Poëti pour le recours aux puces électroniques dans les voitures

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(Québec) Le ministre des Transports, Robert Poëti, approuve le recours à la technologie pour améliorer le bilan routier du Québec. Il avance l'idée d'un partenariat entre la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) et les compagnies d'assurances privées pour l'installation de puces électroniques dans les véhicules et la gestion des données qui en résultent.

Le ministre a insisté hier sur le caractère volontaire du projet pilote que la SAAQ compte lancer en 2016. Comme le révélait Le Soleil, la société d'État veut tester les possibilités de la télématique. Les conducteurs intéressés pourront se munir d'un module GPS qui consignera et transmettra des informations sur leurs habitudes de conduite: nombre de kilomètres parcourus, excès de vitesse, freinages et accélérations brusques. Les primes pourraient être ajustées à la baisse pour ceux qui ont une conduite exemplaire.

«C'est une excellente chose en prévention et aussi ça permet aux gens d'économiser sur leurs primes d'assurances», a réagi M. Poëti, en marge du lancement de la 27e campagne de sécurité en transport scolaire.

Quant à savoir si les délinquants récalcitrants pourraient éventuellement être obligés de se doter d'un mouchard électronique, l'ancien policier ne s'est pas prononcé, mais a fait un parallèle avec les antidémarreurs éthylométriques imposés aux conducteurs reconnus coupables de conduite en état d'ébriété. «Je ne ferme pas la porte, mais actuellement, c'est sur une base volontaire», a-t-il conclu.

Le ministre libéral a aussi évoqué un partenariat avec le secteur privé pour l'installation des modules et la gestion des données. «Quand vous êtes dans une entreprise qui est sérieuse [...], il y a déjà un bulletin, il y a déjà toute la technologie qui existe. Je ne crois pas qu'on doit, nous, commencer à dépenser de l'argent additionnel» pour dupliquer un travail qui se fait déjà, a fait valoir M. Poëti.

À partir des informations recueillies par un même système, le volontaire verrait donc sa prime d'assurances pour les blessures corporelles modulée par la SAAQ, tout comme sa facture pour dommages matériels varie déjà au privé.

L'Industrielle-Alliance et Desjardins Assurances, les deux assureurs québécois qui offrent déjà des programmes faisant appel à la télématique, ont confirmé lundi au Soleil qu'ils étaient ouverts à la discussion.

Suzanne Marchand, vice-présidente support et gouvernance à L'Industrielle-Alliance, croit qu'il pourrait y avoir des économies en fin de compte. Des ajustements seraient toutefois nécessaires aux lois qui protègent les renseignements personnels, qui ne sont pas tout à fait les mêmes pour les entreprises publiques et privées.

Desjardins Assurances fait d'ailleurs ressortir le soin apporté à la rédaction de sa clause de confidentialité. Celle-ci stipule que les renseignements recueillis ne peuvent être utilisés à l'extérieur du programme Ajusto, par exemple pour résilier une police ou refuser une réclamation. Denis Côté, vice-président gestion de l'offre, parle d'une nécessaire «transparence».

Paul-André Savoie est fondateur et président de Baseline Telematics, l'entreprise québécoise qui fournit des solutions télématiques à L'Industrielle-Alliance et au régime public de la Saskatchewan, entre autres. L'homme d'affaires croit qu'il serait facile d'arrimer les différents programmes sur le marché québécois, où entre 50 000 et 100 000 conducteurs sont déjà suivis selon ses estimations.

«La SAAQ pourrait statuer sur un minimum d'informations standards [...], obtenir les données brutes et appliquer ensuite ses propres critères», dit-il. Ou encore mandater un sous-traitant pour réaliser un premier traitement. Car outre l'acceptabilité sociale, M. Savoie constate que le grand défi des assureurs est de gérer l'énorme masse de données générées par les systèmes.

Souvent, Baseline Telematics effectue ce travail sans connaître l'identité du conducteur, puis remet un bilan à l'assureur, qui va réconcilier ce portrait avec le dossier du client. Chaque partenaire a donc seulement une partie des données en sa possession. «Les deux fils ne se touchent pas», illustre M. Savoie.

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