Amendes aux cyclistes: «non, non, non», dit Louis Garneau

Un groupe de discussion sur la sécurité des... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Un groupe de discussion sur la sécurité des cyclistes, présidé par l'homme d'affaires Louis Garneau, a préparé un rapport d'une soixantaine de pages, qui est prêt depuis décembre et doit être publié incessamment.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) S'il y a une mesure que l'homme d'affaires Louis Garneau espère que le gouvernement du Québec mette en place pour augmenter la sécurité des cyclistes sur les routes, c'est l'imposition d'une distance minimale à respecter lors d'un dépassement automobile.

M. Garneau, que Le Soleil a malencontreusement présenté comme le président du groupe de discussion sur la sécurité des cyclistes, a expliqué jeudi qu'il n'a jamais occupé de telles fonctions. L'entrepreneur et cycliste s'avère plutôt être le «conseiller spécial» du ministre des Transports, Robert Poëti, sur la sécurité à vélo. Un conseiller spécial qui a vidé le sujet en un seul déjeuner avec le politicien, au début de l'année. 

La confusion est venue du fait que M. Garneau a été nommé lors de la première rencontre du groupe de discussion et présenté comme la vedette de cette offensive ministérielle pour mieux protéger les cyclistes. 

«Donner des amendes aux cyclistes et aux automobilistes, non, non, non, on n'est pas là. On a eu une discussion avec un peu plus d'altitude», a fait valoir le principal intéressé, en entrevue téléphonique au Soleil

Le président de Louis Garneau Sports s'est en effet dissocié de la recommandation unanime du groupe de discussion sur la sécurité des cyclistes d'augmenter le montant des amendes imposées aux cyclistes dans la prochaine version du Code de la sécurité routière. Dans le rapport dont Le Soleil a obtenu copie, la même suggestion est faite pour les automobilistes qui ouvrent leur portière sans regarder si quelqu'un vient à vélo. 

M. Garneau croit qu'il vaut mieux travailler sur «l'attitude» des automobilistes - et aussi celle des cyclistes - qu'augmenter la répression. 

Les automobilistes doivent comprendre que les vélos ont le droit de rouler dans la rue, même s'il y a une piste cyclable à côté, et leur laisser un peu d'espace quand ils les dépassent, fait valoir le cycliste. La distance proposée est de 1 mètre en ville et 1,5 mètre sur les routes rurales, où les limites de vitesse sont souvent plus élevées. 

Corridor de protection

M. Garneau dresse un parallèle avec le corridor de protection accordé aux policiers quand ils interviennent le long des routes. «Je crois beaucoup à ça parce que se faire frapper par une voiture, c'est ce dont les cyclistes ont mondialement le plus peur», dit-il. 

Chaque année, au moins un membre du groupe avec qui il roule à vélo se fait d'ailleurs frôler, intentionnellement ou non, par un automobiliste négligent ou agressif, rapporte l'homme d'affaires. 

«Ça donne une mesure à un automobiliste que, lorsqu'il y a un cycliste, tu ne peux pas ne pas te tasser un petit peu. C'est le message qu'il faut envoyer. Je pense même que je vais le rappeler [le ministre Poëti] pour être certain. C'est la loi qui serait la plus importante à passer au Québec présentement», insiste Louis Garneau. 

L'entrepreneur est aussi en faveur du port du casque à vélo, même de son imposition, mais comme il en vend, il se trouve en conflit d'intérêts et laisse à d'autres le soin d'en débattre. Le ministre des Transports a confirmé cette semaine qu'il n'irait pas dans cette direction. 

Pour le reste, M. Garneau est en faveur d'une «discipline cycliste» qui oblige à rouler à la queue leu leu et en pelotons de 15 maximum. Il croit aussi qu'il faut arrêter aux feux de circulation comme les voitures.

Plus difficile au centre-ville

Le ministre Poëti, qui travaille à la refonte du Code de la sécurité routière, ne s'inquiète pas que les opinions aillent dans plusieurs sens: «Il n'y a pas unanimité dans l'ensemble de l'oeuvre et c'est normal parce que c'est une nouvelle pratique, plus grande en milieu urbain. Il y a des gens qui sont plus à gauche, il y en a qui sont plus à droite. Moi, je voulais entendre ce qu'ils avaient à me dire.» Questionné dans les couloirs de l'Assemblée nationale, hier, le politicien a reconnu que l'emportiérage est un problème auquel il faut s'attaquer et n'a pas rejeté l'idée d'augmenter les amendes pour les cyclistes, car plusieurs accidents impliquant des vélos surviennent aux intersections. «C'est ce genre d'actions là où on se rejoint tous», dit-il. 

Trouver la bonne marge de dégagement à respecter entre les vélos et les voitures demeure un grand défi, a fait remarquer le ministre. «La difficulté, c'est de l'appliquer de la même façon partout au Québec.» La mesure lui semble plus facile à implanter en banlieue que dans les quartiers centraux, par exemple. «Il serait difficile de demander aux gens de laisser 1 mètre, 1,5 mètre. Ça sera pas possible, vous allez devoir suivre le vélo jusqu'au centre-ville», a-t-il illustré, parlant du Plateau à Montréal.  Annie Morin avec Simon Boivin

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