Sort incertain pour pour le train touristique L'Amiral

Le train touristique L'Amiral a, en 2013 et... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Le train touristique L'Amiral a, en 2013 et en 2014, transporté plusieurs croisiéristes entre Gaspé et Percé. Il n'a pas roulé cette année en raison d'une interdiction du ministère des Transports.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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Gilles Gagné, Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Un bras de fer s'engage en Gaspésie entre le ministre québécois des Transports, Robert Poëti, et les élus et gens d'affaires du secteur de Gaspé et de Percé. L'objet de la discorde : le train touristique L'Amiral et le tronçon de voie ferrée qu'il parcourt, de Gaspé à Percé.

Après s'être engagé à maintenir les activités ferroviaires sur ce tronçon en mars, le ministre Robert Poëti est resté vague ces derniers jours en ce qui a trait au long terme, lors d'entrevues sur les ondes de Radio-Gaspésie et de Radio-Canada, puis au Soleil vendredi. Au passage, le ministre laisse même planer un doute sur l'état du chemin de fer.

«On savait que le rail avait besoin d'investissements dans la partie L'Anse-à-Beaufils-Gaspé, mais c'est moins sécuritaire qu'on le croyait [...]. Il y a eu des éboulements, des mouvements sur le terrain», a-t-il confié au Soleil.

En mai, Transports Québec a racheté 330 kilomètres de rail entre Matapédia et Gaspé, à la Société de chemin de fer de la Gaspésie, une entité administrée par les municipalités et alors en difficulté financière. 

Le Ministère n'a pas autorisé L'Amiral à rouler en 2015. Sept excursions de train nolisées par des navires de croisière ont dû être annulées, mais ces navires ont tout de même fait escale à Gaspé. Toutefois, le navire Viking Star, d'une capacité de 930 passagers, a annulé trois escales en 2016 après avoir été avisé que L'Amiral ne serait sans doute pas disponible.

Selon Robert Poëti, Escale Gaspésie n'a pas besoin du train pour promouvoir la Gaspésie auprès des croisiéristes. «On a sauté une année, et je suis bien désolé, ça n'a pas eu d'impact», nous a-t-il confié. Il invoque le fait que les croisiéristes sont plus nombreux en 2015 qu'en 2014.

Les élus du bout de la Gaspésie fulminent depuis qu'ils ont pris connaissance des propos du ministre. «Le train touristique est rentable. Chaque fois que les croisiéristes le réservent, c'est un profit net de 10000 $ pour la Société du chemin de fer de la Gaspésie», note le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Il déplore le fait que Transports Québec n'ait pas poursuivi cette année les travaux entrepris par la Société du chemin de fer de la Gaspésie en 2014, travaux qui avaient été évalués à environ 1million $ par une firme-conseil indépendante.

«Il ne restait qu'à compléter les travaux. Mais Transports Québec les fait passer de quelques centaines de milliers de dollars à 3 millions $. On sait que ce sont des petits chiffres. On est dans l'incompréhension», souligne Daniel Côté.

Le député péquiste de Gaspé à l'Assemblée nationale, Gaétan Lelièvre, soupçonne quant à lui le ministre Poëti de gonfler artificiellement les chiffres de réparation de l'extrémité est du réseau gaspésien, «de façon à ne pas y investir, compte tenu de l'obsession de l'atteinte du déficit zéro. On peut en même temps se demander : y a-t-il une volonté de ce gouvernement de donner à la Gaspésie les moyens de transport dont elle a besoin?»

Guerre de chiffres

M. Poëti attribue au train touristique un déficit de 200000 $. Selon Gaétan Lelièvre, le ministre aurait dû comprendre que «ce chiffre comprenait des équipements, comme une génératrice de 50000 $, et d'autres frais de 100000 $ à amortir sur X années [...] On se demande s'il agit de bonne foi ou s'il est mal informé».

L'Amiral a connu sa saison inaugurale en 2013, rappelle Stéphane Ste-Croix, chef d'Escale Gaspésie. «On n'a jamais eu la chance de le mettre en marché, ce train touristique.» À cause de sa capacité de transport de 225 passagers, le train est un atout important pour attirer de grands bateaux de croisière ou en accueillir plus d'un par jour, ajoute-t-il. 

Le directeur de la Chambre de commerce de Gaspé, Olivier Nolleau, se dit «un peu désabusé face à [l'] entêtement» du ministre Poëti, qui «ne comprend pas [leur] réalité». Il trouve «assez bizarre» que Québec soutienne l'industrie des croisières, mais refuse de dépenser les 1 million $ à 4 millions $ qui manquent pour terminer la réparation du pont d'Haldimand, la structure qui pose un problème.

Robert Poëti nie «démoniser» le rail pour éviter d'y investir. Il aura une évaluation des coûts exacts «dans les semaines à venir», dit-il, et s'attend à ce que «les gens d'affaires se prennent en mains, et me disent qu'on va couvrir les frais d'exploitation».

Au départ, Québec soutenait le projet de L'Amiral. L'ex--ministre libérale du Tourisme Nicole Ménard avait annoncé une aide de 714000 $ en 2012, sur un projet de 2,1 millions $. Son ministère n'a finalement versé que 212920 $ et n'aura pas à débourser la différence, puisque Transports Québec a épongé les créances de la Société de chemin de fer en achetant le rail.

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