Service rapide par bus à Québec: un délai «beaucoup trop long»

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Projection du SRB dans le secteur de l'amphithéâtre

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Encore 10 ans à attendre pour un service rapide par bus complété? Déjà que les groupes de promotion du transport en commun déploraient l'abandon du tramway, ils ont soupiré en choeur, lundi, devant le délai «beaucoup trop long» avant que le nouveau mode de transport ne soit implanté.

Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement, était déçu lundi, au terme de la conférence de presse dans laquelle les maires de Québec et Lévis, Régis Labeaume et Gilles Lehouillier, ont annoncé le choix d'un service rapide par bus (SRB) pour remplacer le tramway. Lors du dépôt du plan de mobilité durable, en 2011, on parlait d'un tramway en 2021. On est passé à un SRB qui sera complété en 2025.

«On n'a pas l'impression qu'on a beaucoup avancé en quatre ans et demi. Ce qui me décourage le plus, c'est de voir l'échéancier proposé. Un échéancier qui nous propose une mise en oeuvre dans 10 ans, alors qu'en France, dans des villes de moyenne taille, [...] on arrive à mettre ça en oeuvre en quatre ans aujourd'hui. C'est selon moi un aveu de désintérêt envers le transport en commun ou un aveu d'incompétence sur la capacité des firmes québécoises de mettre en oeuvre les services rapidement», a déploré M. Turgeon.

Déjà, à Québec, dans certains axes majeurs, le transport en commun est très achalandé et arrivera vite à saturation, souligne pour sa part le directeur général d'Accès transport viable, Étienne Grandmont. Sans le tramway, nous sommes condamnés à toujours tirer de l'arrière. «On devrait avoir mis en place un tramway à ces endroits-là depuis un bout de temps.»

Mais le maire Labeaume, lundi, a placé le tramway sur la voie d'évitement, même à long terme, estimant que d'ici 25 ans, une technologie plus efficace l'aurait remplacé. Un argumentaire que rejette Alexandre Turgeon. «À un moment donné, il faut arrêter de niaiser. Parce que dans 25 ans, c'est pas vrai que les tramways vont voler. On a beau croire à la technologie, dans 25 ans, on risque encore d'être une ville qui va ressembler à Atlanta, avec beaucoup d'automobiles.»

Alexandre Turgeon et Étienne Grandmont déplorent aussi la modification de plusieurs trajets d'express ou de métrobus qui s'interrompront aux divers pôles où les usagers devront descendre pour emprunter le SRB. «Il y a toujours un danger, quand tu fais ça, de perdre des usagers», a souligné M. Turgeon. Ce n'est pas comme cela que le SRB, qui est ni plus ni moins un «bus déguisé en tramway», réussira à attirer plus d'usagers, a renchéri M. Grandmont.

Les deux hommes espèrent que l'arrivée dans le portrait de la Caisse de dépôt et placement, qui a annoncé son intention d'investir dans les projets de transport en commun, fera bouger les choses plus rapidement et ramènera peut-être même à l'ordre du jour le tracé en haute ville.

En attendant, les usagers du transport en commun devront encore patienter pour une amélioration de l'efficacité entre les deux rives. Les deux maires ont rappelé lundi que les sociétés de transport travaillent sur une harmonisation des tarifs. L'étude en cours est au stade des «discussions finales». Quant à l'arrimage des réseaux des deux sociétés, la réflexion se poursuit et d'autres annonces viendront plus tard, a indiqué le président du Réseau de transport de la capitale, Rémy Normand.

Le tablier du pont de Québec à abaisser

Il y a un endroit où ça passe serré pour les nouveaux bus envisagés entre Québec et Lévis et c'est sur le pont de Québec. Dans la configuration actuelle du tablier, il n'y aurait pas suffisamment d'espace pour conserver trois voies de circulation, ce qui réduirait le débit automobile de 40 %. Comme c'est le dégagement en hauteur qui pose problème plus que la largeur, l'étude de faisabilité du tramway suggère de profiter de la réfection prévue dans les prochaines années pour abaisser le tablier et ainsi conserver trois voies de circulation. La suggestion a été transmise au ministère des Transports du Québec, qui de toute façon l'avait déjà étudiée, selon nos informations. Quant au minuscule trottoir, où sont confinés les piétons comme les cyclistes, il pourrait aussi être abaissé ou encore être déménagé - et élargi - sur une nouvelle structure en porte-à-faux qui se collerait à l'ouvrage existant. Le CN, propriétaire du pont, n'est toutefois pas chaud à cette idée. Annie Morin

 Trajet du service rapide par bus (SRB) ... (Infographie Le Soleil) - image 3.0

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Trajet du service rapide par bus (SRB) 

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L'opposition contre le tracé sur Charest

L'opposition à l'hôtel de ville ne comprend pas le choix de faire descendre les véhicules du futur rapide par bus sur le boulevard Charest après son passage par le campus de l'Université Laval.

«Le tracé proposé n'est pas optimal. On laisse complètement de côté la haute ville. À mon avis, c'est une erreur», a dit le chef de l'opposition, Paul Shoiry en commentant le projet de SRB que la Ville aimerait voir complété en 2025. Il note que les actuels Métrobus 800 et 801, particulièrement dans les secteurs névralgiques entre l'Université Laval et la colline parlementaire, sont les parcours les plus populaires en ville. «On a besoin de véhicules à plus haut volume», a dit M. Shoiry.

«Le maire veut utiliser le futur SRB pour développer le boulevard Charest, alors que nous, on pense qu'on doit l'utiliser pour desservir la clientèle qui souffre actuellement», a poursuivi M. Shoiry.

Questionné pendant le conseil municipal, le maire de Québec Régis Labeaume a plaidé de nouveau qu'un tel projet doit circuler dans des secteurs à revitaliser. Le parcours et l'intention sont les mêmes qu'au moment de la présentation du tramway en 2011, a-t-il dit. «Nous avons fait le choix de se servir d'un investissement gouvernemental pour revitaliser les quartiers plus défavorisés», a-t-il dit à propos des quartiers Saint-Sauveur, Saint-Roch, Limoilou et d'Estimauville.

La Ville de Québec estime que développer un service de transport en commun sur Charest conduirait à terme à 7450 emplois et 3630 logements additionnels dans ce secteur, dans les prochaines années.

En point de presse avant la séance du conseil municipal lundi, M. Shoiry, accompagné des deux autres élus de Démocratie Québec, Anne Guérette et Yvon Bussières, a aussi demandé au gouvernement du Québec de s'engager «dès maintenant» à financer à 100 % ce projet avant que ne soient lancées d'autres années d'études. L'opposition reproche aussi au projet de SRB présenté lundi de ne rien régler pour les problèmes de trafic à court terme. Il faudrait, ont plaidé les trois élus, commencer par améliorer le service existant. «Quand on voit 2025, on se demande si les gens vont vouloir vivre pendant 10 ans avec la congestion. Allons-nous voir dès cette année des mesures à court ou moyen terme?» a demandé M. Shoiry. Valérie Gaudreau

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