Des navires de plus en plus gros sur le fleuve

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Des données montrent qu'en 2013, les navires qui passaient devant Québec mesuraient en moyenne 182 mètres de long, soit 6 mètres de plus qu'en 2004.

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(Rimouski) La taille des navires qui circulent sur le fleuve augmente lentement, mais constamment depuis une dizaine d'années, constate le chercheur chez Innovation Maritime et capitaine au long cours, Alain Richard. L'expert n'y décèle pour l'instant aucune menace à la sécurité, mais entrevoit tout de même des problèmes dans l'avenir si ce trafic lourd continue d'augmenter.

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Taille moyenne des navires sur le fleuve, 2004-2013

Infographie Le Soleil

Lui-même pilote et économiste, M. Richard a présenté mercredi, au congrès de l'ACFAS, des données montrant qu'en 2013, les navires qui passaient devant Québec mesuraient en moyenne 182 mètres de long, soit 6 mètres de plus qu'en 2004. Ils ont également pris 1 mètre de largeur supplémentaire (24 m au total) et 50 cm de tirant d'eau au cours de la même période.

Selon lui, cette «poussée de croissance» ne date pas d'hier - le chenal navigable entre Québec et Montréal est passé de 4,9 mètres de profondeur et 75 de largeur au milieu du XIXe siècle à pas moins de 11,3 m de profondeur et 230 de largeur en 1999. L'intensification des échanges internationaux depuis 150 ans s'est accompagnée d'un grossissement des bateaux, mais M. Richard rappelle également que les règles de navigation sur la voie maritime du Saint-Laurent ont été modifiées en 2013, quand la largeur maximale permise sur le fleuve a été portée à 44 mètres - contre 32 mètres précédemment. La décision a été prise par la Garde côtière après une étude menée par le Port de Montréal, Transports Canada et les corporations de pilotes du Saint-Laurent. Elle permet désormais à des navires de classe Panamax (294 m de long, 32,3 m de large) et Aframax (249 m sur 44 m) de remonter jusqu'à Montréal, ce qui leur était auparavant interdit.

Maintenant, la voie maritime, elle, n'a pas été élargie. Alors est-ce qu'il est sécuritaire de laisser remonter ces mastodontes jusqu'à Montréal?

«Déjà, 32 mètres de large, ça commence à être gros. [...] Alors avant d'analyser [les nouvelles règles de navigation dans le détail], ma première réaction [aux nouvelles largeurs permises] avait été de me dire : 44 mètres, ils sont fous. Mais quand j'ai fait le tour [...], j'ai fini par changer d'idée», relate M. Richard.

Nouvelles règles

Afin de prévenir les accidents que pourraient provoquer de si gros navires, en effet, de nouvelles règles de navigation ont été imposées. Plusieurs zones plus risquées ont été identifiées, où les plus grands bâtiments n'ont tout simplement pas le droit de dépasser ou de croiser un autre navire de fort tonnage. Dans d'autres secteurs, c'est le pilote - ou «les» pilotes, puisqu'ils doivent maintenant être deux sur les bateaux les plus gros - qui doit juger que les circonstances se prêtent bien à la manoeuvre.

Si bien que, dans l'ensemble, M. Richard estime que le niveau de risque est présentement à peu près équivalent à celui qui prévalait avant le changement de règles. Et peut-être même à certains égards plus bas puisque, dit-il, «les incidents se produisent surtout au moment de l'accostage, de la manutention et du départ. Alors avec un gros navire, si on charge autant que cinq petits, on a cinq fois moins de manoeuvre aux moments où c'est le plus risqué, alors en bout de ligne, c'est peut-être plus sécuritaire.»

Cependant, nuance-t-il, il se pourrait qu'à long terme, ces gros porteurs finissent par engorger la circulation maritime - et ainsi accroître les risques d'accident. «Ce n'est pas encore problématique parce qu'il n'y a pas trop de trafic, mais il va sûrement y avoir un moment où ça va poser un problème de fluidité de la circulation sur le fleuve. Parce que si le bateau ne peut pas rencontrer l'autre bateau à tel endroit, il va falloir qu'il attende, il ne pourra pas être dépassé par un autre, et là on augmente le risque. Actuellement, à mon avis, cette problématique-là n'est pas là, mais elle peut se poser dans l'avenir, et sérieusement à part ça.»

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