Vitesse des trains en région: «Est-ce que ma vie vaut la moitié d'une vie?»

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Le maire d'Amqui, Gaétan Ruest

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Carleton) «Est-ce que ma vie vaut une moitié, un cinquième de celle de quelqu'un vivant à Montréal ou à Québec? Non! On paie les mêmes taxes. On a un vote par personne. C'est supposé être ça, la démocratie!»

Le maire d'Amqui, Gaétan Ruest, réagit ainsi à la décision de la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, de diminuer la vitesse des trains chargés de marchandises dangereuses dans les zones urbaines seulement, et de les laisser rouler plus rapidement dans les zones moins densément peuplées.

Pour le ministère canadien, une zone urbaine se situe dans les limites d'une municipalité de plus de 100 000 habitants. Le projet de loi C-52 piloté par la ministre Raitt prévoit y abaisser la vitesse de circulation des trains transportant du pétrole ou des produits toxiques à 64 kilomètres à l'heure, plutôt que 80 comme c'est le cas actuellement.

M. Ruest s'étonne que la ministre ait inclus dans son projet de loi une vitesse plus élevée que celle préconisée par le Canadien National, le transporteur ferroviaire desservant notamment sa ville et une grande partie du Québec.

«C'est un non-sens. Elle leur donne la chance de monter la vitesse à 64 kilomètres à l'heure, alors que le CN l'établissait à 56 kilomètres», dit-il.

«Nous sommes, les maires, gardiens du périmètre qui nous est confié. Nous refusons l'aveuglement volontaire. Mais nous n'avons aucun moyen d'agir au niveau municipal pour limiter la vitesse de circulation des trains dans nos villes. C'est une juridiction fédérale. Avec le projet de transport de pétrole par rail entre l'Alberta et Belledune, au Nouveau-Brunswick, je déplore ne pas pouvoir intervenir davantage», ajoute M. Ruest, faisant allusion au projet de Chaleurs Terminal d'établir un port d'exportation de pétrole brut à Belledune. Le tracé ferroviaire passe par l'Est-du-Québec, dont Amqui.

Appel au provincial

«Ce serait à notre gouvernement provincial de nous défendre auprès d'Ottawa. Nous sommes des créations provinciales. Il [l'État québécois] n'ose pas intervenir», déplore M. Ruest.

Il remarque de plus que dans le contexte actuel, si des trains blocs de pétrole passent dans la vallée de la Matapédia, «il nous reviendra de s'équiper, d'acheter le matériel et de fournir le personnel pour aller ramasser une éventuelle catastrophe», dénonce-t-il.

Le député fédéral de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, rappelle que la ministre Raitt a établi la limite de vitesse à 64 kilomètres dans les zones de plus de 100 000 habitants presque par automatisme, «parce qu'elle a signé une entente selon des normes pour toute l'Amérique du Nord, avec le gouvernement américain. Ce sont des normes optimistes, pour le Canada, parce que le réseau américain est sans doute en meilleur état [...] La vitesse adoptée par le CN semble le prouver».

«La vitesse doit refléter l'état de la voie ferrée et non être choisie en fonction de la population. Elle [Lisa Raitt] en fait abstraction», ajoute-t-il.

Il se méfie d'ailleurs des nouvelles normes. «Ça n'a pas empêché un train de prendre feu au Dakota [mercredi], même avec une vitesse réduite et les nouveaux wagons DOT111.»

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