Bye bye Écolobus!

Les petits écolobus seront remplacés par des autobus... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les petits écolobus seront remplacés par des autobus standards au diesel dès samedi.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Ils étaient la «saveur du jour». Ils sont devenus des citrons. Les Écolobus ont certes amélioré la qualité de vie des résidents du Vieux-Québec, mais leurs ennuis mécaniques les ont relégués au rang de pestiférés du système de transport public de la capitale.

Les minibus électriques ont fait leur dernier tour de piste, vendredi. À partir de ce matin, ils sont remplacés par des autobus standards au diesel en attendant l'arrivée de midibus hybrides en 2016.

Ce remisage précipité - ils devaient être usés «à la corde» et rouler au moins jusqu'en 2016 - permettra au Réseau de transport de la Capitale (RTC) de récupérer 1 million $ dans l'année.

Ce sont vraiment les arguments économiques qui ont sonné le glas de ce moyen de transport somme toute sympathique, a insisté vendredi Rémy Normand, président du RTC. «Il doit y avoir des gens qui sont un peu nostalgiques. C'est sûr qu'on aimait bien le petit véhicule. Il était jojo. Il passait bien dans les rues patrimoniales du Vieux-Québec. Mais ce sont des raisons budgétaires qui nous ont amenés là.»

Achetés en 2007 pour 400 000 $ chacun, les Écolobus sont entrés en fonction en juin 2008, à temps pour les grandes festivités du 400e anniversaire de Québec. C'est le maire Régis Labeaume qui a coupé le ruban, mais c'est Jean-Paul L'Allier qui a imaginé et monté le projet, tandis qu'Andrée Boucher a signé le chèque au fabricant italien Tecnobus.

Au départ, la Ville de Québec devait injecter 5,7 millions $ dans le projet pilote et le RTC, 325 000 $. Les gouvernements fédéral et provincial ont aussi investi 6,2 millions $ pour faire de Québec une vitrine technologique : c'était la première fois que ce genre de véhicule roulait en Amérique du Nord.

L'Écolobus paraissait parfait : sans bruit, sans odeur, il coûtait seulement 3,25 $ d'électricité par «plein». Mais les problèmes mécaniques n'ont pas tardé à se manifester. Dès le premier hiver, les batteries se vidaient trop rapidement et les rotors du moteur s'usaient prématurément. Le froid et les nombreuses côtes ont été montrés du doigt.

Il en fallait plus pour refroidir les élus. Durant la campagne électorale de 2009, le maire Labeaume promettait d'étendre le service. Après les élections, son administration débloquait d'ailleurs des sommes pour construire un nouveau garage. Le projet ne s'est jamais réalisé. Vendredi, les Écolobus sont rentrés pour une dernière fois dans le garage loué dans le petit parc industriel du Vieux-Limoilou.

Résolument moins fiables que les autobus réguliers, les minibus électriques ont heurté un mur en 2011. À deux reprises cet été-là, des batteries surchauffent et prennent feu. Les radios privées en font leurs choux gras. Le RTC retire préventivement tous les Écolobus de la route, le temps de faire la lumière sur les causes.

Il faudra 11 mois pour qu'un comité d'experts conclue à un problème de piles et de côtes. Deux cent mille dollars sont investis dans des batteries améliorées. Le parcours est revu et surtout aplani. Les problèmes s'estompent, mais les médias demeurent attentifs à tous les petits ennuis mécaniques. Le maire Labeaume renie le produit et s'engage à ne plus en acheter.

A posteriori, M. Normand pense toujours que l'idée d'une navette particulière pour desservir le quartier sensible du Vieux-Québec - où le bruit des bus et les vapeurs d'essence irritaient les citoyens - était bonne. La clientèle locale et touristique a d'ailleurs embarqué dans le projet. L'Écolobus transportait en moyenne 850 personnes par jour, soit plus de 300 000 par année. «Sur le fond, c'est un succès», dit-il.

Coûts d'entretien faramineux

Le véhicule, par contre, a déçu. Même s'il ne coûtait pas cher d'énergie, les coûts d'entretien au kilomètre étaient rendus six fois plus élevés que ceux d'un bus ordinaire au diesel. «Ce n'était peut-être pas le plus adapté à notre réalité de côtes et de climat», résume l'actuel président du RTC, qui n'a rien à voir avec ce choix fait bien avant son entrée en politique. À l'avenir, il compte se tourner «vers des solutions qui sont plus éprouvées».

Des recherches et même des visites d'usines ont déjà été faites en vue de l'achat de midibus hybrides. Il est prévu d'acheter 22 de ces véhicules légèrement plus longs en 2016, puis une dizaine d'autres en 2017. Le service sera étendu à tous les quartiers centraux et même à certaines banlieues. Un budget de 30 millions $ est déjà réservé.

Le maire Régis Labeaume, lui, ne pleurera pas les Écolobus. «J'ai un deuil d'au moins une heure à faire. C'est vendredi à soir. On va ouvrir une petite bouteille de rouge là-dessus», a-t-il déclaré aux journalistes vendredi.

Avec Stéphanie Martin

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