Les radars photo s'annoncent payants sur Henri-IV et Félix-Leclerc

Plusieurs tronçons du boulevard Louis-XIV seront bientôt surveillés... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Plusieurs tronçons du boulevard Louis-XIV seront bientôt surveillés par radar photo mobile.

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(Québec) Les radars photo fixes qui seront plantés le long des autoroutes Henri-IV (73) et Félix-Leclerc (40) promettent de devenir les plus payants de la région de Québec. Les revenus annuels devraient se compter par centaines de milliers de dollars.

Installés en milieu autoroutier, avec une limite de vitesse à 100 kilomètres à l'heure et des débits de circulation journaliers dépassant les 80 000 véhicules par jour, ces emplacements ressemblent beaucoup à celui du collecteur de l'autoroute 20 Ouest, à Lévis.

Fonctionnel depuis 2009, ce cinémomètre voit passer 83 000 véhicules par jour. En six ans, il a généré des rentrées d'argent de 5 millions $ pour le gouvernement provincial. Il est parmi les plus payants de la première phase de déploiement.

La première année d'opération complète a été très payante. En 2010, 8207 constats d'infraction ont été signifiés pour un total de 849 764 $. La récolte a diminué au fil des années, les automobilistes s'étant habitués à la présence du radar.

En 2014, par contre, il y a eu un énorme rebond. En raison de travaux routiers dans le secteur, la limite de vitesse a été temporairement réduite. Pas moins de 17 826 constats d'infraction ont été remis pour un total de 2 723 432 $. Il faut rappeler que les amendes doublent en zone orange.

Sur le réseau municipal, c'est l'appareil de surveillance aux feux rouges promis pour l'intersection du boulevard Charest Est et de la rue Dorchester qui risque de rapporter le plus.

Il y en a un semblable à Lévis, à l'angle de la route du Président-Kennedy et du boulevard Wilfrid-Carrier, tout près de l'autoroute 20. Il a rendu un peu plus de 1 million $ depuis sa mise en fonction en 2009. Le débit de circulation y est toutefois plus élevé que sur Charest.

En contrepartie, les appareils de surveillance aux feux rouges de nouvelle génération sont désormais équipés d'un radar, ce qui permet de contrôler aussi la vitesse pratiquée, limitée à 50 km/h au centre-ville de Québec. Ce double emploi promet d'être payant.

De façon générale, les radars photo mobiles génèrent moins de revenus que les fixes, à moins d'être utilisés à proximité des chantiers routiers. En 2013, 30 824 constats d'infraction ont été envoyés par la poste à des automobilistes qui ont dépassé la limite de vitesse permise en zone orange. Il y en avait pour 8 millions $. En 2014, ce sont pas moins de 66 728 billets qui ont été remis dans le même contexte. Le total des amendes associées n'a pas été dévoilé encore, mais on peut aisément se douter qu'il a doublé.

À noter que la Ville de Québec pourra aussi promener à son gré les quatre appareils mobiles sous sa supervision près des chantiers routiers et dans les zones scolaires.

Sécurité avant deniers

Jeudi, le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, a assuré que l'ajout massif de radars photo visait à augmenter la sécurité sur les routes et non à renflouer les coffres du gouvernement.

«L'objectif de la collaboration avec les municipalités et l'ajout des photoradars a un seul objectif, c'est continuer d'améliorer de façon importante le bilan routier. On se rappellera qu'au Québec, il n'y a pas si longtemps, on avait 2300 morts sur les routes à chaque année que Dieu faisait. Aujourd'hui, on est sous la barre des 400», a-t-il expliqué.

Le temps ne passe pas vite pour M. Poëti. Le Soleil a vérifié, et il faut remonter à 1973, il y a donc plus de 40 ans, pour compter plus de 2000 victimes décédées sur les routes du Québec.

Le ministre a par ailleurs refusé de donner un objectif ou des prévisions de revenus pour les nouveaux cinémomètres. «J'espère qu'il y a le moins de gens possible qui vont recevoir un billet parce que le concept, c'est que c'est annoncé», a-t-il mentionné. M. Poëti a d'ailleurs fait référence aux cartes publiées jeudi matin dans les journaux comme une bonne chose. «On dit : voici les endroits où ils vont vous attraper», a-t-il fait remarquer.

L'élu libéral n'exclut pas que d'autres appareils s'ajoutent encore aux 51 qui seront en opération cet automne. «Il y a plusieurs villes qui n'ont pas fait la demande et qui, peut-être, à la lumière de ce que les villes vont vivre, vont expérimenter, feront des demandes éventuellement», a-t-il avancé.

Avec Simon Boivin

Aucun projet financé en six ans

Les radars photo ont généré des profits de 29,6 millions $ depuis leur adoption par le Québec en 2009. Profits qui permettront d'acquitter la facture... des nouveaux radars photo.

Tous les revenus provenant des radars photo sont versés dans le fonds spécialement créé de la sécurité routière. Entre août 2009 et le 31 mars 2015, les 15 premiers cinémomètres ont permis d'amasser 71,5 millions $. Sont déduites les dépenses liées à l'acquisition et à l'entretien des appareils, à l'administration du bureau de projet et du centre de traitement de la preuve ainsi qu'aux ressources mobilisées au ministère de la Justice.

L'excédent reste dans le fonds. À la fin de la dernière année financière, il y avait 29,6 millions $ accumulés. «Ces sommes ne peuvent être affectées qu'au financement de mesures ou de programmes de sécurité routière et d'aide aux victimes de la route», précise le ministère des Transports du Québec (MTQ) sur son site Web.

Achat d'autres appareils

Or, depuis six ans, aucun projet particulier n'a été réalisé. Le premier consiste à acheter et à implanter les 36 nouveaux radars photo. Le contrat de 10 ans signé avec CGI frôle les 30 millions $. Donc, toute la cagnotte y passera. Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ, ne peut dire si le montant sera décaissé d'un coup ou par petites tranches.

Les profits futurs devraient augmenter passablement, puisque le nombre d'appareils en fonction va plus que tripler et le nombre d'emplacements surveillés sera multiplié par six dès cet automne. Ceux attribuables au projet pilote de coopération municipale seront redistribués aux municipalités participantes. Les modalités ne sont pas arrêtées, mais obligation sera toujours faite d'investir dans des programmes de sécurité routière ou d'aide aux victimes de la route.

Le MTQ a entamé des discussions avec ses partenaires (policiers, autres ministères, municipalités) pour éviter les dédoublements, souligne Mme Bensadoun. Cela expliquerait d'ailleurs le temps mis pour établir des critères. «C'est une tâche importante sachant qu'il y a déjà beaucoup d'initiatives en place. Il faut vraiment s'assurer que ce qu'on va mettre en vigueur, ce soit de nouvelles mesures», fait-elle remarquer.

La Ville de Québec se prépare

Six policiers municipaux, cinq agents et un sergent seront mobilisés à temps plein pour opérer les quatre radars photo mobiles attribués à la Ville de Québec. Deux appareils seront montés sur des remorques et deux autres sur des fourgonnettes. Les policiers - dont le salaire sera payé par la Ville et remboursé par le ministère des Transports - seront responsables de les déplacer dans les rues de Québec en fonction d'un plan d'opération à être élaboré.

«Ce plan sera évolutif et pourra être ajusté selon les observations qui seront faites sur le terrain, c'est-à-dire qu'il pourrait y avoir une rotation plus fréquente pour certains sites de la liste, par exemple», souligne la porte-parole Mireille Plamondon. Le MTQ a approuvé 38 emplacements où les radars photo mobiles pourront être utilisés à partir du 19 octobre.

Le seul fixe est destiné à l'intersection Charest Est - Dorchester. C'est le provincial qui accordera le contrat d'installation à un entrepreneur. Le chantier doit débuter à la fin d'octobre. D'autres travaux pourraient être nécessaires ici et là pour stationner les remorques et les fourgonnettes.

Quelques chiffres

2009-2015:

15 radars photo

71,5 millions $ de revenus

29,6 millions $ de profits

0 projet financé

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