Véloroute dans Beauce-Sartigan: le train craint la voie d'évitement

Le Chemin de fer Sartigan exploite présentement l'axe... (Collaboration spéciale, Jean-François Dumont)

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Le Chemin de fer Sartigan exploite présentement l'axe Charny-Scott.

Collaboration spéciale, Jean-François Dumont

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

Des représentants du monde ferroviaire craignent qu'une annonce de piste cyclable aujourd'hui à Beauceville sonne le glas du chemin de fer entre Vallée-Jonction, Saint-Georges et le secteur Saint-Just-de-Bretenière-Lac-Frontière, dans l'arrière-pays de Montmagny.

Pourtant, diverses études, dont une datant de 2012, établissent clairement l'industrie forestière des villages de Saint-Just-de-Bretenière, de Daaquam et de Lac-Frontière comme la plus prometteuse pour la croissance du tronçon souvent désigné comme le Québec Central, présentement actif entre Charny et Scott et exploité par Chemin de fer Sartigan.

Selon ce qu'a appris Le Soleil, la MRC Robert-Cliche annoncera à 14h30 à Beauceville la conclusion d'une entente de bail avec le ministère des Transports du Québec pour l'utilisation d'une partie de l'emprise ferroviaire entre Vallée-Jonction et Notre-Dame-des-Pins pour la véloroute.

Le ministère des Transports a payé un peu plus de 18 millions $ en 2007 et en 2008 pour l'acquisition en deux temps du chemin de fer Québec Central.

Or, le démantèlement d'une partie des rails au sud de Vallée-Jonction, sur 30 kilomètres, rendra inutilisable le reste de la voie entre Notre-Dame-des-Pins et Lac-Frontière, soit 60 milles, ou 100 kilomètres de plus.

«On ne comprend pas l'acharnement de la MRC Robert-Cliche à vouloir démanteler le chemin de fer entre Vallée-Jonction et Notre-Dame-des-Pins [...] Il y aurait moyen de bâtir la piste cyclable à côté de l'emprise ferroviaire, comme c'est le cas entre Scott et Vallée-Jonction. La Beauce mérite les deux, le chemin de fer et la piste cyclable», affirme Martin Laflamme, actionnaire de Chemin de fer Sartigan, une firme voulant croître.

L'étude publiée par Dessau en 2012, à la demande des conférences régionales des élus de la Chaudière-Appalaches et de l'Estrie, situait le potentiel du réseau Québec Central, soit de Sherbooke à Charny en passant par Vallée-Jonction, et de Lac-Frontière à Vallée-Jonction, à 10 872 wagons par an, un scénario réaliste. Même le scénario pessimiste situait ce potentiel à 5291 wagons; le scénario optimiste le propulsant à 23 242 wagons.

Une partie appréciable de ce volume viendrait du secteur présentement inactif de Saint-Just-Daaquam-Lac-Frontière, près de 3000 wagons par an. Ce volume grimperait à 6000 wagons dans l'éventualité où le secteur entre Vallée-Jonction et Sherbrooke, incluant Thetford, est rouvert pour accéder à l'usine de Papier Kruger de Brompton. Soixante-cinq dirigeants d'industrie ont répondu à l'étude, et trente-cinq ont considéré le rail comme important pour l'avenir.

«Besoin du chemin de fer»

L'expert ferroviaire Michel Lambert, qui compte 44 ans d'expérience, notamment comme superviseur pour le CN et directeur d'exploitation pour le chemin de fer Arnaud, trouve regrettable le sacrifice de l'axe Vallée-Jonction-Notre-Dame-des-Pins. Il espère un revirement.

«Le gros problème, c'est qu'on ne comprend pas pourquoi le ministère des Transports a acheté le tronçon pour ne pas l'exploiter. Si j'étais ministre, je m'associerais au ministère du Développement économique et je tenterais de développer le corridor de chaque côté de la voie ferrée. L'industrie lourde a besoin du chemin de fer. Mais cet exercice n'a pas été fait», note M. Lambert, qui a récemment tenté de sensibiliser le ministre des Transports, Robert Poëti, à la question beauceronne.

M. Lambert croit que l'attentisme de Transports Québec nuit au secteur ferroviaire actuellement. «On se trouve devant un problème semblable à la question du train de banlieue de Montréal. On disait : "Quand il y aura du monde, on ajoutera un parcours." Ils en ont mis un et les gens le prennent. On dirait que le ministère aime mieux réparer les routes.»

Le ministère des Transports a pris note hier des questions du Soleil, qui tente de savoir quels efforts ont été déployés depuis 2008 pour valoriser le réseau acquis pour 18 millions $. La réponse n'est pas venue.

Stéphan Vachon, autre actionnaire du Chemin de fer Sartigan, précise de son côté qu'environ 5 millions $ de travaux ont été effectués par Transports Québec entre Charny et Vallée-Jonction, soit 50 kilomètres. Toutefois, «pour le moment, on doit limiter nos activités entre Charny et Scott [31 kilomètres] parce qu'un pont est impraticable, plus au sud», dit-il.

Avancer vers le sud

Chemin de fer Sartigan a exploité un train de passagers il y a 15 ans. Depuis décembre 2013, elle concentre ses activités dans les marchandises. «En janvier 2014, on a transporté 12 wagons. En décembre, on a livré 111 wagons. On a de nouveaux clients. On devrait doubler notre volume avec une nouvelle meunerie. On veut avancer vers le sud, mais il faut que le chemin de fer soit encore là», souligne son associé Martin Laflamme.

Une étude datant de 2008 situait à 11 millions $ la somme requise pour remettre en état l'axe Vallée Jonction-Lac-Frontière.

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