Deux vedettes écartées pour la restructuration de Pascan

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Le juge Martin Castonguay de la Cour supérieure a nommé le consultant en aéronautique Derek Nice, qui a déjà travaillé chez Inter Canadien et ExelTech Aerospace, comme nouveau chef de la restructuration pour Pascan.

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(Québec) Le tribunal vient de choisir un nouveau chef de la restructuration pour le transporteur aérien en difficulté Pascan. Il éjecte du coup le titulaire imposé par Investissement Québec et la Banque de développement du Canada, Dominic Deveaux, ainsi que sa successeure, l'ex-ministre Élaine Zakaïb, parce qu'ils coûtaient trop cher et ne possédaient pas les compétences attendues.

Le juge Martin Castonguay de la Cour supérieure a dû trancher un litige sur la direction à donner à l'entreprise aérienne sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, car les dirigeants, Serge Charron et Denis Charest, ainsi que les principaux créanciers, qui s'avèrent être aussi les bras financiers du gouvernement du Québec et du Canada, ne s'entendaient pas sur le candidat idéal.

Le jugement publié lundi révèle que dès le printemps, quand il est apparu que Pascan ne pourrait honorer ses engagements, IQ et la BDC ont insisté pour que des consultants en restructuration soient impliqués. Ils ont aussitôt identifié la firme PriceWaterhouseCoopers et Dominic Deveaux, de Gestion Evologie. Le consultant s'est notamment fait connaître pour avoir redressé la Société de vélo libre-service (SVLS) chapeautant les BIXI à Montréal.

Même s'il a rouspété contre le niveau de rémunération -  40 000 $ par mois - et les pouvoirs accordés à M. Deveaux, le Groupe Pascan a accepté de l'intégrer.

M. Deveaux était donc présent quand Pascan a décidé de réduire ses départs de 70 % et de vendre plusieurs appareils pour n'en conserver que huit. Les liens ont toutefois été rompus à la première occasion légale, dès la mi-juin.

Les administrateurs de Pascan l'ont remplacé par Élaine Zakaïb, ancienne députée et ministre déléguée aux Finances dans le plus récent gouvernement péquiste. Son salaire mensuel était un peu moins élevé, mais atteignait tout de même 30 000 $. Elle ne faisait pas plus l'affaire de la partie adverse, qui a accepté d'investir encore un million de dollars dans le transporteur dans l'espoir d'une relance.

«Face à des candidats suggérés de part et d'autre qui n'ont jamais oeuvré dans une industrie aussi réglementée et qui demandent des honoraires importants, le Tribunal peut et doit intervenir», a donc statué la Cour supérieure.

Manque d'expérience

Il a écarté la candidature de M. Deveaux, qui n'avait pas d'expérience en aviation civile, demandait des honoraires élevés et était en conflit avec les fondateurs de Pascan pour avoir produit un rapport non sollicité aux gouvernements une fois son mandat terminé.

Mme Zakaïb n'a pas passé le test non plus. «En dépit d'un parcours académique et professionnel remarquable, Mme Zakaïb n'a aucune connaissance du milieu de l'aviation et une connaissance fort limitée en matière de restructuration», écrit le juge Castonguay.

Son choix s'est plutôt porté vers le consultant en aéronautique Derek Nice, qui a déjà travaillé chez Inter Canadien et ExelTech Aerospace, entreprise de maintenance d'avions qu'il a fondée et qui a fait faillite après son départ de l'entreprise. Il recevra 23 000 $ par mois pour ses services. Le juge parle d'un «coût plus que raisonnable dans les circonstances».

C'est donc M. Nice qui devra maintenant mener les négociations avec les créanciers, «s'assurer de l'entretien adéquat des aéronefs et de la sécurité des passagers», trouver de nouveaux clients et rationaliser les opérations s'il le juge nécessaire.

Selon d'autres documents de cour, le Groupe Pascan a 21,8 millions $ de créances garanties auprès des gouvernements et de la Banque Royale du Canada et 13,6 millions $ de créances non garanties auprès d'une multitude d'investisseurs et de fournisseurs. L'administrateur Denis Charest a lui-même 8 millions $ dans la balance.  Avec Justine Mercier (Le Droit)

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