Uber prend Québec d'assaut

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Uber, qui concurrence l'industrie du taxi avec une application Web mettant en relation des chauffeurs et des «covoitureurs», débarque à Québec jeudi dès 10h.

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(Québec) Ça y est. L'entreprise californienne Uber, qui concurrence l'industrie du taxi avec une application Web mettant en relation des chauffeurs et des «covoitureurs», débarque à Québec. Dès 10h jeudi matin, les citoyens de la capitale pourront essayer la formule aussi controversée que populaire.

Le directeur général de Uber pour la province de Québec, Jean-Nicolas Guillemette, était de passage à Québec, mercredi, pour confirmer ce que plusieurs suspectaient déjà : son organisation prend la capitale d'assaut. À partir de 10h, des véhicules seront disponibles pour offrir le service UberX, présenté comme du «covoiturage citoyen». 

Cela fait un mois environ que le recrutement des chauffeurs a commencé sur Internet. M. Guillemette affirme que «plusieurs centaines» d'intéressés se sont manifestés dans la région de Québec. Certains ont déjà passé les contrôles imposés (vérification des antécédents judiciaires et du dossier de conduite), soumis leur véhicule à l'inspection mécanique et reçu la courte formation d'usage. Ils sont donc prêts à entrer en action pour arrondir leurs fins de mois ou rencontrer des gens, deux motivations souvent invoquées par ces nouveaux «travailleurs autonomes». 

Après l'avoir étudié pendant des mois, le patron provincial d'Uber conclut que le marché de Québec est intéressant. Il ne se présente pas en concurrent du taxi, mais en missionnaire dont l'objectif est de diminuer le nombre de véhicules sur les routes. Cela exposé, M. Guillemette se dit conscient qu'il est difficile de rompre avec l'automobile à Québec. Mais il pense que son offre pourrait convaincre des ménages de se départir de leur deuxième voiture. 

Les arguments financiers ont une bonne place dans son argumentaire. «Faire changer une habitude aussi importante que conduire son véhicule tous les jours pour aller au travail, s'il n'y a pas un aspect économique qui est relié à ça, c'est pratiquement impossible. Donc, il faut que ça vaille la peine dans mon portefeuille à la fin de la semaine», lance-t-il. 

«Économie de 30 %»

Uber chiffre à 30 % l'économie moyenne par rapport au taxi. Dans certaines villes, dont Mont­réal depuis peu, la différence est même de 45 %. «La raison pourquoi on est prêt à être agressif sur le prix, c'est que si on réussit à offrir une course moins chère, il y a plus de gens qui vont l'utiliser», justifie M. Guillemette. 

Uber offre ses services dans plus de 280 villes à travers le monde actuellement. Québec est «probablement» la 286e, mais personne d'Uber ne pouvait le garantir mercredi, puisque des marchés s'ajoutent pratiquement tous les jours. 

À Montréal, où Uber fait des vagues depuis l'automne 2013, le modèle a été dénoncé par les chauffeurs de taxi, le maire Denis Coderre et le ministre responsable de la région de Montréal, Robert Poëti, qui s'avère être aussi ministre des Transports. 

Les politiciens montréalais ont promis de barrer la route à Uber en utilisant et en renforçant la Loi concernant les services de transport par taxi, qui impose des permis coûteux et une série de règles à respecter avant de transporter des clients. Dans ce contexte, le nouveau venu est taxé de concurrence déloyale, voire de transport illégal. 

Au début du mois, deux voitures d'UberX ont d'ailleurs été saisies par le Bureau du taxi de Montréal, responsable de l'application de la loi. Ce pouvoir revient aux contrôleurs routiers sur le reste du territoire québécois. Théoriquement, les chauffeurs d'Uber à Québec pourraient donc perdre leur voiture s'ils sont interceptés. 

Ce scénario est toutefois considéré comme peu probable par M. Guillemette. Les volontaires sont-ils tout de même avertis du risque? «Ce qu'on leur dit : vous êtes dans votre droit d'effectuer et nous, on est là pour vous supporter», répond le dirigeant. La compagnie s'engage ainsi à soutenir «financièrement et moralement» ceux qui seraient punis. 

L'entreprise plaide par ailleurs pour une réglementation spécifique à cette industrie naissante, comme cela s'est vu ailleurs dans le monde. Ses représentants ont rencontré le ministre des Transports pour en discuter. Ils ont aussi parlé avec le maire Régis Labeaume en octobre - son homologue montréalais Denis Coderre a refusé tout face-à-face - et disent s'attendre à «une bonne réaction» de sa part.

Comment ça fonctionne?

Le succès d'Uber repose sur une plate-forme mobile sophistiquée, qui paire des personnes à la recherche d'un transport avec des chauffeurs conduisant leur propre voiture.

L'application permet de localiser, à partir d'un téléphone intelligent, le véhicule disponible le plus proche, de le réserver et de connaître le temps d'attente.

Le nom et la photo du conducteur d'UberX sont communiqués, tout comme la marque de l'auto, pour faciliter la reconnaissance. Une fois à bord et la destination enregistrée, il est possible de suivre le parcours suggéré par le GPS intégré ainsi que l'heure d'arrivée prévue. Un système de rétroaction avec étoiles permet de noter tant le conducteur que le passager. Le paiement se fait automatiquement par carte de crédit et un reçu détaillé est envoyé par courriel.

Le chauffeur reçoit 80 % de la somme tandis qu'Uber conserve 20 % pour couvrir les frais de gestion. Le prix est calculé en fonction d'un tarif de base, d'un taux au kilomètre et d'un taux à la minute, comme le taxi. À Québec, Uber promet une économie de 30 % par rapport à une course conventionnelle en taxi.

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