Uber: trente-cinq voitures saisies à Québec

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«Nous sommes là pour rester. Notre croissance est normale pour un marché comme Québec. Nous continuons de grandir», lance le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, qui refuse toutefois de divulguer le nombre de chauffeurs dans la capitale.

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(Québec) Alors que le service d'Uber vient d'être suspendu en France, Contrôle routier Québec maintient la pression sur ce service jugé «illégal» par le ministère des Transports. Dans la région de Québec, depuis l'arrivée d'Uber, à la mi-février, 45 avis d'infractions ont été remis, y compris la saisie de 35 véhicules.

«On a frappé fort au début, et ça s'est maintenu depuis» explique Éric Santerre, coordonnateur des relations médias et de la prévention chez Contrôle routier Québec, précisant qu'une infraction ne conduit pas nécessairement à la saisie du véhicule. «C'est souvent du cas par cas.»

Une vingtaine de contrôleurs routiers sont à pied d'oeuvre dans la région de Québec pour surveiller les contrevenants. Chaque saisie de véhicule s'accompagne d'une contravention variant entre 350 $ et 1050 $, incluant le coût du remorquage et de la fourrière, ainsi que les frais de cour, l'intervention d'un juge étant nécessaire pour lever la saisie de l'automobile. Uber s'acquitte du remboursement de la facture aux chauffeurs épinglés.

Cette répression n'est rien pour freiner les velléités d'expansion de la multinationale établie dans 57 pays, bien au contraire. «Nous sommes là pour rester. Notre croissance est normale pour un marché comme Québec. Nous continuons de grandir», lance le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, qui refuse toutefois de divulguer le nombre de chauffeurs dans la capitale. «Plusieurs centaines», se limite-t-il à dire, ajoutant que les candidats inscrits sur la plate-forme sont «nombreux».

M. Guillemette voit sa «nouvelle offre de service» comme une «valeur ajoutée» en matière de transport pour les citoyens de Québec, qui, contrairement à ceux de Montréal, ne disposent pas d'un métro et d'un service de vélos en partage comme BIXI.

À son avis, Uber se pose en défenseur des intérêts des citoyens face à une industrie qui se comporte comme un «monopole», entre autres, avec une spéculation construite autour de la délivrance des permis. «La solution réside dans une nouvelle réglementation», insiste M. Guillemette, ajoutant qu'il est «aberrant» de constater qu'une portion de plus en plus grande du budget des consommateurs soit consacrée aux déplacements.

Riposter avec une application

Le directeur général de Taxi Coop Québec, Abdallah Homsky, croit que ce nouveau joueur, qui se comporte en «cow-boy», est condamné à se heurter à un mur dans la capitale. «Les gens n'embarquent pas dans le mouvement. À Montréal, Uber a réussi pour la simple et bonne raison qu'il s'est associé à des taxis privés indépendants.» La région de Québec compte environ 600 véhicules et 1200 chauffeurs.

«La société commence à se réveiller, ajoute-t-il. Au point de vue social, on ne peut pas tolérer que des chauffeurs ne payent aucune TPS ou TVQ, alors que nous, ça nous coûte, juste en assurances, une moyenne de 2000 $ par véhicule.»

En riposte à l'arrivée de son controversé concurrent, Taxi Coop a lancé au début de l'année une application gratuite permettant aux clients de commander une voiture, peu importe son point de départ et sa destination sur tout le territoire de Québec. Une initiative couronnée de succès jusqu'à maintenant, avec 10 000 téléchargements et plus de 100 000 voyages effectués. «C'est au-delà de nos espérances. Nous avons de très bons commentaires. Grâce à cette application, un client peut obtenir une voiture en l'espace de trois minutes, peu importe l'endroit où il se trouve», explique M. Homsky.

Qualifiant Uber de «compétition déloyale» pour l'industrie du taxi, le ministre Poëti s'était montré soucieux, la semaine dernière, d'éviter les flambées de violence comme celles survenues récemment en France, entre les chauffeurs de taxi et ceux d'Uber. «[...] On doit travailler avec la collaboration de l'industrie du taxi et l'ensemble des citoyens. C'est un problème international, et on travaille ici à le contrer», avait indiqué le ministre.

Anne-Catherine Couture, attachée de presse du ministre des Transports Robert Poëti, indique dans un courriel envoyé en début de semaine que ce dernier «a pris un engagement, lors des travaux parlementaires du projet de loi 36, de tenir une consultation sur l'industrie du taxi». Cette rencontre devrait avoir lieu «prochainement».

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