Enquête sur la mort d'un camionneur: l'industrie se défend

Yann Turnbull-Charbonneau a fait un plongeon mortel au... (fournie par la SQ)

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Yann Turnbull-Charbonneau a fait un plongeon mortel au bout du lit d'arrêt de Petite-Rivière-Saint-François en septembre 2013.

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(Québec) Pas si facile aujourd'hui de falsifier le carnet de bord d'un camionneur, assure au Soleil l'Association du camionnage du Québec (ACQ), répondant aux attaques de Richard Cimon. Le camionneur d'expérience a accusé vendredi l'industrie d'être composée principalement de «tricheurs».

Lors de son témoignage devant la coroner Andrée Kronström sur l'accident qui a coûté la vie à Yann Turnbull-Charbonneau, M. Cimon a souligné que les lits d'arrêt aménagés au Québec n'étaient pas adaptés aux conditions météorologiques. L'homme de 58 ans a aussi affirmé au passage que plusieurs camionneurs falsifiaient leur carnet de bord pour terminer leur livraison le plus rapidement possible. «Je vous dis c'est quoi un trucker. On est tous des tricheurs.[...] Si une entreprise ne triche pas, elle n'est pas rentable», avait-il déclaré.

Rappelons que M. Cimon a témoigné dans le dossier parce qu'il a subi en 2010 le même genre d'accident que celui de M. Turnbull-Charbonneau. Richard Cimon a été incapable de stopper son véhicule dans le lit d'arrêt de Petite-Rivière-Saint-François. L'accident l'a laissé invalide.

Joint par Le Soleil dimanche, le président-directeur général de l'ACQ, Marc Cadieux, n'a pas voulu se prononcer sur la façon dont les lits d'arrêt sont conçus au Québec. «Je n'ai pas l'expertise pour répondre à ça. Je laisse ça au ministère des Transports.»

Quant à l'affirmation que l'industrie du camionnage était composée principalement d'entreprises qui trichent, M. Cadieux trouve ces propos déplacés. «On est dans une ère de la rareté de la main-d'oeuvre. Je pense que si une personne aujourd'hui se voit obligée par un employeur de tricher, il peut changer d'employeur au lieu de mettre sa vie et celle des autres en danger.»

Beaucoup de contrôle

De plus, selon le pdg de l'ACQ, falsifier un carnet de bord n'est pas aussi facile qu'il y a 20 ans, surtout que l'industrie se dirige de plus en plus vers le «contrôle électronique».

«Dans toute industrie, il y a des gens qui vont parvenir à passer à travers les mailles du filet», concède-t-il. «Par contre, il y a beaucoup plus de contrôle sur la route. Contrôle routier Québec a augmenté ses effectifs au fil des ans. Je pense que c'est de plus en plus difficile de tricher. Je ne suis pas prêt à dire que ça n'existe pas, mais de dire que c'est une tendance de l'industrie, je dirais non. Les compagnies n'ont pas d'avantage à faire ça. Les entreprises s'en vont de plus en plus vers l'ère électronique des contrôles. Beaucoup sont reliées avec des systèmes de logistique qui permettent de suivre les temps et les heures des camionneurs.»

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