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Design contemporain pour le bassin Louise

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(Québec) Dans sa vision d'avenir pour le bassin Louise, le Port de Québec a inclus un complexe hôtelier donnant sur la marina, une plage entourée de béton, des halles pour remplacer le marché et un musée pour les enfants. En plus de commerces, de bureaux et de condos ouverts sur le point d'eau. Le tout dans un aménagement aéré.

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Mario Girard, président-directeur général de l'Administration portuaire de Québec (APQ)

Le Soleil, Patrice Laroche

Mario Girard, président-directeur général de l'Administration portuaire de Québec (APQ), a présenté mardi matin les détails du projet de développement du bassin Louise, un «projet signature» qu'il veut connecté au Vieux-Québec, mais aussi au quartier Saint-Roch dont il est voisin.

«J'ai été surpris de voir tout ce qu'on peut mettre sur ce bout de terrain là», a admis M. Girard, mardi, lors de son allocution devant les membres de l'Institut de développement urbain (IDU) de Québec. Il a une dizaine d'hectares à sa disposition.

Les planches montrent plusieurs bâtiments au design contemporain entourés de verdure, dont une tour à condos très étroite d'une vingtaine d'étages et un musée pour les enfants qui prend la forme d'un gros prisme blanc et s'accompagne d'un pavillon vitré. Le pdg du Port voit dans ce nouvel espace ludique une façon de bonifier l'offre touristique, de «créer l'opportunité de la deuxième nuit» pour les familles en visite dans la capitale.

Du côté de la Bunge, un hôtel et un immeuble de bureaux sont planifiés. Les murs donnant sur le fleuve seraient aveugles pour couper le bruit des quais et permettre l'aménagement de stationnements étagés. Avec la vue sur le bassin et le profil du Vieux-Québec, l'une des plus belles de Québec, les clients ne seraient pas pénalisés.

Entre ces deux édifices, un espace d'accueil pour les croisiéristes fait son apparition. Le Port annonçait récemment son intention d'aménager au quai 30 un deuxième terminal de croisières mobile, à monter et démonter au gré des saisons. Les lieux seraient communicants.

Près de la place publique avec les préaux en forme de coques renversées, image présentée dans Le Soleil mardi, des halles sont dessinées pour remplacer le marché public du Vieux-Port que la Ville de Québec veut déménager sur le site d'ExpoCité. Il y a de la place pour une quinzaine d'échoppes dans les plans actuels.

Une plage est également incluse, mais elle donne sur des murs de béton, sans accès direct à l'eau. «La baignade dans le bassin n'est pas nécessairement facile avec le conflit d'usage avec les voiliers et tout. Mais à partir de maintenant, encore une fois, on ouvre un dialogue avec la communauté et si c'est une volonté, on verra ce qu'on peut faire avec ça», a précisé mardi M. Girard.

La plage, «ça marche pas pantoute»

Léonce Naud, de la Société des gens de baignade, qui milite depuis des décennies pour une plage au bassin Louise, compare l'équipement suggéré à un «trou d'eau». «La plage qu'ils ont patentée, ça marche pas pantoute» parce qu'il n'y a pas moyen de toucher l'eau et de se baigner, a-t-il commenté.

M. Girard a souligné le travail des architectes Louise Amiot et Suzanne Bergeron, qui ont arpenté le secteur visé et les rues environnantes pour intégrer les bâtiments au quartier. «On veut que les locaux, les gens de Québec se sentent chez eux», a insisté le pdg, qui espère un quartier «où il y a de la vie quasiment 24 heures» comme à Barcelone.

Améliorations suggérées

Anne Guérette, conseillère municipale, a salué mardi le début d'un processus qui, espère-t-elle, aboutira sur un «projet extraordinaire». Elle a redit l'attachement des citoyens au marché public dans le Vieux-Port, mais s'est montrée critique par rapport au nouveau musée. «Est-ce qu'on a vraiment besoin de ça? Je ne suis pas certaine.»

Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement et président de Vivre en ville, a salué la multiplicité des usages, la densité, la disparition des stationnements de surface. «Ce qui reste à améliorer dans ce projet-là, c'est tout le design urbain des implantations autour du bassin Louise», a-t-il résumé.

L'effet d'ensemble apparaît éclectique à M. Turgeon. Il considère qu'il y a des espaces trop dégagés et pas assez de liens «pour faire en sorte que les visiteurs ont le goût de déambuler» tout du long.

Locateur, pas promoteur

Le Port de Québec a déjà annoncé qu'il sera locateur au bassin Louise, pas promoteur immobilier. La Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) s'occupera du démarchage.

L'entente avec la chambre de commerce prévoit la création d'un groupe de travail pour identifier des investisseurs potentiels, puis leur faire la cour. Le groupe réfléchira également à une façon de valoriser le commerce international au port de Québec. Cela pourrait prendre la forme d'un édifice où seraient logées les organisations oeuvrant dans le domaine, a donné en exemple le président de la CCIQ, Alain Aubut.

Les intéressés se verront proposer des baux emphytéotiques de 99 ans. Cela suppose que les terrains demeurent de propriété fédérale et qu'à terme, les bâtiments et les infrastructures reviennent au représentant du gouvernement canadien.

Selon Michel Dallaire, vice-président du conseil d'administration de l'Institut de développement urbain (IDU), les promoteurs immobiliers ne sont pas rébarbatifs aux baux emphytéotiques. «Quatre-vingt-dix-neuf ans, c'est une période de développement qui est longue et les gens s'ajustent», dit-il.

Ouvert à des ajustements

Selon des estimations de l'Administration portuaire de Québec (APQ), entre 200 et 300 millions $ seraient nécessaires pour faire lever de terre ce nouveau quartier portuaire. Il faudra préalablement obtenir l'autorisation d'Ottawa car les lettres patentes de l'APQ lui permettent d'utiliser les terrains fédéraux seulement pour des activités portuaires classiques.

Le pdg Mario Girard a répété qu'il était prêt à ajuster la vision présentée mardi aux attentes de la population. L'APQ procédera à une consultation Web jusqu'à la fin de l'année. Le concept sera révisé en fonction des premiers commentaires. Puis le projet final sera soumis à une consultation en bonne et due forme en vertu du nouveau processus environnemental de participation citoyenne, autour de 2017-2018. La réalisation pourrait ainsi débuter dans trois ans environ.

Labeaume emballé par le projet du Port

«Magnifique. Fabuleux. Extraordinaire.» Régis Labeaume ne tarissait pas d'éloges pour qualifier le projet de quartier portuaire présenté mardi matin par le Port de Québec. «C'est pas mal beau. Moi, je trouve ça magnifique», a commenté le maire de Québec. La Ville, a-t-il dit, a été dans le coup dès le début et a demandé des changements à l'Administration portuaire au cours des dernières années, notamment quant à l'esthétique des aménagements. «Il y a eu trois ou quatre moutures. On a vraiment été en contact depuis au moins trois ans», a expliqué M. Labeaume. Il s'est dit assuré que les gens qui déplorent le déménagement annoncé du Marché du Vieux-Port vers ExpoCité seront satisfaits du projet de halles. Quant au site actuel du Marché, il sera, croit-il, possible de conserver une base de béton ou de la pelouse, sans avoir à creuser. Le fait que le sol soit contaminé a en effet souvent été invoqué pour justifier l'impossibilité d'agrandir l'actuel Marché du Vieux-Port.

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