«On veut pas débâtir la moitié de la ville pour faire un SRB», dit Labeaume

Qu'il y ait un service rapide par bus... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Qu'il y ait un service rapide par bus ou non, le maire de Québec croit que l'intersection Langelier-Charest doit être revitalisée. -

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) «On veut pas débâtir la moitié de la ville pour faire un SRB (service rapide par bus). Quant à moi, ça va être dommages minimum. Il faut que ça soit dommages minimum.»

Le maire Régis Labeaume s'est montré pragmatique, mercredi, lorsqu'invité à commenter les acquisitions foncières détaillées dans les rapports techniques des consultants ayant participé à l'étude de faisabilité du tramway/SRB. Un budget de 42 à 67 millions $ est prévu.

M. Labeaume a donné l'exemple de l'avenue Eugène-Lamontagne, dans Limoilou, où il faudrait sacrifier l'équivalent d'une rangée de maison pour installer le SRB au milieu de la chaussée. «On est assez serré, mais c'est assez simple la solution: une voie aller ou retour (sur Lamontagne) pis une voie aller ou retour sur une autre rue. Tu viens de régler le problème. On n'est pas fous à temps plein. Pensez-vous qu'on veut débâtir 40 maisons? Ben non», a-t-il exposé.

Quant à l'intersection Langelier/Charest, aussi promise à un grand réaménagement, «ben je pense qu'il y a besoin qu'on fasse un petit quelque chose avec», a lancé le maire de Québec. «SRB ou pas, ce coin-là a besoin d'être revitalisé parce que c'est pas chic quand tu vas là», a-t-il insisté.

Le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand, a aussi plaidé qu'il y avait encore beaucoup de temps devant pour ajuster le parcours et limiter ses effets négatifs sur l'environnement bâti. Il a jugé «prématuré» de parler des bâtiments à acheter et à démolir pour laisser place au SRB, mais admis qu'il serait impossible d'éviter toute disparition.

«Dans le montage financier, il fallait prévoit un poste budgétaire pour les acquisitions foncières, mais c'est prématuré à cette étape-ci de parler de façon très précise des gens qui vont être touchés», a-t-il expliqué.

Selon le conseiller municipal, «le corridor est défini dans sa version la plus contraignante», celle du tramway, dans la première série d'études complétées et rendues publiques. Pourtant, le SRB exige une plus grande emprise au sol. «Oui, mais il est plus malléable, plus souple», fait-il remarquer.

«Il n'y a absolument rien de décidé. Ce sont des choses qui vont se préciser au cours des prochaines années» pendant les études d'avant-projet, a renchéri Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, présente à ses côtés.

«M. Patate, le monsieur du Coin de la patate, il peut continuer de vendre des hamburgers et des frites pour un bout de temps», a signifié M. Normand, en référence au commerce situé près du boulevard Langelier, potentiellement condamné.

«Il y a un travail de minutie à faire, ça va être mètre par mètre», a illustré le maire Labeaume.

Ce dernier s'est par ailleurs montré intraitable sur la question des stationnements. Les consultants ont fait ressortir l'importance de limiter le nombre et augmenter la tarification des stationnements, surtout au centre-ville, pour encourager les automobilistes à prendre le transport en commun.

«Vous me connaissez depuis sept ans, j'ai toujours dit non. On fera jamais ça. Ça n'arrivera pas. La réponse, c'est non», a martelé le maire.

Rémy Normand a ramé dans le même sens: «Sur le plan théorique, si on augmente le prix des stationnements, ça va avoir un effet. Mais nous, c'est pas du tout dans ça qu'on est, c'est pas le scénario qui a été retenu, mais pas du tout.»

Les deux politiciens ont fait savoir que la Ville de Québec et le RTC peaufinaient actuellement le mandat du bureau de projet qui poursuivra les études d'avant-projet. Le ministère des Transports du Québec s'est montré ouvert pour le financer.

Avec Valérie Gaudreau

Certains veulent rester, d'autres partir

Réactions mitigées, jeudi, à l'intersection des boulevards Charest et Langelier, où plusieurs immeubles pourraient être rasés afin de permettre le passage du service rapide par bus (SRB) sans éliminer de voies de circulation automobile. Certains propriétaires sont déjà prêts à vendre. D'autres veulent rester. 

Daniel Martel, propriétaire de l'atelier mécanique du même nom, a mis son commerce en vente et ne trouve pas preneur. Si la Ville de Québec est prête à acheter l'édifice datant de 1893, très droit bien qu'encombré, il ne rouspétera pas. «Ça ferait même mon affaire», dit-il franchement. 

Mais M. Martel n'est pas très encouragé pour autant. «Ça fait 40 ans que j'en entends des projets pour le coin et ça n'aboutit jamais à rien», fait-il remarquer. 

Pas loin de là, Gisèle Dumais est propriétaire d'un immeuble comptant 21 locataires. C'est à eux qu'elle a pensé quand Le Soleil lui a appris que le secteur était promis à un réaménagement majeur. «Mes gens n'aimeraient pas ça. Des logements abordables, il y en a de moins en moins dans le quartier», a-t-elle fait valoir.  

Stéphan Crépin, propriétaire de SOS Services informatiques, occupe un immeuble de forme inhabituelle à l'angle du boulevard Charest et de la rue Sinaï, non loin du boulevard Langelier. Il pensait à une fantaisie d'architecte quand il l'a acheté, il y a 25 ans, mais s'est fait raconter que le bâtiment a été littéralement coupé en deux lors de la construction du boulevard Charest, à la fin des années 50. 

«Ça va faire deux fois qu'ils viennent chercher une moitié» a-t-il soupiré jeudi en nous montrant la cassure, dehors sans manteau. 

Aller à Stoneham

Déjà sous le coup d'une interdiction de modifier son entrepôt de la rue Lalemant, car la Ville veut revitaliser le secteur, M. Crépin se demande s'il ne vaudrait pas mieux tout déménager. «Je vais prendre mes affaires et me construire un garage à Stoneham si ça continue», réfléchit-il à voix haute. 

Christian Légaré, propriétaire du casse-croûte Au Coin de la patate, s'est pour sa part porté à la défense de Régis Labeaume, qu'il a tenté sans succès de déloger de la mairie de Québec. «Ça prend quelque chose pour amener les gens au centre-ville», dit le restaurateur en parlant du SRB, qu'il voit comme une bouée de sauvetage pour un secteur moribond. 

Selon lui, les affaires sont plus mauvaises que jamais dans Saint-Sauveur et Saint-Roch, et il faut donner un grand coup de barre pour y attirer de nouveaux consommateurs et résidents. «Labeaume, il n'est pas dans mon coeur, mais quand ça a du sens, ça a du sens. Si on n'attire pas des gens au centre-ville, ça va mourir», lance-t-il. 

***

Du renfort aux communications du RTC

La Ville de Québec prête un conseiller en communications senior au Réseau de transport de la Capitale (RTC), qui doit gérer au cours des prochains mois plusieurs gros dossiers de transport en commun, dont l'implantation d'un service rapide par bus.

L'expérimenté Jacques Perron entrera en poste la semaine prochaine et sera en action jusqu'à la fin de 2016. Le RTC remboursera à la Ville la rémunération, les heures supplémentaires ainsi que les avantages sociaux de l'employé municipal. 

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