir besoin d'argent public pour ce nouveau chantier, M. Gagné est désormais convaincu de pouvoir le réaliser seul car «les finances sont bonnes». Et pour absorber la facture de fonctionnement récurrente, dont les salaires des douaniers américains qui doivent être payés par la ville hôte, il compte sur les frais spéciaux pouvant être imposés aux voyageurs. 

Appel aux politiciens

Le président de l'aéroport a toutefois besoin d'appuis politiques. Si Washington choisit où installer ses prochains centres de prédédouanement, l'assentiment d'Ottawa demeure incontournable, insiste-t-il.

Québec pensait que c'était acquis puisque son nom figurait sur la courte liste des aéroports où ajouter des «points de précontrôle», selon le jargon utilisé dans un accord entre le Canada et les États-Unis datant de 1995 et renouvelé en 2001.

Or, une nouvelle version signée en mars dernier par le conservateur Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique et député de Lévis, ne fait plus référence aux villes à desservir en priorité. Il faut dire que seules Québec et London (Ontario) n'ont toujours pas l'équipement tant désiré.

Pour Gaëtan Gagné, cette omission est inquiétante. «Québec se retrouve pénalisée parce qu'on n'a pas suivi l'ancien protocole. [...] C'est comme si on avait décidé de fermer le marché du prédédouanement, ça n'a pas de sens», expose-t-il. Le gestionnaire poursuit en disant qu'«il faut que les politiciens décident que ça va marcher». Il y va du développement de la région de Québec, selon lui. 

Le gouvernement du Québec l'a compris et a nommé vendredi dernier l'ex-ambassadeur Raymond Chrétien afin qu'il convainque les Américains - et les Canadiens - de la pertinence de la candidature de Québec.

Priorité du maire

Régis Labeaume, le maire de Québec... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Régis Labeaume, le maire de Québec

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Le maire Régis Labeaume rame dans le même sens. Il a inclus le centre de prédédouanement dans ses priorités pour la campagne électorale fédérale. Jusqu'à maintenant, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont appuyé l'initiative. Le Parti libéral et le Parti conservateur se font tirer l'oreille.

M. Gagné en est à se demander s'il ne faudrait pas demander une subvention. «C'est un peu moins glamour pour les politiciens, peut-être, de dire qu'il n'y a pas d'argent qui va avec ça. Mais l'autorisation, ça nous suffit.»

Au bureau du ministre de la Sécurité publique, on souligne que l'entente a été déposée à la Chambre des communes et doit encore être étudiée avant d'être ratifiée. Pour les nouveaux points de précontrôle, toutes les villes canadiennes seraient toutefois sur le même pied d'égalité. «Ce n'est pas un signal ou un non-signal», nous a-t-on fait valoir.

Un projet soutenu par 32 organisations

Trente-deux entreprises et organisations publiques ont donné leur appui au projet de centre de prédédouanement américain de l'aéroport de Québec, lundi. Dans le groupe, on trouve des municipalités, des chambres de commerce, des têtes d'affiche du milieu des affaires, comme les Bell, Simons, Industrielle Alliance et EXFO. C'est la direction de l'aéroport qui a sollicité des lettres d'appui pour donner du poids à son dossier. De la même façon, elle avait commandé un sondage auprès de la population, qui apparaît pour le projet dans une proportion de 95 %.  

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