Les chauffeurs de taxi manifestent leur mécontentement envers Uber

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Plus d'une centaine de chauffeurs de taxi de la grande région de Québec ont manifesté, mardi matin, devant l'Assemblée nationale contre l'intention du gouvernement Couillard de «légaliser» le service de transport Uber.

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(Québec) Le président de Taxi Coop, Abdallah Omsy, avertit le premier ministre Couillard que la patience des chauffeurs a atteint sa limite. Il envisage la possibilité de débordements si le gouvernement autorise UberX à faire du transport de passagers sans les obliger à respecter les mêmes règles que celles auxquelles est soumise l'industrie.

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Le président de Taxi Coop, Abdallah Omsy

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Plus d'une centaine de chauffeurs de taxi de la grande région de Québec ont manifesté, mardi matin, devant l'Assemblée nationale par crainte que le gouvernement Couillard «légalise» le service de transport UberX. Ils craignent une politique du «deux poids, deux mesures». «Si UberX veut faire du taxi, qu'il se rende chercher un permis à la Commission des transports», lance M. Omsy, précisant que les chauffeurs «ne peuvent plus tolérer ça». Il rappelle que ses membres paient leur permis et les taxes sur chaque course, contrairement à UberX. 

«On dit à nos membres de demeurer calmes, mais qu'est-ce qu'on fait lorsque nous-mêmes, les dirigeants, ne le sommes plus? ajoute le président. La grogne des chauffeurs pourrait bientôt se traduire par des manifestations spontanées qui amèneraient son lot d'inconvénients sur les routes, prévient-il. On ne souhaite pas le dérapage. J'espère qu'on ne se rendra pas là. Mais ce n'est pas facile [à gérer] quand tu enlèves le pain de la bouche à quelqu'un.»

«On dirait que le gouvernement encourage l'économie souterraine, soutient pour sa part le chauffeur François Asselin. Pour appuyer ses dires, il suggère de jeter un oeil sur le profil des chauffeurs qui prennent le volant pour UberX. Des gens qui, selon lui, sont principalement étudiants, sans emploi ou retraités. Par conséquent, des personnes qui ne déclarent possiblement pas leur revenu.

«Moi, je paie mes impôts. Je paie aussi mes taxes sur chaque course. UberX propose de remettre 0,10 $ par course au gouvernement. Dans ce contexte, je vais en remettre le double, soit 0,20 $», ironise-t-il, se plaignant de l'attitude arrogante des dirigeants d'UberX. 

Pour sa part, Alain Beaulieu avance que la situation fait l'affaire du gouvernement. «L'industrie du taxi de Montréal a besoin d'améliorations. Plusieurs n'ont pas de paiement direct et de GPS, alors que nous sommes à la fine pointe à Québec. Je trouve ça désolant parce que j'ai l'impression qu'on fait les frais de cette disparité.»

Le gouvernement attend

Au bureau du premier ministre comme à celui du ministre des Transports, malgré ce qu'en pensent les associations de chauffeurs depuis quelques jours, on réitère que le message est le même. «UberX est illégal. Il faut s'assurer de la réciprocité des normes et qu'il n'y a pas de concurrence déloyale». «Quels seront les moyens utilisés? Il faudra attendre l'analyse des mémoires déposés cet été lors de la consultation sur l'industrie du transport du taxi», explique Anne-Catherine Couture, attachée de presse du ministre des Transports, Robert Poëti.

Plusieurs manifestations se sont déroulées simultanément partout en province. À Québec, la principale association de chauffeurs regroupe 95 % des permis, soit 600 permis et 1200 chauffeurs. L'industrie du taxi procure 22 000 emplois au Québec.

Pendant la durée de la manifestation, les chauffeurs d'UberX ont patrouillé le centre-ville de Québec en attente de clients. Le Soleil a consulté l'application mobile et il y avait souvent quatre voitures - impossible de savoir si c'était toujours les mêmes - qui apparaissaient à l'écran. Uber Canada, qui offrait des courses gratuites et de meilleurs revenus pour ses chauffeurs afin de prendre les taxis à contre-pied, a refusé de dire, mardi, si sa promotion avait bien fonctionné.

Bien qu'il était partout annoncé que les chauffeurs d'Uber seraient actifs, mardi, les inspecteurs de Contrôle routier Québec n'ont pas procédé à de nouvelles interceptions. Le bilan est toujours de 65 infractions signalées et 55 saisies. Eric Santerre, porte-parole de l'organisme gouvernemental, précise que les dénonciations ont toutefois augmenté en même temps que la grogne des taxis, ces derniers jours.  Avec Annie Morin

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