Traversier de l'Isle-aux-Coudres: la patience sera requise

Transports Canada impose désormais au traversier qui relie... (Photothèque Le Soleil)

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Transports Canada impose désormais au traversier qui relie L'Isle-aux-Coudres à Saint-Joseph-de-la-Rive de faire trois allers-retours avec beaucoup moins de passagers, lorsqu'il y a transport de matières considérées comme dangereuses.

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(Québec) Les escapades vers L'Isle-aux-Coudres, qui baigne dans le fleuve en face de Baie-Saint-Paul, pourraient mettre la patience des estivants à l'épreuve. Transports Canada vient de serrer la vis à Québec : le traversier devra voyager presque à vide six fois par jour, même si un grand cordon de voitures s'étire dans la voie d'embarquement. L'industrie touristique est préoccupée.

«Nous, comme les gens de l'île, sommes très inquiets», admet le directeur de la traverse L'Isle-aux-Coudres-Saint-Joseph-de-la-Rive, Michel Tassy. «C'est quelque chose de majeur.»

Que se passe-t-il? Le trajet du navire est d'environ 3,7 kilomètres. «Mais, ils nous ont toujours considérés comme une traversée de courte durée [moins de 3 km]», explique M. Tassy. Qu'est-ce que ça change? Sous la barre des 3 km, on peut remplir le bateau même si un des véhicules transporte des «matières dangereuses». À plus de 3 km, on doit réserver le bateau seulement pour les matières dangereuses.

La norme n'est pas nouvelle. Elle s'applique à tous les traversiers. L'Isle-aux-Coudres jouissait toutefois d'une certaine tolérance. Jouissait. Depuis avril, on applique la règle.

À L'Isle-aux-Coudres, il y a une station-service. Et trois chantiers maritimes. Et des campings. M. Tassy fait remarquer qu'une livraison de bonbonnes de gaz industriel ou l'arrivée d'un véhicule récréatif ayant un gros réservoir de propane compliquera le transport.

En fait, Michel Tassy est maintenant obligé de bloquer, tous les jours, trois traversées dans chaque sens pour les «matières dangereuses». L'impact? Le navire peut normalement loger l'équivalent de 55 voitures et 367 passagers. Si un véhicule contenant des matières dangereuses est du voyage, seuls 25 passagers seront autorisés. Pas plus. Les autres devront attendre à quai. «Je nuis à la fluidité.»

À la Société des traversiers du Québec, la directrice de la sécurité et de l'environnement, Isabelle Beaudoin, indique que des pourparlers sont en cours avec Transports Canada. On espère pouvoir opérer sans les nouvelles contraintes. Entre-temps, les visiteurs et les résidents devront consulter l'horaire de la traverse. Le propriétaire d'un véhicule récréatif de bonne envergure (plus de 65 litres de propane) devra, par exemple, être attentif. À partir du continent, seuls les bateaux de 10h30, 12h30 et 14h30 sont identifiés «matières dangereuses». Aux mêmes heures, les autres véhicules pourraient devoir attendre en file le navire suivant, une heure de plus.

À Ottawa, on nous a envoyé un courriel laconique : «La sûreté et la sécurité du transport maritime pour les Canadiens sont la priorité de Transports Canada. Transports Canada reconnaît les besoins auxquels répond le traversier de L'Isle-aux-Coudres pour ses usagers et travaille actuellement avec la Société des traversiers du Québec sur des solutions qui permettraient de régulariser la situation.»

Pour vérifier les horaires des traversiers, c'est par ici : www.traversiers.com.

Crainte d'une baisse d'achalandage

«Ça va nous enlever de la clientèle sur l'île. L'économie touristique de l'île est très fragile.» Le président de tourisme Isle-aux-Coudres, Éric Desgagnés, ne comprend pas pourquoi Transports Canada impose de nouvelles limites au traversier de son patelin alors qu'aucun incident n'aurait été rapporté. Durant la haute saison, les automobilistes, les campeurs, les résidents font la file pour pouvoir embarquer. Si ceux-ci doivent passer leur tour lorsqu'un camion d'essence ou un gros véhicule récréatif traverse, M. Desgagnés pense que plusieurs rebrousseront chemin. «Ce qu'on craint, c'est une baisse d'achalandage.» Il demande un moratoire pour l'été, le temps que la Société des traversiers du Québec et Transports Canada trouvent une solution à long terme.

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