Chauffeurs «privés», une autre forme de taxi illégal

Quelque 500 chauffeurs de taxis montréalais ont protesté... (Photo La Presse, Patrick Sanfaçon)

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Quelque 500 chauffeurs de taxis montréalais ont protesté la semaine dernière contre l'implantation du système de taxi indépendant Uber à Montréal.

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(Québec) Uber n'est pas seule à passer par Internet pour concurrencer l'industrie du taxi. Des «chauffeurs privés» utilisent les sites de petites annonces pour offrir leurs services. Moyennant rétribution, ils se disent prêts à vous conduire partout.

Alors que les projecteurs sont braqués sur l'entreprise californienne Uber, qui met désormais son application Web et des chauffeurs particuliers à la disposition des gens de Québec, un observateur nous fait remarquer qu'il y a d'autres transporteurs «illégaux» en ville.

Une petite recherche sur le site de petites annonces Kijiji permet d'identifier rapidement des contrevenants à la Loi sur les transports et la Loi concernant les services de transport par taxi, qui obligent tous les conducteurs faisant du transport rémunéré de personnes à posséder un permis. Celui-ci coûte autour de 200000 $ et s'accompagne d'obligations (vérification des antécédents criminels, formations, vérifications mécaniques, etc.).

Seulement dans les 10 derniers jours, six «chauffeurs privés» se sont affichés sur Kijiji, où il y en avait déjà une bonne liste. Il y en a quelques-uns aussi sur le site lespac. Tous sont actifs dans la région de Québec. Certains sont disponibles en tout temps, d'autres le soir et les fins de semaine seulement. L'un précise qu'il veut ainsi payer ses études. Un autre souligne qu'il est «père de cinq enfants» et donc «de confiance».

Nous en avons contacté quelques-uns. Le premier à rappeler, quelques heures après l'envoi d'un courriel, a commencé par s'enquérir de notre besoin : ponctuel ou périodique? Il n'a pas voulu avancer de tarif avant de savoir à qui il avait affaire. Quand notre statut de journaliste a été dévoilé, l'homme a affirmé qu'il travaillait avec un ami chauffeur de taxi et que lui-même n'était «pas commercial». Il a même fini par dire qu'il conduisait gratuitement des personnes âgées ayant besoin de se rendre à l'hôpital.

Boucler les fins de mois

Nous avons aussi joint un couple qui dit transporter des gens pour «se faire un petit peu d'argent pour les fins de mois». Pour une course fictive du quartier Saint-Roch jusqu'à Sainte-Foy, la dame a proposé un prix de 30 $. «Si vous trouvez ça trop cher, on va mettre ça moins cher, c'est pas si loin», a-t-elle ajouté devant notre hésitation. Interrogée à savoir s'il fallait un permis, notre interlocutrice a répondu que non. «On fait ça comme ça, pas souvent, de temps en temps», a-t-elle justifié.

Interrogé sur le phénomène, Éric Santerre, porte-parole de Contrôle routier Québec, a répondu que les contrôleurs routiers connaissent et consultent ces sites et que leurs recherches peuvent «mener à des interceptions». «Juste par le libellé, on voit bien que ce n'est pas du covoiturage», a-t-il insisté à la lecture des annonces. «Tu deviens une forme de taxi illégal.»

Depuis que Contrôle routier Québec a procédé à la saisie des véhicules de deux chauffeurs d'UberX, M. Santerre espère qu'il y ait «peut-être des gens plus gênés de s'afficher».

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