Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : l'annulation de vols d'Air Canada sème l'inquiétude (test)

Air Canada est le seul transporteur aérien à... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Air Canada est le seul transporteur aérien à desservir Gaspé, située à 900 km de route de Montréal.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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Geneviève Gélinas
Le Soleil

(Gaspé) Les gens d'affaires et les élus de Gaspé et des Îles-de-la-Madeleine interpellent Air Canada à la suite de l'annulation de trois vols en septembre et en octobre, un geste que le transporteur n'a pas expliqué. Ils craignent que le transporteur en fasse une habitude.

Une optométriste de Gaspé, Lucie Tremblay, avait acheté ses billets aller-retour Gaspé-Québec-Montréal-Paris dès le 9 juin pour se rendre à un salon de l'optique fin septembre. « J'ai su à la fin août que mon tronçon Québec-Gaspé [au retour] était annulé.» Conséquence : Mme Tremblay doit coucher à Québec et retarder les rendez-vous de tous ses clients du lendemain avant-midi.

«C'est frustrant et inquiétant. On a déjà perdu le train et des trajets d'autobus... En tant que femme d'affaires, je ne trouve pas ça fort. Est-ce que mes représentants vont encore vouloir prendre l'avion? Ça crée de l'incertitude.»

Mme Tremblay devait reprendre l'avion pour un colloque à Montréal en novembre; elle a décidé de parcourir ces 900 kilomètres en voiture. «Je veux être sûre de rentrer», dit-elle.

Air Canada a annulé deux vols les 22 et 23 et les 29 et 30 septembre - des avions qui atterrissent à Gaspé, puis aux Îles-de-la-Madeleine en soirée et repartent tôt le lendemain vers le continent - ainsi qu'un troisième vol le 11 octobre.

Air Canada est resté vague sur ses raisons. «L'annulation des vols à l'avance, qui peut être nécessaire pour de nombreuses raisons, dont la disponibilité des appareils ou la fluctuation de la demande, est extrêmement rare», a écrit le porte-parole John Reber au Soleil. Le transporteur n'envisage aucune diminution de services, ajoute-t-il.

«Ça n'a pas de maudit bon sens qu'Air Canada commence à gérer les vols de cette façon», a réagi le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. «Les Îles sont enclavées. Prendre l'avion, pour nous, ce n'est pas un caprice, mais une obligation.»

Quant au maire de Gaspé, Daniel Côté, il souligne qu'Air Canada est le seul transporteur à desservir Gaspé. «Pour ces trois vols-là, on peut avaler la pilule, mais le problème, c'est le message que ça envoie. Et on a peur que ça se répète.»

Prix élevés

Le prix élevé des billets demeure la principale préoccupation pour Gaspé et les Îles-de-la-Madeleine. Acheté un mois à l'avance, un aller-retour Gaspé-Montréal pour la mi-octobre avec Air Canada coûtait 810 $; un Madelinot désirant se rendre dans la métropole à la même date aurait payé 873 $.

Acheté une semaine à l'avance pour les 24 et 25 septembre, le billet aurait grimpé à 1143 $ pour un Gaspésien, et à 1211 $ pour un Madelinot. Aux fins de comparaison, un Montréalais aurait pu acheter un aller-retour aux mêmes dates vers Acapulco pour 593 $.

Les difficultés de Pascan Aviation

Les annulations d'Air Canada arrivent alors que le transporteur régional Pascan Aviation s'est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le 1er septembre, après avoir réduit ses services le printemps dernier. La compagnie doit 25 millions $ à ses créanciers, dont 5 millions $ non garantis.

À la fin avril, Pascan a réduit de moitié ses vols entre les Îles, Bonaventure en Gaspésie, Québec et Montréal. Seule la liaison partant le matin des grands centres vers les régions a été conservée. La même situation prévaut pour la liaison vers Sept-Îles et Baie-Comeau.

Ça signifie que les clients de Pascan en Gaspésie, aux Îles ou sur la Côte-Nord doivent quitter leur région la veille d'un rendez-vous à Québec et Montréal et revenir le lendemain de ce même rendez-vous. La compagnie a aussi cessé de desservir Havre-Saint-Pierre.

Le ralentissement du secteur minier a touché de plein fouet Pascan, qui est passé de 350 employés au maximum de ses activités en juin 2013, à 150 aujourd'hui. Le nombre d'heures de vol a diminué de 70 %.

Pascan «ne demande rien de mieux» que de rétablir des services plus complets en région, affirme Yani Gagnon, vice-président aux finances de Pascan. «Dès qu'il y aura des signes de reprise, on a l'expertise et les appareils pour le faire.»

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