La voie réservée sur Laurentienne n'est pas morte

Si l'annonce de l'élargissement de l'autoroute Laurentienne Sud... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Si l'annonce de l'élargissement de l'autoroute Laurentienne Sud satisfait le maire de Québec, Accès transports viables croit que les problèmes de congestion ne seront réglés qu'à court terme.

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(Québec) Le ministre Robert Poëti et le maire Régis Labeaume travaillent pour l'élargissement de l'autoroute Laurentienne de Charlesbourg jusqu'au centre-ville. Ils ne veulent pas dire si une voie sera réservée au transport collectif. C'est du moins ce que l'on comprend du dernier épisode de leur feuilleton médiatique.

Les deux politiciens ont rencontré conjointement - et brièvement - les journalistes avant l'ouverture du congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), jeudi midi.

Le maire de Québec s'est défendu de «tenter de ramasser des choses» et a résumé ainsi leur position commune: «Notre projet, c'est un projet d'envergure d'élargissement de tout Laurentienne jusque dans Saint-Roch.» Pour la voie réservée, «on va revenir», a ajouté Régis Labeaume.

À ses côtés, le ministre des Transports, qui en était à sa troisième mêlée de presse de la journée sur ce sujet, a insisté à nouveau sur la bonne collaboration entre les deux ordres de gouvernement. «Le maire a exprimé une position différente. On aurait pu rester sur nos positions. Ce n'est pas ça qu'on a fait», a-t-il fait valoir. Robert Poëti était plus volubile le matin, lors de sa première sortie publique avant la période de questions à l'Assemblée nationale.

«M. Labeaume n'était pas contre une voie réservée sur Laurentienne. Mais maintenant à la lumière de la présentation de l'endroit qui avait été sélectionné, M. Labeaume est venu à notre bureau et a exprimé une avenue additionnelle. C'est clair: il aimerait que la voie réservée soit plus longue, qu'elle se rende jusqu'au centre-ville», avait-il déclaré, en réponse aux manchettes voulant que la Ville de Québec s'oppose au projet sur lequel il travaillait.

Plan à déterminer

Laurentienne compte déjà trois voies entre la rue de la Croix-Rouge et le boulevard Wilfrid-Hamel, puis de l'autoroute Félix-Leclerc au boulevard Louis-XIV, même un peu plus en direction nord. Il n'a pas été précisé si le ministère des Transports du Québec (MTQ) veut simplement combler les trous ou s'il pouvait élargir tout du long.

Depuis quelques jours, MM. Poëti et Labeaume répètent qu'ils ne veulent pas retrancher de voies aux automobilistes pour avantager le transport en commun. Ils assurent aussi que tout corridor réservé serait ouvert au covoiturage et aux automobiles électriques.

Le MTQ va maintenant évaluer les travaux à réaliser et les coûts associés pour le projet global. L'élargissement planifié entre George-Muir et Louis-XIV a déjà été estimé entre 10 et 15 millions $ pour environ six kilomètres. Il y passe chaque jour 13autobus avec des passagers à bord selon les statistiques du Réseau de transport de la Capitale (RTC). Au sud, la partie plus étroite est aussi plus courte, mais compte davantage de structures à intégrer. Les principales (échangeur de Félix-Leclerc et pont routier de Soumande) ont toutefois été reconstruites plus larges en prévision d'un ajout de voies de chaque côté. Plus de 250 autobus pleins et deux à trois fois plus de vides y circulent quotidiennement. «C'est un projet beaucoup plus complexe, c'est un projet qui coûte beaucoup plus cher», a admis le ministre Poëti.

Depuis le début de la semaine, la position gouvernementale sur l'élargissement et l'aménagement d'une voie réservée sur Laurentienne prend des allures de «strip-tease».

Mardi, le MTQ a annulé à la dernière minute une conférence de presse qui devait confirmer que la troisième voie planifiée entre George-Muir et Louis-XIV servirait au transport collectif. Il disait vouloir étudier une nouvelle proposition soumise par la Ville de Québec. Mercredi, le maire Labeaume a claironné son opposition au premier projet gouvernemental, mais n'a pas détaillé sa proposition. À certains journalistes qui concluaient à la mort du projet, le ministre Poëti s'est donc fait un plaisir jeudi matin de révéler l'ampleur des études en cours.

Avec Simon Boivin et Valérie Gaudreau

Brève contradiction

Les ministres de l'Environnement et des Transports se sont contredits brièvement sur la nécessité d'une étude du projet par le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

David Heurtel a d'abord affirmé qu'«un projet comme celui de l'autoroute Laurentienne va devoir être évalué. Il va y avoir des évaluations environnementales». Quelques minutes plus tard, Robert Poëti disait que non, ce n'était pas nécessaire, car les travaux se feraient dans une emprise existante.

Les deux hommes sont ressortis ensemble pour dissiper toute confusion. «Lorsqu'on est dans l'empiétement qui existe déjà, dans lequel on refait une configuration, il n'y a pas une nécessité d'avoir une étude du BAPE», a tranché M. Poëti.

À ses côtés, David Heurtel a affirmé qu'il parlait précédemment du projet de l'autoroute 19, car il ne voulait pas commenter celui de Laurentienne qui n'était «pas annoncé encore».

Annie Morin avec Simon Boivin

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