Stratégie maritime québécoise: le gaz naturel aura une place stratégique

Le F.-A.-Gauthier, qui relie Matane à Baie-Comeau, est... (Photothèque Le Soleil)

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Le F.-A.-Gauthier, qui relie Matane à Baie-Comeau, est le premier navire en Amérique du Nord à utiliser du gaz naturel liquéfié. La Société des traversiers du Québec comptera bientôt deux autres bateaux du même type.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La Stratégie maritime que Québec lancera officiellement lundi fait une place stratégique au gaz naturel, que ce soit pour aménager des usines de liquéfaction, approvisionner des installations industrielles sur la Côte-Nord ou dans le Grand Nord ou encore alimenter des navires naviguant sur le fleuve.

Ces éléments s'ajoutent à ceux qui ont été divulgués, il y a trois semaines. Ils concernaient les aires maritimes protégées, des plaques tournantes commerciales et le tourisme.

Le décès du leader souverainiste Jacques Parizeau avait forcé le report du dévoilement que le gouvernement voulait alors faire en grande pompe. La confirmation est tombée jeudi : l'événement aura lieu lundi, à Montréal.

Le gouvernement entend faire coup double avec le volet portant sur le gaz naturel. Plusieurs projets sont de nature économique. Leur développement concerne notamment des régions qui éprouvent des difficultés avec l'emploi.

En outre, le recours au gaz naturel liquéfié bonifiera le bilan déjà remarquable du Québec, pour ce qui est des gaz à effet de serre. Ce carburant peut remplacer le mazout ou l'essence.

Il permet alors de diminuer de 25 % les rejets ayant des effets sur les changements climatiques. En outre, son utilisation améliorerait la qualité de l'air comme telle, par rapport aux polluants que dégagent les hydrocarbures conventionnels.

Selon nos sources, la Stratégie mettra en évidence la Société des traversiers du Québec (STQ), a-t-on indiqué au Soleil. La société d'État comptera très prochainement sur trois navires propulsés au GNL - gaz naturel liquéfié.

En fait, a annoncé récemment la Société, le F.-A.-Gauthier, pouvant transporter 800 passagers et 180 véhicules par traversée pour relier désormais Matane à Baie-Comeau, est le premier navire du genre en Amérique du Nord à utiliser cette énergie. Deux autres traversiers du même type sont en construction pour la STQ.

La construction d'installations pour produire du gaz naturel liquéfié sera évoquée. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement vient de rendre un rapport favorable à Stolt LNGaz pour construire un tel complexe industriel à Bécancour, sur la rive sud du fleuve, près de Trois-Rivières.

Les promoteurs, une firme norvégienne et un fonds d'investissement suisse, veulent mettre en production leur usine en 2018. L'aménagement de la première phase se fera au coût de 500 millions $ et doit créer 150 emplois, dont ceux à bord des navires pour acheminer le gaz naturel dans l'est du Canada et des États-Unis. Parmi les clients, se trouvera probablement la Société des traversiers.

«Plan nord gnl» à l'étude

Un autre projet démarre en vue d'établir une usine de liquéfaction. Énergie Saguenay en est à ses balbutiements. Une proposition a été déposée à l'Office national de l'énergie. Mais l'horizon pour une mise en service est lointain, 2021, pour un produit destiné uniquement à l'exportation. Il n'est pas certain que les porte-parole gouvernementaux y feront allusion lundi.

Le lancement sera l'occasion d'annoncer que la Côte-Nord sera éventuellement approvisionnée par bateau en gaz naturel liquéfié. Il s'agit d'une énergie que réclame depuis longtemps la grande entreprise de la région. Là aussi, des gains environnementaux importants sont possibles, fait-on savoir.

Une information non confirmée suggère qu'un «Plan Nord GNL» est à l'examen. Si le contexte économique s'y prête, cela permettrait aux communautés inuites et aux entreprises minières du Nord québécois de remplacer des centrales thermiques polluantes, fonctionnant au mazout. Un de nos interlocuteurs a mentionné que le GNL pourrait aussi devenir un carburant de remplacement pour la centrale des Îles-de-la-Madeleine.

Promesse

La Stratégie maritime vient concrétiser une promesse électorale du Parti libéral du Québec. Avant d'être élu premier ministre, Philippe Couillard évoquait un plan pour agir sur les plans économique, écologique et touristique. Il y a deux semaines, le gouvernement libéral a laissé entendre que la politique devrait générer 30000emplois en 15 ans et des investissements totalisant 7 milliards $.

Au début du mois de juin, Radio-Canada a indiqué que la Stratégie comportera notamment un investissement d'un peu plus de 3millions $ pour établir aux Îles-de-la-Madeleine un centre d'expertise sur les déversements d'hydrocarbures dans le Saint-Laurent.

En outre, 10 % du territoire maritime deviendrait des aires protégées, selon la même source. La Stratégie maritime est aussi l'occasion de créer des pôles logistiques pour profiter de carrefours dans des secteurs où se trouvent le rail, un port et des liens routiers. Québec doit annoncer de nouveau l'aménagement d'installations pour desservir les navires de croisière fréquentant les eaux du fleuve.

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