Québec en lice pour un centre de prédédouanement américain

Les gestionnaires de l'aéroport de Québec sont convaincus... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les gestionnaires de l'aéroport de Québec sont convaincus qu'un centre de prédédouanement permettrait de multiplier le nombre de vols en attirant de nouveaux transporteurs, surtout américains, et en fidélisant ceux qui sont déjà là.

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(Québec) En 2015, les États-Unis lancent une nouvelle ronde de négociations pour ajouter des centres de prédédouanement dans des aéroports étrangers. Québec, qui en rêve depuis très longtemps, est sur la ligne de départ.

Présentement, les États-Unis comptent sur 15 aires de prédédouanement dans six pays. Au Canada, neuf aéroports en sont dotés. Il s'agit de Toronto, Montréal, Vancouver, Ottawa, Calgary, Edmonton, Victoria, Winnipeg et Halifax. Dans ce dernier cas, le centre a été accordé en signe de reconnaissance pour l'aide apportée après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Halifax avait accueilli les avions détournés lors de la fermeture de l'espace aérien.

Alors qu'à l'heure actuelle, 18 % des voyageurs arrivant aux États-Unis sont déjà passés par les douanes, le gouvernement américain voudrait hausser cette proportion à 33 % d'ici 2024. Cela dans un contexte où le trafic aérien est appelé à augmenter.

Les aéroports désirant accueillir un centre de prédédouanement avaient jusqu'au 30 novembre pour envoyer une lettre d'intention, peut-on lire dans le guide élaboré par les autorités douanières américaines. Aéroport de Québec inc., la société privée qui gère l'aéroport international Jean-Lesage, a présenté sa candidature. Mathieu Claise, directeur des communications, l'a confirmée au Soleil.

Selon la procédure établie, des experts américains doivent ensuite visiter les sites soumis pour déterminer lesquels sont les plus prometteurs et classer les dossiers par ordre de priorité. Même si l'échéancier apparaît serré, l'objectif était de lancer les négociations ce mois-ci. Les unités de prédédouanement se mettront en branle à l'intérieur de 24 à 36 mois dans les aéroports qui seront ultimement sélectionnés.

En date de la semaine dernière, l'aéroport de Québec n'a pas été contacté par les autorités américaines. Mais M. Claise ne montre aucun signe d'inquiétude ou d'impatience. «Dans ce dossier-là, on ne veut rien brusquer», dit-il.

Priorité depuis 10 ans

Cela fait plus de 10 ans que les gestionnaires de l'aéroport de Québec identifient le prédédouanement comme une priorité, convaincus que l'infrastructure permettrait de multiplier le nombre de vols en attirant de nouveaux transporteurs, surtout américains, et en fidélisant ceux qui sont déjà là.

Actuellement, Delta, US Airways et United font des affaires à partir de Québec. Les deux derniers ont diminué la cadence de leurs vols cet hiver. Les plaques tournantes de Chicago et Philadelphie ne sont plus desservies temporairement.

En 2014, exactement 274 050 passagers ont été comptabilisés à l'aller ou au retour des États-Unis. Même si une baisse de 5 % de l'achalandage a été constatée, c'est plus de trois fois le trafic d'il y a cinq ans. Selon le directeur des communications de l'aéroport, c'est la tendance qui importe.

S'il y a des avantages commerciaux à faire le prédédouanement, il y a aussi une facture associée et elle est récurrente. Les opérations doivent en effet être concentrées dans un secteur isolé de l'aéroport, sans contact possible avec les bagages et les passagers se dirigeant vers d'autres destinations. Il faut donc des équipements de sécurité et un système de traitement des bagages particuliers, des salles d'attente, des restaurants à part.

Selon M. Claise, cela peut se faire à Québec sans ajouter de bâtiment. «On parle plus d'un aménagement que d'une construction», assure-t-il.

Coûts à quantifier

Le pays hôte doit également assumer les salaires, les dépenses et les coûts de relocalisation des employés des douanes américaines qui travaillent au centre de prédédouanement. Cette dépense est difficile à quantifier puisque c'est le gouvernement américain, seul maître à bord, qui détermine l'effectif en fonction du marché.

Si l'aéroport de Québec refuse aujourd'hui de quantifier l'effort, le président et chef de la direction, Gaëtan Gagné, parlait en 2008 d'un investissement de 30 millions $. Il avait alors sollicité les gouvernements pour un appui politique et financier. L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest, avait inscrit le projet dans son programme électoral.

Avec Gilbert Leduc

***

Gagner du temps et de la sécurité

Dans un centre de prédédouanement, les voyageurs en direction des États-Unis ou qui y font escale passent les douanes américaines avant l'embarquement, ce qui réduit l'attente à l'arrivée ou entre deux vols. Les services d'immigration et d'inspection des bagages, incluant le contrôle des denrées agricoles, sont assurés par des douaniers américains dans une section à part de l'aéroport de départ. Si l'intérêt des voyageurs est mis de l'avant - l'objectif est d'éliminer les files d'attente -, les Américains ne cachent pas que c'est aussi une façon d'identifier les menaces terroristes en amont. 

***

Achalandage en hausse, sauf vers les États-Unis

L'achalandage continue d'augmenter à l'aéroport de Québec, mais le trafic vers les États-Unis connaît un petit revers. Pour l'année 2014, Aéroport de Québec inc. rapporte une hausse globale de 7,6 % du nombre de passagers passant par l'aérogare. Il y a toutefois des disparités selon les destinations. Alors que le trafic domestique a bondi de 15,4 % sur 12 mois, celui vers les États-Unis a fondu de 5 %. C'est un contraste avec les années précédentes, qui faisaient état d'une croissance continue, même supérieure à la moyenne vers notre voisin du sud. À l'échelle internationale, l'achalandage a augmenté de 1,5 % en 2014. L'agrandissement du terminal qui s'amorcera au printemps doit permettre de réaménager le secteur des arrivées internationales. La direction espère que cela permettra d'augmenter le nombre de vols directs vers l'étranger.

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