Pont de Québec: au fédéral de payer, dit un avocat

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Faisant ressortir que le pont de Québec «n'est plus un pont ferroviaire, mais un pont routier pour plus de 95 % de son utilisation», Luc Paradis dit comprendre le refus du CN de payer pour une nouvelle peinture.

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(Québec) Il ne sert à rien d'interpeller les actionnaires du CN pour une nouvelle peinture du pont de Québec, dit Luc Paradis, ancien président de la Chambre de commerce de Québec, qui tente de régler le dossier depuis le début de la décennie. À la veille des élections fédérales, l'avocat interpelle plutôt le gouvernement canadien, qu'il tient responsable du «gâchis» actuel et seul capable de payer la note.

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L'ancien président de la Chambre de commerce de Québec Luc Paradis considère que seul le gouvernement fédéral est capable de payer la note du pont de Québec. 

Samedi, l'ex-maire de Québec Gilles Lamontagne invitait le CN à reprendre le dialogue avec la Ville de Québec et les gouvernements pour trouver un moyen de repeinturer le pont de Québec. 

Me Paradis, qui plaide la cause depuis 2010, année où il a assuré la présidence de la Chambre de commerce de Québec, a ajouté sa voix au concert, lundi. 

L'avocat spécialisé en droit commercial et en droit public croit que la participation des maires de Québec et de Lévis à l'assemblée des actionnaires du CN est une «perte de temps». Les gros actionnaires que Régis Labeaume et Gilles Lehouillier veulent courtiser ne seront pas présents, car ils votent systématiquement dans le sens du président du conseil d'administration, souligne Me Paradis, convaincu que les quelques personnes dans la salle n'auront ni pouvoir ni intérêt dans le dossier. 

«Les actionnaires de sociétés publiques exigent toujours les meilleurs rendements sur le capital», ajoute-t-il pour enfoncer le clou.  

Faisant ressortir que le pont de Québec «n'est plus un pont ferroviaire, mais un pont routier pour plus de 95 % de son utilisation», notre interlocuteur dit comprendre le refus du CN de payer pour une nouvelle peinture. 

Le transporteur ferroviaire n'a jamais souhaité devenir propriétaire de l'ouvrage patrimonial, il en a hérité lors de sa privatisation, fait ressortir Me Paradis. «Aujourd'hui, ils [les dirigeants] le donneraient pour une piastre à n'importe qui.»

«Erreur historique»

L'ancien président de la Chambre de commerce de Québec souhaite maintenant braquer les projecteurs vers le gouvernement fédéral. C'est à lui qu'il attribue «l'erreur historique» d'avoir laissé le pont de Québec dans le portefeuille du CN nouvellement privatisé, en 1995, tandis qu'Ottawa conservait la tour du CN à Toronto. Pour les avoir lus, Me Paradis considère que les contrats signés à l'époque, qui devaient garantir le bon entretien de la structure, étaient mal rédigés. 

«Qui a fait le contrat? C'est le fédéral. Qui a mal fait le contrat? C'est le fédéral. Qui est allé en cour et qui a perdu? C'est le fédéral. Qui est responsable de tout ça? C'est le fédéral depuis le début. Mais là, curieusement, personne ne tape sur le fédéral, on tape sur le CN. On ne tape pas sur le bon cheval», lance l'avocat, excédé. 

Celui-ci invite les ministres conservateurs du Québec Denis Lebel et Steven Blaney à profiter du calendrier électoral pour «mettre leurs culottes» et défendre le dossier auprès du gouvernement de Stephen Harper. 

À ceux qui font remarquer qu'Ottawa a promis 75 des 100 millions $ sur la table pour une nouvelle peinture, offre conditionnelle à la participation du CN, Me Paradis répond qu'il est facile de faire une promesse quand elle est assortie de conditions inacceptables. «J'offre personnellement de mettre deux millions $ si demain matin il fait un beau soleil et 24 degrés Celsius à Québec», ironise-t-il. 

Péage suggéré

Me Paradis insiste par ailleurs pour trouver une solution à long terme, car la peinture sera toujours à recommencer. Il suggère la création d'un organisme à but non lucratif avec des représentants de tous les milieux (gouvernements, CN, citoyens) pour pérenniser le financement et gérer les travaux. 

Celui qui est aussi président du groupe J'ai ma place, qui a vendu des sièges avant même que l'amphithéâtre ne soit construit, évoque un péage pour générer un fonds de roulement. Ce péage pourrait cibler les touristes et les voyageurs occasionnels plus que les travailleurs qui sont forcés de traverser le fleuve Saint-Laurent pour aller travailler, avance-t-il. 

«J'appellerais ça la contribution citoyenne. Les gens de Québec, ils voulaient un amphithéâtre, ils ont accepté d'acheter des sièges. Si la population de Québec a de la fierté, on va trouver une solution à long terme», selon Me Paradis.

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