Service rapide par bus: une place faite au privé

Régis Labeaume (à droite) a répété plusieurs fois... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Régis Labeaume (à droite) a répété plusieurs fois que c'était «au payeur de décider», soit le gouvernement du Québec, qui ramasserait la facture du projet en entier. À gauche, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le secteur privé sera invité à contribuer à la mise en place d'un service rapide par bus dans la région de Québec. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a également été identifiée lundi comme financier potentiel.

Pour le maire de Québec, il ne fait aucun doute qu'il y aura de l'intérêt pour le mégaprojet de transport collectif qui est sur la table. «Pour les pôles d'échange, c'est certain que c'est privé, quant à moi», a-t-il insisté.

Ces gares d'autobus pourraient ainsi faire partie de développements immobiliers plus larges. En échange d'espaces réservés pour les usagers, les promoteurs récolteraient une clientèle captive et la possibilité de construire en hauteur. Zones d'attente, services et commerces seraient concentrés au rez-de-chaussée, tandis que des bureaux ou des condos pourraient être aménagés sur plusieurs étages.

Pour le réseau dans son ensemble, la formule n'est pas arrêtée. «L'envergure du projet de réseau structurant de Québec et de Lévis est de taille à attirer des entrepreneurs majeurs pour des projets en PPP (partenariat public-privé)», peut-on lire dans l'étude de faisabilité du tramway/SRB, qui ne se prononce pas sur le mode de réalisation et de financement à privilégier.

Régis Labeaume a répété plusieurs fois lundi que c'était «au payeur de décider», soit le gouvernement du Québec, qui ramasserait la facture en entier. Le maire a néanmoins fait ressortir l'expérience acquise par la Ville de Québec pendant le chantier de l'amphithéâtre. La municipalité y est maître d'oeuvre. Elle a supervisé la conception des plans et lancé les soumissions, mais la gérance des travaux a été confiée à un mandataire privé.

L'implication de la Caisse de dépôt à titre de financier a aussi été évoquée, mais les élus municipaux sont en attente d'une meilleure définition du rôle qu'elle jouera dans le financement d'infrastructures publiques.

L'organisme Accès transports viables appelle cette participation de tous ses voeux. Son directeur général, Étienne Grandmont, espère toujours que la Caisse propose de financer un tramway en haute ville plutôt qu'un SRB en basse ville. Car, selon lui, l'achalandage est le premier critère de rentabilité et de réussite d'un tel projet.

Jean-Benoît Houde, porte-parole de la CDPQ, a confirmé lundi qu'il était trop tôt pour évaluer le SRB de Québec. L'Assemblée nationale doit d'abord entériner des changements législatifs. Par la suite, «c'est au gouvernement de décider s'il s'agit d'un projet qui se qualifie et s'il souhaite que la Caisse l'évalue».

Exception réclamée pour acheter belge

La supériorité des autobus du fabricant belge Van Hool ne fait pas de doute dans l'esprit des maires de Québec et de Lévis, qui ont déjà fait part de leur préférence au gouvernement provincial dans l'espoir que ce dernier fasse exception à l'obligation d'acheter canadien.

Les élus municipaux n'avaient pas caché leur coup de coeur après une visite de l'usine de Van Hool, en Belgique, où ils se sont assis dans des véhicules biarticulés hybrides en production. Ces bus mesurant 24 mètres, 33 % de plus que les Métrobus articulés, ont des airs de tramway et concurrencent ouvertement le transport sur rail.

«Ce n'est pas tout à fait le confort [du tramway], mais pour la différence de prix, ça vaut la peine», dit Régis Labeaume. Chaque long bus coûte environ 1,2 million $ et l'aménagement du réseau de service rapide par bus (SRB) est évalué à un peu plus d'un milliard $.

Technologie éprouvée

Le maire de Québec devra convaincre le gouvernement provincial, car les subventions (100 % du montant des immobilisations) sont actuellement liées à l'achat de bus canadiens.

«Notre réseau est basé sur une technologie éprouvée qui existe en Belgique. Je le regrette, mais c'est la seule», a lancé lundi M. Labeaume. Il a invité NovaBus, l'entreprise québécoise qui a gagné tous les appels d'offres ces dernières années, à créer une coentreprise avec Van Hool pour commercialiser les biarticulés hybrides en Amérique du Nord.

Selon le maire, «les ministres préféreraient que les biarticulés sortent des chaînes de montage québécoises, mais ils comprennent». Lui-même doute que NovaBus puisse faire le «pas de géant» nécessaire pour rattraper la concurrence, d'où cette proposition d'un partenariat commercial.

Le ministre de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, n'a pas voulu commenter cette demande, lundi. Son collègue aux Transports, Robert Poëti, ne s'est pas avancé non plus.

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