Des écoliers beaucerons en autobus électrique

L'autobus électrique eLion se charge complètement en 4,5... (Le Soleil, Yves Therrien)

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L'autobus électrique eLion se charge complètement en 4,5 heures avec une prise et en 2,15 heures avec deux prises.

Le Soleil, Yves Therrien

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(Québec) Le transport scolaire en Beauce prend un virage vert avec des autobus d'écoliers mus à l'électricité. Déjà quelques élèves de Saint-Georges ont pu faire leur parcours habituel à bord d'un autobus électrique. Pour la prochaine année scolaire, Autobus Breton aura deux parcours avec des véhicules électriques, l'un à Saint-Georges, l'autre à Saint-Prosper.

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Le parcours dans l'autobus eLion s'est fait sans bruit, sauf pour les conversation et les bruits de la suspension.

Les autobus électriques du fabricant Lion sont les premiers à prendre la route en Amérique du Nord pour le transport scolaire. Outre les deux qui feront les parcours pour Autobus Breton, il y en a cinq autres sur la route, notamment à Laval et dans la région de Montréal.

«Il n'y a aucune autre compagnie vendant des autobus d'écoliers tout électriques au Québec, pas même les trois grandes multinationales bien connues des transporteurs scolaires», affirme Marc Bédard, chef de la direction et cofondateur du fabricant Autobus Lion de Saint-Jérôme.

«Actuellement, nous avons 600 véhicules sur les routes au Canada et aux États-Unis. Des modèles au gaz naturel comprimé et au diesel», continue l'homme d'affaires qui a fondé Lion en 2008. «Nous commencerons la commercialisation de nos véhicules électriques cet automne. La demande est là pour la protection de l'environnement. Plusieurs États des États-Unis et bien des provinces canadiennes, comme le Québec, encouragent l'utilisation de sources d'énergie autres que les combustibles fossiles», expliquait-il en entrevue après la conférence de presse tenue chez Aubous Breton à Saint-Georges, vendredi matin.

Autobus Breton sera le premier transporteur scolaire de la Chaudière-Appalaches à utiliser les autobus électriques. Ce qui a fait dire au député Robert Dutil, propriétaire d'un véhicule hybride depuis huit ans, qu'en «Beauce, on ose!» Le transporteur deviendra aussi un centre de service pour les véhicules Lion, qu'ils soient alimentés au diesel ou à l'électricité.

«Si nous avons choisi d'avoir deux autobus électriques», explique Pierre Breton, président de l'entreprise. «Il y a, bien sûr, la protection de l'environnement, mais il fallait aussi que nous puissions réaliser des économies et nous assurer de la rentabilité en faisant ce choix.»

Pas la même technologie que l'Écolobus

Interrogé à savoir s'il avait des inquiétudes après la mésaventure des Écolobus électrique que la ville de Québec et le Réseau de transport de la Capitale avaient acquis, M. Breton a répondu qu'il ne s'agissait pas de la même technologie et que les essais dans les côtes de la ville de Saint-Georges avaient prouvé que l'autobus peut monter les côtes sans peine avec les écoliers à bord.

«Non seulement l'autobus monte les côtes, explique-t-il, mais nous avons fait un arrêt au milieu de la côte avant de repartir sans aucune difficulté.»

Pour Marc Bédard, les Écolobus, fabriqués en Italie, n'étaient pas adaptés aux conditions de la région de Québec. Ce n'est pas le même type de moteur ni le même type de batteries. Il s'agissait d'une première expérience pour le constructeur qui «n'avait même pas d'intégrateur au Québec pour voir à résoudre les problèmes. Ce qui n'est pas notre cas», ajoute M. Bédard. «Car nous avons plusieurs centres de service en provinces, et les mécaniciens seront tous formés pour les nouveaux véhicules à moteur électrique.»

Les autobus électriques qui seront connus sous la marque eLion, ont été créés à la suite des recherches pour le véhicule au diesel et celui propulsé au gaz naturel. «Nous avons été en contact avec près de 500 transporteurs au Canada et aux États-Unis pour la mise au point des autobus et répondre à leurs besoins», continue M. Bédard.

Essais

«Pendant plusieurs mois, nous avons effectué des essais à des températures de 40 degrés Celsius jusqu'à moins 40 degrés. Le système électrique se comporte très bien, et il n'y a qu'une faible perte de puissance par grand froid au démarrage. Comparativement à ce qui existe sur le marché, nous avons apporté une centaine de nouveautés dans nos autobus, comme les panneaux de fibre de verre au lieu de l'acier parce que ça ne rouille pas. C'est la même chose avec les marches en plastique moulé qui ne se corroderont pas. Même les allées sont plus larges de six pouces pour faciliter les déplacements.»

Puisque les autobus électriques ne font aucun bruit, un haut-parleur à l'avant diffuse un son de métro en marche entre les vitesses de 0 à 30 km/h pour éviter les incidents dans les aires de stationnement des écoles et lorsque le véhicule circule à basse vitesse.

Karl Breton a pris le volant de l'autobus... (Le Soleil, Yves Therrien) - image 2.0

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Karl Breton a pris le volant de l'autobus électrique pour la première fois vendredi matin. 

Le Soleil, Yves Therrien

Un parcours sans bruit ou presque

Vendredi matin, Karl Breton a pris le volant de l'autobus électrique pour la première fois pour faire faire un tour aux invités et aux journalistes.

Le seul bruit que l'on entend après le démarrage du véhicule, c'est celui de la pompe de la servodirection.

«J'adore la sensation de conduite», lance-t-il comme première réaction. Cependant, il a dû s'habituer au freinage plus sensible du véhicule. «En levant le pied de l'accélérateur, le freinage automatique s'enclenche. Il faut appuyer doucement sur la pédale de frein, sinon le freinage sera trop brusque.»

La petite virée s'est faite sans autre bruit que celui des conversations des passagers et du débattement de la suspension sur les inégalités de la route.

Écoliers «plus bruyants»?

«C'est plus facile d'entendre les conversations, raconte-t-il, en sortant de l'autobus. J'imagine que les chauffeurs trouveront les écoliers plus bruyants parce qu'on entend tout.»

Si les écoliers étaient tout étonnés jeudi lorsque l'autobus électrique est venu les prendre à leur arrêt habituel, ce sont les chauffeurs qui ont manifesté le plus leur satisfaction. «On aurait dit des enfants dans un magasin de bonbons», lance en riant Marc Bédard, cofondateur et chef de la direction de la compagnie de fabrication des autobus Lion. Yves Therrien

Un petit fabricant qui déjoue les multinationales

Lorsque Marc Bédard et Camile Chartrand ont fondé Autobus Lion en 2008, les deux partenaires savaient qu'ils entraient dans un marché dominé par trois multinationales et où la concurrence est vive.

Ils étaient jusque-là employés du fabricant d'autobus Les entreprises Michel Corbeil racheté par le fabricant américain Collins Industries en 2007.

Pour percer, ils ont décidé de miser sur l'innovation. D'abord dans les autobus d'écoliers à moteur diesel, ce qui correspond aux standards actuels. Entourés de transporteurs qui exprimaient leurs besoins, ils ont voulu mettre au point des autobus fiables et durables.

Moins de rivets

Fini l'acier percé par 7000 rivets qui causent des infiltrations et de la rouille sur la coquille du véhicule. La fibre de verre, ça ne rouille pas, et quelques centaines de rivets font l'affaire pour tout tenir en place. Même les escaliers de l'autobus ne rouilleront pas.

Une centaine d'améliorations, comme les allées un peu plus larges, l'ajout d'une motorisation au gaz naturel compressé comme carburant de rechange, puis le moteur électrique, font en sorte que la compagnie se classe entre les deuxième et troisième rangs dans le marché québécois.

Depuis la mise en marché des autobus au diesel, en 2011, et la commercialisation des autobus électriques pour le transport scolaire à l'automne, Marc Bédard s'attend à une accélération de la croissance de la compagnie. Au cours des dernières années, la croissance a été de 50 % par année. Autobus Lion est le premier fabricant en Amérique du Nord avec un véhicule du genre, ce qui le démarque fortement de la concurrence.

Perspectives d'avenir

Avec le moteur électrique, les perspectives d'avenir semblent être au meilleur pour la jeune entreprise qui vend ses produits au Québec, en Alberta, en Ontario, dans les Maritimes et 25 États américains. La Californie pourrait être un marché de prédilection, dans cet État où la protection de l'environnement fait partie de la pratique quotidienne. D'ailleurs, le propriétaire d'un vignoble californien vient de commander un autobus électrique pour ses besoins en transport.

Pour Marc Bédard, les carburants de remplacement, et surtout les autobus électriques, sont une voie d'avenir particulièrement intéressante pour l'entreprise. L'investissement pour un autobus électrique est plus cher à l'achat, avoue-t-il, mais le retour sur l'investissement à cause des économies en carburant et en entretien s'effectue en moins de quatre ans. Et le véhicule a une durée de vie d'au moins 15 ans.

Fiche technique

Moteur : sans transmission, sans entretien, conçu et fabriqué au Québec par TM4 et limité à 149 kW (équivalent de 200 chevaux)

Batterie : 105 kWh

Vitesse : maximum réglé à 95 km/h

Temps de charge maximale : 4,5 heures avec un point de charge 240 volts

Autonomie : plus de 120 km

Capacité : 72 écoliers

Prix : de 145 000 $ à 155 000 $

Économie d'énergie : 15 000 $ de moins que le modèle au diesel par année

Durée de vie utile : plus de 15 ans, selon le fabricant

Autres caractéristiques : coquille du véhicule en fibre de verre, fabriquée à Sainte-Clothide, en Beauce; marches en polyéthylène moulé provenant de la région de Montréal

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