Uber espère la fin de la répression

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Depuis l'implantation d'Uber à Québec à la mi-février, 25 véhicules ont été saisis. La compagnie souhaite que ses activités ne soient plus considérées comme étant illégales.

Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur

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(Québec) Le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, est encouragé par la volonté du gouvernement provincial de réglementer les services de location de chambres ou d'appartements de type Airbnb. Il suggère d'oublier la répression pour ses chauffeurs et de revoir tout de suite les règles du transport rémunéré de particuliers pour tenir compte des nouvelles technologies.

«Ils [les élus et les fonctionnaires] ont passé un an, un an et demi à dire qu'Airbnb c'était illégal, mauvais. Et là, oups, on va les réglementer. Nous, ce qu'on dit, c'est : pourquoi on ne le ferait pas tout de suite [pour Uber]?» lance M.Guillemette, en entretien téléphonique avec Le Soleil. 

Selon lui, Uber offre un service «nécessaire, que la population désire». Il ne voit pas pourquoi il pâtirait d'avoir investi un secteur d'activités traditionnel, le transport de personnes, avec des moyens modernes, soit une application mobile mettant en relation des passagers et des chauffeurs.

Le ministre des Transports, Robert Poëti, ne l'entend toutefois pas de cette oreille. Il considère que les chauffeurs d'Uber font du «transport illégal», même déloyal, puisqu'ils échappent aux nombreuses règles imposées aux taxis.

Depuis l'implantation d'Uber à Québec, à la mi-février, Contrôle routier Québec a procédé à 25 saisies pour 29 infractions. Les deux plus récentes sont survenues mercredi soir dans l'arrondissement de Sainte-Foy. Trois chauffeurs ont été arrêtés à deux reprises dans la capitale.

Au total, pour le Québec, 30 saisies ont été menées par les contrôleurs routiers. Le Bureau du taxi de Montréal, qui s'assure du respect de la réglementation provinciale dans la métropole, en a ajouté une trentaine.

Frais judiciaires assumés par la compagnie

Aucun chauffeur n'est encore passé au travers du processus judiciaire. Ils ont tous récupéré leur véhicule après quelques jours. C'est Uber qui a payé les frais de cour - il faut l'intervention d'un juge pour lever la saisie -, les frais de fourrière et la location d'une voiture dans l'intervalle. 

L'amende, qui peut varier entre 350 et 1050 $ par infraction, est en suspens. «On plaide bien entendu non coupable parce que nous, on considère que les chauffeurs sont dans leur droit d'offrir ce service-là à Québec», précise Jean-Nicolas Guillemette, qui ramasse aussi la facture des avocats. Cela pourrait prendre encore plusieurs mois avant que ne tranche la Cour du Québec, qui entend les causes pénales. 

Le dg d'Uber admet que les saisies et leur médiatisation «ont fait peur à quelques personnes», surtout des clients potentiels. Quant aux chauffeurs qui se font coincer, ils ne semblent pas impressionnés, ils ont plutôt tendance à récupérer les heures perdues quand ils reprennent possession de leur véhicule, constate-t-il.

Encore en démarrage

De façon générale, les affaires d'Uber ont démarré lentement à Québec, mais selon M. Guillemette, ce n'est pas pire qu'à Montréal ou dans des villes américaines de taille comparable. «Quand on entre dans une ville, ça prend toujours un temps pour atteindre l'équilibre entre l'offre et la demande», dit-il, sans vouloir quantifier ce délai.

Selon Uber et l'industrie du taxi, qui sont au moins d'accord là-dessus, la clientèle de jour de semaine est plus fidèle au taxi tandis qu'Uber gagne en popularité les soirs et les fins de semaine.

Vérification faite en consultant l'application mobile, il est même impossible à certaines heures du jour de faire une course avec Uber car il n'y a pas de chauffeur disponible.

«Les citoyens de la ville de Québec sont plus conscients de l'illégalité du système», affirme Abdallah Homsy, directeur général de Taxi Coop. 

Jean-Nicolas Guillemette estime plutôt que la clientèle naturelle d'Uber, qu'il décrit comme des «jeunes branchés», est plus active les fins de semaine. Il compte aussi sur les touristes, qui se font plus nombreux dans la capitale avec l'arrivée des beaux jours, pour augmenter le volume d'affaires.

Pour M. Homsy, il n'y a pas d'avantage à opter pour Uber à Québec car les taxis ont aussi leur application mobile, qui couvre 95 % du marché, toutes compagnies confondues. «Le client, ça ne lui prend pas une demi-heure pour commander un taxi», fait-il remarquer. Et pour se distinguer, les chauffeurs de taxi de Québec s'appliquent à offrir un service irréprochable, poursuit-il.

Le dirigeant de Taxi Coop pense que la capitale est ainsi en «très bonne posture» pour résister à Uber.

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