Pas de terminal pétrolier au Port de Québec

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Le Port de Québec

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(Québec) Le Port de Québec n'accueillera pas le terminal pétrolier de TransCanada «pour des raisons techniques» et il n'aménagera pas de quai en eau profonde permettant de décharger des produits pétroliers pour des raisons temporelles et financières.

L'Administration portuaire de Québec (APQ) a publié une mise au point, mercredi après-midi, après une série de reportages, publiés depuis la fin de semaine, laissant entendre qu'un terminal pétrolier était inclus dans le projet d'agrandissement de la baie de Beauport et que TransCanada pourrait s'y installer à demeure.

Cela tenait notamment à la présence d'un duc-d'albe, un quai en eau profonde permettant à des navires de s'approvisionner en vrac liquide ou d'en décharger sans toucher la côte, grâce à un réseau de pipelines sous-marins.

Le Soleil a révélé en octobre comment le Port vendait cette infrastructure sur son site Internet. «Avantage hautement stratégique, le duc-d'albe offrira une solution compétitive pour le Port de Québec afin de devenir un point de sortie pour les exportations de produits pétroliers canadiens», pouvait-on lire.

Le président-directeur général du Port, Mario Girard, a fait savoir mercredi que le projet d'agrandissement a été scindé en vue d'obtenir une subvention fédérale du Plan Chantiers Canada et que c'est le duc-d'albe qui a été retranché.

Projet d'agrandissement

La phase 1 s'en tient à l'extension de la ligne de quais sur une distance de 610 mètres, ce qui suppose l'agrandissement de la section d'arrière-quai de 18,5 hectares et la reconfiguration de la plage de la baie de Beauport.

«Cette première phase a été priorisée afin de régler à court terme la problématique de congestion des quais à Beauport et assurer la pérennisation des infrastructures», peut-on lire dans le communiqué de presse. Environ 200 millions de dollars seront nécessaires pour la construction, auxquels s'ajouteront plusieurs centaines de millions de dollars d'équipements, précise Marie-Andrée Blanchet, porte-parole du Port.

Aucun échéancier n'est avancé pour la phase 2, qui concerne le duc-d'albe. Le quai en eau profonde est estimé à 140 millions $. Sa réalisation est reportée, mais pas annulée.

L'abandon du port de Cacouna, que TransCanada Pipelines avait d'abord ciblé pour accueillir un terminal pétrolier, a aussi relancé la possibilité d'une installation ailleurs sur le Saint-Laurent. Le port de Québec fait partie des sites étudiés, au même titre que Saint-Nicolas, Lévis-Est, Pointe-Saint-Denis, L'Isle-Verte, l'île du Bic et Baie-des-Sables.

Un amalgame tardif a été fait avec le projet d'agrandissement du port et des observateurs ont conclu à l'arrivée de TransCanada au port de Québec.

Il n'en sera rien, assure par écrit M. Girard, refusant toute demande d'entrevue. «L'installation portuaire de Beauport ne pourrait pas accueillir le projet présenté par TransCanada pour des raisons techniques», dit la mise au point. Parmi les «raisons techniques», Mme Blanchet pointe un «tracé difficile pour se rendre dans le secteur de Beauport» (en parlant du pipeline) et un «espace insuffisant d'entreposage».

De l'avis même de TransCanada, la superficie des quais, même augmentée, apparaît trop restreinte et le sol trop instable pour permettre à la fois le stockage de produits pétroliers et l'aménagement des installations pour charger les navires. Les réservoirs devraient donc se trouver à Lévis et un lien sous-fluvial devrait être construit - difficilement - pour joindre le pipeline Énergie Est, qui doit acheminer le pétrole de l'Ouest vers le Nouveau-Brunswick en passant obligatoirement par la rive sud.

«L'emplacement particulier proposé pour le terminal maritime nuirait probablement aux plans d'expansion du port de Québec de même qu'aux activités actuelles du port», a conclu TransCanada dans les documents déposés à l'Office national de l'énergie. L'entreprise ajoutait que «ce site nécessite une importante ingénierie et représente un défi économique de taille» et l'excluait de sa seconde ronde de sélection.

****

Environnement: études fédérales privilégiées

Le Port de Québec promet de procéder à toutes les évaluations environnementales prescrites pour le projet d'agrandissement... tant qu'elles sont fédérales. Or, en vertu des règles fixées par Ottawa, l'organisation est la seule maître à bord pour déterminer si les effets sur l'environnement sont acceptables. Le pdg Mario Girard a déjà dit que les études seraient réalisées par des firmes indépendantes et a répété mercredi que le tout serait soumis à une consultation publique une fois que le financement sera attaché. Il n'est pas question de déposer le projet au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Le Port estime qu'il n'a pas de comptes à rendre au gouvernement québécois. Hier, le ministre provincial de l'Environnement, David Heurtel, n'a pas répondu aux questions de l'opposition sur le sujet. Un juge devra trancher le litige qui traîne en cour depuis des années.

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