La navette Québec-Charlevoix pourrait se rendre jusqu'à D'Estimauville

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Un train léger à son arrivée à la gare de l'hôtel La Ferme, à Baie-Saint-Paul.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Baie-Saint-Paul) Le train léger de Charlevoix pourrait devenir train de banlieue jusqu'au secteur D'Estimauville. Celui dont la vocation première est de desservir Le Massif, la clientèle touristique et la population locale pourrait voir sa mission élargie dans quelques années... si les astres financiers sont alignés.

«Idéalement, on voudrait se rendre à D'Estimauville pour se connecter au transport en commun là-bas», a indiqué en entrevue Frédéric Garand, directeur général de Réseau Charlevoix, un organisme à but non lucratif qui gère la navette.

Le train léger qui relie Baie-Saint-Paul au Parc de la Chute-Montmorency pourrait poursuivre sa voie, traverser l'avenue D'Estimauville et s'arrêter à côté des nouveaux bâtiments fédéraux, près du Parc-O-Bus, suggère M. Garand, en précisant que ce scénario est encore au stade de projet.

Réseau Charlevoix estime que la Côte-de-Beaupré a un «bon marché potentiel». «C'est rendu un dortoir de la ville de Québec. Il y a beaucoup d'achalandage sur la 138 le matin», constate M. Garand.

En janvier, le maire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin, confiait au Soleil son rêve de voir la navette ferroviaire entre Québec et Charlevoix servir de train de banlieue à l'année. 

«On explique aux gens de la région que, oui, peut-être ultimement que ça deviendra un transport collectif, mais on n'a pas les moyens financiers ni les infrastructures pour le faire, pour l'instant», avance prudemment M. Garand.

Pour offrir ce service à la communauté, il faudrait ajouter des unités à la navette, composée de seulement deux trains de deux wagons, rappelle M. Garand.

Parmi les facteurs de réussite, il pointe aussi la nécessité de trouver des investissements pour sécuriser les passages à niveau. Dans l'optique où le train se rendrait au secteur D'Estimauville, il passerait très près des maisons, plaide-t-il.

C'est l'état de la voie ferrée qui détermine la limite de vitesse imposée par Transports Canada, par Transports Québec et par les gens du chemin de fer. Le train peut actuellement circuler à un maximum de 50 km/h.

Résultat, le temps de transit n'est pas viable, selon lui, dans un contexte de transport en commun. Qu'il pense au trajet entre Sainte-Anne-de-Beaupré et la chute Montmorency ou aux 20 minutes qui séparent la chute du secteur D'Estimauville, c'est trop long, dit-il.

M. Garand estime qu'une fois la voie et les passages à niveau sécurisés, la limite de vitesse pourrait monter à presque 70 km/h. «Là, on serait vraiment très compétitifs sur la Côte-de-Beaupré pour rentrer jusqu'à D'Estimauville. Ça pourrait être intéressant.» 

Besoins financiers

Le gestionnaire, qui réfute l'étiquette de «gang de quêteux», rappelle par ailleurs que les besoins financiers sont élevés et qu'il y a toujours une portion importante de subventions quand on veut faire du transport en commun. «C'est partout comme ça à travers le monde. Il y a très peu de trains privés, la majorité est financée par le public.»

Pour trouver le financement nécessaire à l'instauration d'un train de banlieue, Réseau Charlevoix a commencé à sensibiliser les différents paliers de gouvernement, il prévoit une rencontre au forum des élus de la Capitale-Nationale et il est en pourparlers avec le gouvernement du Québec. «Il y a de l'intérêt», avance M. Garand. À ce jour, dit-il, reste à sonder le gouvernement canadien, impliqué dans les infrastructures.

«C'est un planning de quelques années. Mais, comme on dit, il faut planter les graines maintenant.»

Le train léger en chiffres

2
trains légers sont gérés par Réseau Charlevoix. De juin à octobre, l'un dessert le tronçon entre Québec et Baie-Saint-Paul; l'autre, celui entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie. En hiver, seul un train léger fait la navette entre Baie-Saint-Paul et Petite-Rivière-Saint-François
7
arrêts ponctuent le circuit complet : Parc de la Chute-Montmorency, Sainte-Anne-de-Beaupré, Petite-Rivière-Saint-François, Baie-Saint-Paul, Les Éboulements, Saint-Irénée, La Malbaie
75
employés sont en service
120
passagers peuvent prendre place dans un train léger

Frédéric Garand est directeur général de Réseau Charlevoix,... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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Frédéric Garand est directeur général de Réseau Charlevoix, un organisme à but non lucratif qui gère les infrastructures publiques du projet récréotouristique du Massif dont la navette entre Québec et La Malbaie

Le Soleil, Caroline Grégoire

Train léger contre croisière ferroviaire?

En septembre 2011, Le Massif lançait en grande pompe sa croisière ferroviaire, un train touristique composé de vieilles voitures des années 50 qui servaient au transport de banlieue à Chicago, métamorphosées par la firme Morelli designers.

Fenêtres panoramiques, cuisine rutilante d'inox, électros haut de gamme, repas gastronomique du Fairmont Le Manoir Richelieu. Les huit voitures de convoi pouvaient embarquer 528 passagers. La mise en service du train a nécessité 14 M$, sur un investissement plus global de 44 M$.

Mais voilà qu'en janvier 2015, Groupe Le Massif annonçait que la croisière ferroviaire prenait une pause pour laisser place aux trains légers de Réseau Charlevoix, qui relieraient Québec à La Malbaie. Il s'agit cette fois de trains de confection allemande, composés chacun de deux wagons autopropulsés sans locomotive. Plus légers, moins énergivores, ils offrent à un prix moins élevé plus de départs et d'escales. L'aventure a commencé en juin et se poursuit jusqu'en octobre.

Qu'advient-il du train touristique? Où est-il? Pourrait-il revenir? Si, en début d'année, Groupe Le Massif refusait catégoriquement de signer la fin du train haut de gamme, il n'était pas disposé à répondre aux questions du Soleil cette semaine, pour cause de vacances.

Du côté de Réseau Charlevoix, qui gère les trains légers, le directeur général Frédéric Garand ne peut se prononcer. Chacun ses dossiers. Mais il fait comprendre que tout annonce un retour de sa navette entre Québec et Charlevoix l'été et l'automne prochains. «À date, ça sent bon.»

D'ici octobre, l'organisme s'est fixé un objectif d'achalandage de 75 000 à 80 000 passagers sur ses deux circuits, Québec­-Baie-St-Paul et Baie-St-Paul-La Malbaie.

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