Camionneur mort dans Charlevoix en 2013: le mécanicien assure avoir réparé les freins

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La coroner Andrée Kronström

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(Québec) Luc Tremblay, mécanicien chez Pompage Provincial au moment du décès du camionneur Yann Turnbull-Charbonneau, assure avoir effectué toutes les réparations nécessaires, y compris aux freins, avant que ce dernier ne prenne la route de Petite-Rivière-Saint-François en septembre 2013. Mais il est le premier à admettre qu'il n'a aucun papier pour en faire la preuve et qu'il en a «perdu des grands bouts» après la mort de celui qu'il appelle encore son «petit homme».

Il y avait des trous dans le témoignage de M. Tremblay, à la reprise de l'enquête de la coroner Andrée Kronström au palais de justice de Québec. Celle-ci enquête sur la mort d'un opérateur de pompe à béton, Yann Turnbull-Charbonneau, dont le camion est passé tout droit au bout du lit d'arrêt de Petite-Rivière-Saint-François.

Le mécanicien d'expérience, qui était chargé de l'entretien de la douzaine de camions de Pompage Provincial, a expliqué qu'il avait pour consigne et pour habitude de réparer le moindre bris. «L'entretien [du camion], c'était comme la flotte, je négligeais rien sur rien», a-t-il assuré à la coroner.

Luc Tremblay a fait le tour des cinq défectuosités mineures relevées lors d'un contrôle routier dans les jours précédant l'accident. Il a affirmé les avoir toutes réparées. La dernière intervention, qui concernait justement les freins, aurait été réalisée juste avant le départ du jeune Turnbull-Charbonneau, le matin du 3 septembre.

Le mécanicien en aurait profité pour ajuster les freins au complet et surveiller les fuites d'huile et d'air puisqu'il savait que le trajet à venir était côteux. «Tout était beau, tout était dans le normal», a-t-il résumé.

Il n'y a cependant pas de papier pour le confirmer puisque la plupart des réparations se faisaient sans consignation au dossier. 

Interdiction de circuler

On sait que le jour du drame, la pompe à béton était sous le coup d'une interdiction de circuler car cela faisait plus de 48 heures que les défectuosités avaient été signalées.

M. Tremblay ne se souvient d'ailleurs pas être allé chez un mandataire de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), Rock Ressorts, pour faire lever le «48 heures» et être revenu bredouille car la réparation de freins n'avait pas été faite. 

«On me dit que c'est moi, pis moi, je m'en souviens pas», a-t-il admis, attribuant ses trous de mémoire à la relation profonde qu'il entretenait avec le camionneur, qui était aussi son bras droit au garage. «Pendant six, sept mois après [sa mort], j'en ai perdu des grands bouts», dit-il. 

Réal Guay, gérant de service et réinspecteur chez Rock Ressorts, a témoigné lundi que M. Tremblay était descendu avec lui dans le puits pour voir ce qu'il y avait à faire sur le camion.

Le mécanicien a aussi contredit la déclaration qu'il a lui-même faite aux policiers dans les semaines suivant l'accident, selon laquelle il avait demandé à son collègue de passer chez Rock Ressorts après sa journée de travail du 3 septembre pour annuler le «48 heures». Il soutient maintenant qu'il lui aurait signalé l'importance de se rapporter avant.

Chose certaine, le vieux routier ne voulait pas de mal à celui qu'il appelait affectueusement son «petit homme». «Si ce camion-là avait été dangereux, je l'aurais jamais laissé partir», a-t-il insisté.

Un toxicologue est également venu dire lundi que les traces de cannabis retrouvées dans l'urine et le sang cardiaque de Yann Turnbull-Charbonneau ne permettaient pas de dire s'il était sous influence au moment du drame. Plusieurs raisons ont été évoquées par Pierre-André Dubé, responsable scientifique en toxicologie clinique à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), dont la collecte tardive des prélèvements et leur qualité. 

Au mieux, le scientifique a-t-il pu établir qu'il avait consommé dans les 24 heures précédant l'accident et qu'il s'agissait vraisemblablement d'un consommateur occasionnel, comme l'a déjà soutenu son beau-frère.

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