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Covoiturage à Québec et Lévis: l'étude amputée et réalisée à l'interne

L'étude sur le covoiturage promise par les Villes... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'étude sur le covoiturage promise par les Villes de Québec et de Lévis est réalisée à l'interne plutôt que par un consultant.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Surprise! Alors que les résultats de l'étude sur le covoiturage promise par les villes de Québec et de Lévis étaient attendus ce printemps, Le Soleil apprend que le contrat n'a jamais été donné à un consultant. Le mandat a plutôt été amputé pour être réalisé à l'interne.

Au printemps 2014, le mot covoiturage était sur toutes les lèvres, à commencer par celles du maire de Québec. De retour d'une mission en Californie où il avait été fort impressionné par les aménagements favorisant ce mode de transport, Régis Labeaume y voyait la solution pour désengorger la capitale. Des voix radiophoniques et politiques s'élevaient aussi pour ouvrir les voies réservées de l'autoroute Robert-Bourassa aux covoitureurs. 

Cet avril-là, le maire Régis Labeaume et son collègue de Lévis, Gilles Lehouillier, annonçaient un investissement conjoint de 315 000 $ pour faire le tour de la question. 

L'étude d'opportunité et de faisabilité visant à autoriser le covoiturage dans des voies réservées sur les autoroutes urbaines et le réseau routier municipal de la région métropolitaine de Québec - c'était son nom au long! - devait faire l'inventaire des pratiques de covoiturage dans le monde, déterminer des critères d'implantation pour la région de Québec, proposer des axes routiers potentiels et réaliser une étude de faisabilité de quatre projets pilotes (deux sur la Rive-Nord et deux sur la Rive-Sud). 

Les attentes des maires étaient élevées. Les travaux devaient s'échelonner sur une année complète pour couvrir les quatre saisons. Les consultants devaient impérativement visiter Los Angeles et d'autres villes américaines pour documenter les meilleures pratiques.

Pas de tests

Régis Labeaume écartait même la possibilité de tester le covoiturage avant d'avoir en main les conclusions de l'étude, prévues pour ce printemps. «Moi, j'aimerais ça avant, mais ça ne donne rien. Ça serait ridicule parce que, pourquoi on fait une étude? On va faire quoi? On ne l'a pas analysée et on se tire dans le trafic? On va le faire une fois, bien fait», avait-il déclaré. 

Quand le ministère des Transports du Québec (MTQ) a lancé son projet pilote dans les voies réservées de Robert-Bourassa, en septembre, M. Labeaume s'est ravisé, affirmant que l'expérience sur le terrain nourrirait l'étude et inversement. «On est gagnant et tout va aller plus vite», disait-il alors. 

Or, l'étude était déjà sur la voie de garage à cette date. En demandant un compte-rendu des travaux, Le Soleil a appris que l'étude sur le covoiturage n'a jamais été confiée à un sous-traitant. «Aucune entreprise n'a été qualifiée lors de l'analyse des soumissions», nous a indiqué par courriel Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville de Québec, maître d'oeuvre de l'étude. 

La consultation du babillard électronique SEAO, où sont affichés la plupart des appels d'offres publiés au Québec, nous apprend qu'une seule entreprise, WSP Canada (anciennement Genivar), a déposé une soumission.

En octobre 2014, donc six mois après l'annonce, les Villes de Québec et Lévis ainsi que le ministère des Transports du Québec (MTQ), partenaire logistique, mais pas financier, ont revu «la portée et le cadre de réalisation de l'étude», a ajouté Mme Plamondon. 

Trois raisons ont été mises de l'avant. D'abord, les partenaires ont considéré que le projet-pilote sur Robert-Bourassa suffisait à «baliser les facteurs et les critères d'implantation à considérer». 

Ensuite, la visite de Stephanie Wiggins, directrice du Los Angeles County Metropolitain Transportation Authority, a «permis d'obtenir une expertise complémentaire recherchée par l'étude». L'experte américaine a prononcé une conférence devant l'Association québécoise des transports (AQTR), le midi du 23 septembre. 

Quant aux meilleures pratiques de covoiturage, les partenaires considèrent que leurs propres recherches ont permis de rassembler suffisamment d'information sur les projets réalisés en Amérique du Nord. Il n'est plus question de regarder ce qui se fait en Europe. 

Pour ce qui reste, soit les projets pilotes à Québec et Lévis, «les partenaires ont décidé de mettre en place un groupe de travail conjoint pour réaliser le quatrième volet de l'étude projetée sur la base des informations collectées préalablement plutôt que de confier un mandat à des consultants externes», rapporte la porte-parole de la Ville de Québec. Ce travail n'est pas terminé. 

Il n'a pas été possible, mardi, de savoir où ont été redirigées les sommes réservées pour l'étude de covoiturage (200 000 $ à Québec et 115 000 $ à Lévis).

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