Le quai multiusager du Port de Sept-Îles, future plaque tournante du Québec

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La construction du quai multiusager est terminée à Sept-Îles. Ne reste qu'à installer les équipements de chargement pour une mise en service en juin 2015.

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) La débâcle du marché du fer n'inquiète pas outre mesure le Port de Sept-Îles qui mise, en 2015, sur l'entrée en service de son tout nouveau quai multiusager pour sauver la donne. Construit au coût de 220 millions $, dont le quart provient d'Ottawa, l'imposante infrastructure de classe mondiale pourrait bien devenir la clé de voûte du déploiement du Plan Nord.

Seule ombre au tableau, les grandes minières qui ont payé la moitié de la facture n'y ont toujours aucune garantie d'accès. Portrait de la future plaque tournante du Québec.

AVANTAGES

• La plus grande capacité en Amérique du Nord

Avec ses dimensions «démesurées», le quai multiusager deviendra le terminal maritime avec la plus grande capacité de chargement en Amérique du Nord. Avec une profondeur de 22 mètres, les super-minéraliers de la génération des Chinamax (capacité de 400 000 tonnes) ne pourront qu'accoster à Sept-Îles, en eaux nord-américaines. Une dizaine de ports seulement peuvent accueillir ces géants des mers à travers la planète.

Le futur quai sera d'ailleurs muni de deux gros chargeurs à navire, qui pourront charger jusqu'à 10 000 tonnes de minerai à l'heure à capacité maximale. «On pourra rivaliser avec n'importe quel port au monde, assure le président-directeur général du Port de Sept-Îles, Pierre D. Gagnon. C'est une infrastructure d'avant-garde.»

• Économie de 40 % sur le transport

En pouvant charger de plus grosses quantités et plus rapidement, les minières qui utiliseront le nouveau quai pourront sauver jusqu'à 40 % sur leur coût de transport, affirme M. Gagnon. «Ça équivaut à une économie de 10 $ sur la tonne de fer, ajoute-t-il. Ce sont des frais de transport qui se rapprochent de nos compétiteurs du Brésil ou de l'Australie.»

Cet avantage concurrentiel tombe à point alors que le marché du fer se trouve toujours dans un cycle baissier. «On peut s'estimer heureux d'avoir pu se positionner en construisant cette infrastructure qui permettra aux usagers d'être compétitifs», soutient le pdg. En combinant la qualité enviable du minerai de fer de la fosse du Labrador, les joueurs miniers sauront tirer leur épingle du jeu, estime M. Gagnon avec optimisme.

• Modèle de financement unique

Si le Port de Sept-Îles a pu mettre de l'avant la construction de son nouveau quai de 220 millions $, c'est qu'il est parvenu à attacher un financement public-privé, une première dans l'industrie maritime canadienne. Cinq sociétés qui lorgnent l'exploitation de projets miniers dans le Nord-du-Québec ont allongé 110 millions $ pour expédier leur production via les installations portuaires de Pointe-Noire.

Le Port et Ottawa ont complété le montage financier en partageant la moitié de la facture à parts égales. «C'est un modèle qui sert d'exemple et qui risque d'en inspirer d'autres», affirme Pierre D. Gagnon, citant notamment la direction prise par Québec pour financer un troisième lien ferroviaire reliant Sept-Îles à la fosse du Labrador.

ENJEUX

• Toujours pas d'accès

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les cinq minières qui ont participé au projet n'ont toujours aucune garantie d'accéder au quai. Le coeur du problème réside dans l'utilisation d'une portion de chemin de fer appartenant à Cliffs Natural Resources et dont les usagers ont besoin pour atteindre le port. Construite en 2010, cette partie de la voie ferrée n'a jamais été désignée common carrier comme l'est le reste du tronçon Arnaud.

Ni le Port, ni les sociétés n'ont été capables de s'entendre avec la minière américaine. La situation est à ce point préoccupante que Québec et Ottawa se sont immiscés dans l'affaire pour dénouer l'impasse. La ministre fédérale des Transports a récemment usé de ses pouvoirs pour mandater l'Office des Transports du Canada afin de «clarifier les responsabilités en ce qui a trait aux voies ferrées de ce secteur». 

Une mise à jour des services ferroviaires sur la Pointe-Noire est nécessaire, affirme le Port, surtout dans le contexte où Cliffs a annoncé son retrait de l'Est-du-Canada. L'arrivée éventuelle d'un nouvel acquéreur ne peut que signifier «un renouveau», ajoute M. Gagnon, qui n'est pas inquiet pour la suite. L'Office des transports doit émettre ses recommandations incessamment. 

• Un an de retard sur l'échéancier

Le Port de Sept-Îles vise juin 2015 pour l'entrée en fonction de son quai multiusager. C'est un an de retard sur l'échéancier initial. L'hiver 2014 rigoureux, des délais de fabrication des chargeurs en Chine et le ralentissement des marchés ne sont pas étrangers au décalage des opérations. Malgré ces aléas, le Port confirme que le quai sera livré dans le respect des budgets. Les travaux de construction ont été terminés cet automne.

Contrecoups de l'industrie du fer

Malgré l'optimisme de la direction, la santé fragile de l'industrie du fer n'a pas épargné le Port de Sept-Îles qui a enregistré en 2014 la première baisse de son volume d'activité depuis cinq ans. Le tonnage manutentionné s'est placé sous la barre des 24 millions de tonnes (23,8), une chute de 14 % par rapport aux 27,7 millions de tonnes de 2013.

La fermeture définitive de la mine Scully de Cliffs Natural Resources et la suspension des activités de Labrador Iron Mines expliquent la diminution du nombre de tonnes de fer expédiées l'an dernier. Les effets de l'arrêt de la mine du lac Bloom ne se feront sentir qu'en 2015 alors que la dernière production a pris le chemin de la Chine en janvier. Le Port se dit confiant que Cliffs trouvera un repreneur pour ses installations, ce qui lui permet de prévoir des volumes similaires pour l'année prochaine. L'augmentation anticipée de la production de Tata Steel Minerals Canada pourrait aussi compenser pour le ralentissement.

Mégachargeur à navires... (Photo fournie par le Port de Sept-Îles) - image 3.0

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Mégachargeur à navires

Photo fournie par le Port de Sept-Îles

Dans l'oeil de Discovery Channel

Le voyage pour le moins inusité des mégachargeurs à navire de la Chine vers Sept-Îles a piqué la curiosité de l'équipe de l'émission Mighty Ships de Discovery Channel, qui s'intéresse au transport maritime hors normes.

Les deux équipements de chargement, qui pèsent ensemble plus de 2400 tonnes, ont été installés sur le Happy Sky. Le navire est attendu dans la baie au début de février.

Le déchargement durera deux semaines!

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