Pont de Québec: le NPD pousse sur le CN et Ottawa... et satisfait Labeaume

Le pont de Québec... (Le Soleil,  Erick Labbé)

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Le pont de Québec

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair met de la pression autant sur le gouvernement conservateur que sur le CN avec son projet de loi pour forcer l'entretien du pont de Québec. Et il réjouit les maires de Québec et de Lévis. 

Même s'il n'est pas au pouvoir et se bat contre un gouvernement majoritaire, M. Mulcair croit que le Nouveau Parti démocratique (NPD), premier parti d'opposition, pourrait resserrer les règles d'entretien des structures ferroviaires jugées d'intérêt national. 

Le projet de loi qui sera présenté dans les prochains jours par Denis Blanchette, député de Louis-Hébert et porte-parole régional du NPD, obligerait à «garder dans un état propre» toute infrastructure ferroviaire patrimoniale. En cas de défaut, le gouvernement fédéral commanderait les travaux et refilerait la facture au propriétaire.

Pour le pont de Québec, reconnu lieu historique national depuis 1995 mais néanmoins rongé par la rouille, une peinture s'imposerait d'elle-même, selon M. Blanchette.

«Si les conservateurs voulaient adopter ce projet de loi, on pourrait le faire : un, deux trois. On verra bien. S'ils continuent à trouver toutes sortes de prétextes, on va savoir que leur offre était de la fiction», a fait valoir son chef mardi après-midi, lors d'une conférence de presse tenue au quai des Cageux, avec le pont de Québec en fond de scène.

M. Mulcair référait aux 75 millions $ que le gouvernement Harper a mis sur la table pour refaire une beauté au pont de Québec tandis que le provincial et les villes de Québec et de Lévis promettaient 25 millions $ de plus. «De la fiction», a-t-il répété plusieurs fois, car le CN n'a jamais accepté de ramasser le reste de la facture.

Le chef de l'opposition a rappelé le jugement des tribunaux : l'entreprise ferroviaire n'a pas l'obligation contractuelle de repeinturer le pont de Québec. Le président du CN, Claude Mongeau, lui a personnellement fait valoir qu'il n'avait pas l'intention de dépenser l'argent des actionnaires à cette fin. Voilà pourquoi M. Mulcair conclut que l'obligation doit être légale.

Le politicien fédéral avance que sa solution mettrait fin aux estimations - de 200 à 400 millions $ - qui circulent depuis quelques semaines. «Tout d'un coup, je soupçonne qu'ils [le CN] vont trouver le moyen de le faire en dessous de 400 millions $», a-t-il lancé, sourire aux lèvres. 

M. Mulcair ne craint pas une nouvelle ronde de contestations judiciaires car, dit-il, «le Parlement du Canada est capable de s'exprimer par la voix d'une loi».

LABEAUME CONTENT

Le maire de Québec, qui n'a pas rencontré M. Mulcair lors de son passage dans la capitale, a bien accueilli l'initiative néo-démocrate. «Je suis obligé de dire que je ne déteste pas l'idée», a-t-il commenté.

«Quand vous avez une entreprise qui fait la sourde oreille et qui veut rien savoir et qui est une ancienne entreprise publique, peut-être que ça serait bien de leur rappeler qu'ils ont déjà existé grâce aux taxes des Canadiens», a poursuivi Régis Labeaume. 

À la veille des élections fédérales, M. Labeaume refuse de faire de la réfection du pont de Québec sa principale demande aux partis politiques. «C'est un dossier qui va être à part de la liste du maire», a-t-il prévenu.

Le maire de Lévis a pour sa part fait remarquer que «c'est exactement conforme à ce que je proposais la semaine dernière», c'est-à-dire de profiter de la campagne électorale fédérale pour réclamer des actions législatives. «Dans le cas du CN, on a maintenant la preuve que ça va être une des seules solutions», a-t-il insisté.

Gilles Lehouillier croit que les autres partis politiques devraient aussi «regarder ça de très près». «On ne peut pas indéfiniment laisser le pont à l'abandon et continuer de faire un débat pendant des années», a-t-il souligné.

Quant au ministre conservateur de l'Infrastructure, Denis Lebel, il a contacté Le Soleil de lui-même en fin de journée pour y aller d'une déclaration qui ressemble en tous points aux précédentes sur le même sujet.

«Notre gouvernement conservateur livre de vrais résultats pour les gens de la région de Québec. Le gouvernement Harper s'est engagé à investir 75 millions $ afin de repeindre le pont alors que la province et les villes se sont engagées pour 25 millions $. Le CN doit maintenant s'asseoir à la table et compléter le montage financier afin de repeindre le pont qui lui appartient», a écrit son attaché de presse, Vincent Rabault, sans répondre à nos questions. 

Avec Patricia Cloutier

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