C'est la rue qui fait le marcheur

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Les quartiers centraux et le Vieux-Québec présentent des taux de marcheurs beaucoup plus élevés que la moyenne, selon l'étude réalisée par l'Institut national de santé publique du Québec.

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(Québec) Quand un quartier est favorable à la marche, les gens de Québec marchent.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié cette semaine une étude intitulée «Potentiel piétonnier et utilisation des modes de transport actif pour aller au travail au Québec : état des lieux et perspectives d'intervention».

Pour la première fois, le potentiel piétonnier du Québec a été évalué région par région, ville par ville, quartier par quartier. Des critères comme la densité démographique, la mixité des usages et la connectivité du réseau routier ont été utilisés afin d'établir ce potentiel. Les chercheurs ont ensuite pigé dans les résultats du formulaire long du recensement de 2006 pour connaître le mode de transport utilisé habituellement pour aller au travail. Les données ont été croisées.

Sans surprise, les chercheurs ont fait la preuve que les régions métropolitaines avaient un potentiel piétonnier plus fort et, du coup, recensaient davantage de marcheurs, de cyclistes et d'usagers du transport en commun.

Noyaux villageois

L'étude démontre aussi que les noyaux villageois d'hier et d'aujourd'hui peuvent être propices aux transports actifs. Certains de ces noyaux ont été rattrapés par la banlieue, mais ont conservé leurs fonctions économiques et leurs lieux de rassemblement. D'autres sont des coeurs de villes ou de villages, bien densifiés, même dans des régions très éloignées.

C'est ainsi que le Nunavik, les Terres-Cries-de-la-Baie-James, le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscamingue présentent les plus fortes proportions de personnes de 15 ans et plus utilisant la marche pour aller au travail. Ces régions surclassent Montréal (8,1 %) et la Capitale-Nationale (7,9 %). La moyenne provinciale est de 6,6 %.

Éric Robitaille, auteur principal de l'étude, croit que cela reflète bien la réalité sur le terrain. «Dans les petites communautés, les services sont à proximité», fait-il remarquer.

Celui-ci ajoute qu'à l'échelle d'une région, les disparités peuvent être grandes. Ainsi, dans la région de Québec, les quartiers centraux (Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, Limoilou) et le Vieux-Québec présentent des taux de marcheurs beaucoup plus élevés que la moyenne, jusqu'à 40 % dans plusieurs de ces cas. Le vélo et le transport en commun sont également plus utilisés.

En s'éloignant du centre, il y a tout de même des poches intéressantes, comme le secteur Vieux-Moulin à Beauport, le coeur de Loretteville et celui de Saint-Émile.

Sur la Rive-Sud, il faut regarder du côté du Vieux-Lévis, de Lauzon, de Saint-Romuald et de Charny, qui ont un potentiel piétonnier élevé.

Ces résultats détaillés nous ont été livrés verbalement et confirmés par des cartes interactives, car ils seront publiés ultérieurement.

M. Robitaille espère que l'analyse fine de l'INSPQ aidera les décideurs politiques à renforcer le potentiel piétonnier des quartiers prometteurs. Cela peut passer par une plus grande densité et une plus grande mixité des usages, une meilleure offre de transport en commun, une réduction de la vitesse automobile et la construction de trottoirs et de pistes cyclables, énumère l'étude.

L'objectif de l'INSPQ est de renforcer la santé des Québécois en les faisant bouger davantage. M. Robitaille croit que les élus devraient être sensibles à l'argument, nombreux qu'ils sont à faire la promotion d'un aménagement urbain plus serré pour réduire la congestion, stimuler l'économie et ménager l'environnement. «Si les gens sont en santé dans une ville et qu'ils sont heureux, ça peut être influencé par la qualité de vie du voisinage, la possibilité de marcher et de faire du vélo», leur suggère le chercheur.

Pour Étienne Grandmont, directeur général d'Accès transports viables, «ça vient valider que la forte dépendance à l'automobile est néfaste pour la santé» et que l'adoption des transports collectifs et actifs n'est pas un choix strictement individuel, mais le résultat d'un aménagement judicieux de l'espace urbain.

M. Grandmont s'inquiète de voir la liste des projets favorables à l'automobile s'allonger à Québec et à Lévis et espère que les autres modes de transport seront reconnus à leur juste valeur prochainement. Il fait remarquer qu'il est facile de faire bonne figure dans un palmarès québécois et croit qu'il serait beaucoup plus difficile de s'illustrer dans une comparaison internationale avec des villes de taille comparable.

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