TransCanada ne construira pas de port pétrolier au Québec

Les groupes environnementaux à la défense des bélugas... (Archives La Presse Canadienne)

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Les groupes environnementaux à la défense des bélugas et opposants au projet de port pétrolier à Cacouna ont accueilli avec prudence les informations sur l'abandon des plans de TransCanada.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les bélugas qui fréquentent les eaux au large de Cacouna n'ont plus à craindre les plans de TransCanada. La firme albertaine n'y construira pas de port pétrolier. Son oléoduc ne fera qu'emprunter un tracé au Québec pour aboutir à des installations portuaires au Nouveau-Brunswick.

La Presse fait état de ce dénouement pour le controversé projet Énergie Est dans son édition de mercredi. Le gouvernement Couillard l'a confirmé indirectement en réclamant de l'Office national de l'énergie (ONE) le report d'audiences devant débuter à l'automne.

Tout au long de la journée, le promoteur s'est réfugié dans le silence. Il s'est contenté de promettre une déclaration d'ici la fin de la semaine sur le sort qu'il réserve à l'ambitieux investissement devant totaliser 12 milliards $.

À son arrivée à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a prudemment signalé qu'il n'avait «pas encore le projet définitif. Nous devions en avoir un passablement définitif à la fin du mois de mars, soit au moins depuis mardi.»

Le ministre a indiqué que c'est ce qui l'a amené à demander à l'ONE de décaler dans le temps des consultations sur Énergie-Est. «Avant que le gouvernement prenne une position sur le projet, il faut au moins avoir le temps de l'analyser.

«C'est un enjeu extrêmement complexe, a plaidé M. Arcand. Ça implique la question gazière. Ça implique le transport pétrolier. Ça implique également la sécurité énergétique des Québécois. Il faut analyser toutes ces questions.»

Le ministre a rappelé que son gouvernement a posé sept conditions. L'une d'elles a trait aux retombées économiques au Québec que procurerait le pipeline.

Pierre Arcand a refusé de dire que l'abandon de la construction d'un port en sol québécois signifie moins de retombées. «Ça dépend. Je vais voir le projet [définitif] avant de me prononcer.

«Changera-t-on certaines étapes? Le pétrole sera-t-il seulement pour l'exportation ou pourra-t-il utiliser au Québec? On verra ce que TransCanada décidera.»

Le PQ ravi

La nouvelle a ravi le Parti québécois. Abandonner l'idée de construire un port de transbordement à Cacouna «assure la préservation de la pouponnière de bélugas», une espèce maintenant cataloguée comme en voie de disparition», a commenté le député Bernard Drainville.

Il s'est également félicité d'une «belle victoire par les citoyens à la suite d'une longue bataille que nous avons menée à leurs côtés». Une allusion aux critiques provenant de différents milieux, dont celles du monde agricole et municipal.

Le Parti québécois réclame que le gouvernement Couillard profite de la situation pour ordonner une enquête environnementale par le BAPE. Mais la formation politique ne voit plus l'intérêt de permettre la réalisation du projet. «Sans le port, les retombées tombent à zéro», a laissé tomber le péquiste Sylvain Gaudreault.

Exiger des redevances

En chambre, la Coalition avenir Québec a tenté en vain de faire adopter une motion «demandant au gouvernement de s'engager à exiger des redevances sur tout nouveau projet prévoyant le transport de pétrole en sol québécois». En point de presse, le chef François Legault a blâmé le premier ministre Philippe Couillard de «n'être même pas intéressé» à exiger des redevances.

«Je n'en reviens pas [qu'il] est contre le projet [...] si le Québec reçoit des redevances.» Le caquiste croit aux bénéfices et à l'acceptabilité sociale du projet. «Je ne sais pas s'il est trop tard [pour] avoir un port pétrolier quelque part le long du Saint-Laurent. Je ne pense pas que tous les gens partout sont tous contre un port pétrolier.»

Des opposants de la première heure à Énergie Est ont accueilli avec prudence les informations sur le pipeline. «Ça fait plusieurs fois qu'on entend l'abandon de Cacouna, a commenté Christian Simard, de Nature Québec.

«Première réaction, un minimum de respect de la population : si c'est abandonné que la compagnie le confirme officiellement et confirme aussi qu'il n'y aura pas de port sur le Saint-Laurent. Ça prend l'heure juste» sur ce qui passe, a-t-il estimé, par le report de l'examen de l'ONE et une enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.

Pour Patrick Bonin, de Greenpeace, «plus les gens sont informés, plus ils s'opposent» à Énergie Est. L'écologiste s'est demandé «pourquoi le gouvernement du Québec supporte encore ce projet alors qu'il est évident qu'il n'y a aucun bénéfice économique» qui ne servirait qu'à exporter du pétrole tiré des sables bitumineux en traversant le territoire québécois. Énergie Est doit acheminer du pétrole de l'Ouest vers le Nouveau-Brunswick, sur 4600 kilomètres.

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