Train léger de Charlevoix: entre fleuve et falaises

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(Baie-Saint-Paul) Il «roule sur le plat» à basse vitesse. Il file plutôt silencieusement, car il n'a pas de locomotive. Il relie entre elles quelques municipalités le long du fleuve, ce qui en fait «un outil de développement incroyable pour la région». Le train léger de Charlevoix, c'est plus qu'un moyen de transport.

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Frédéric Garand, directeur général de Réseau Charlevoix, est lui-même originaire de Baie-Saint-Paul : «La Ferme, c'était mon terrain de jeux quand j'étais enfant.» 

Le Soleil, Patrice Laroche

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Les passagers du train jouissent de paysages magnifiques, même sous un ciel nuageux.

Le Soleil, Patrice Laroche

Frédéric Garand est directeur général de Réseau Charlevoix depuis deux ans. À ce titre, il est responsable de la gare de Baie-Saint-Paul et du train léger, autrefois connu sous le nom de navette ferroviaire.

À la mi-décembre, ce quarantenaire dynamique a rassemblé quelques représentants du milieu touristique charlevoisien, afin de leur faire «vivre l'expérience» de ce train léger de confection allemande datant des années 80. Le Soleil était à bord.

«C'est un autobus sur rails», a-t-il expliqué pendant l'aller-retour de 45 minutes entre Baie-Saint-Paul et la gare du Massif.

«L'expérience» est spéciale à plusieurs égards. Entre fleuve et falaise, les passagers jouissent de paysages et de points de vue invisibles de l'autoroute. À bord, on se sent privilégiés de pouvoir se délecter de cette nature changeante si belle.

Ce train est composé de deux voitures, l'une qui tire à l'aller, l'autre qui suit, et vice versa au retour. L'absence de locomotive rend la balade beaucoup plus silencieuse.

Les deux wagons «entièrement reconditionnés» offrent un confort sans luxe, mais honnête. Cet été, Réseau Charlevoix a obtenu un permis d'alcool, qui enrichit le service de café, de thé et de «grignotines». Au retour d'une journée de ski, on a toujours soif, non?

Vertus écoresponsables

Cet «autobus sur rails» est énergétiquement économique, assure Frédéric Garand. Il consomme environ 100 $ de diesel par jour en été, et 300 $ en hiver, chauffage compris. Léger, roulant «sur son erre d'aller» à 50 km/h et répondant aux critères du transport collectif, il a des vertus écoresponsables indéniables.

Le train léger de Charlevoix est en service pour un deuxième hiver entre Baie-Saint-Paul, Petite-Rivière-Saint-François et la station de ski Le Massif. Il effectue cinq allers-retours par jour au coût de 20 $, montant qui comprend l'accès à la gondole menant au bas de la montagne.

L'an dernier, 4000 personnes l'ont utilisé, dans un contexte de menace de grève au Massif qui a eu des effets négatifs sur les réservations. Frédéric Garand a un objectif de 7000 passagers pour cet hiver.

Cet été, le train a desservi l'est de Charlevoix et filé jusqu'à La Malbaie, en passant par Les Éboulements et Saint-Irénée. Quelque 8000 passages ont été enregistrés.

«Le train a mis ces municipalités en valeur», fait observer Frédéric Garand. À Baie-Saint-Paul et à La Malbaie, des autocars avec guide ont pris les touristes en charge et leur ont fait visiter les environs. Il a constaté que le train léger avait aussi bénéficié d'un «fort achalandage régional». «Ces gens du coin sont des ambassadeurs clés», affirme-t-il.

«On a connu notre plus gros été depuis longtemps», a commenté Nancy Nadeau, employée de l'auberge La Muse, de Baie-Saint-Paul.

Des liens sont en train de se tisser entre les municipalités, se réjouit M. Garand. Il rêve que les gares, les trains et les marchés publics se transforment en «lieux de rencontre». Il se donne quatre ou cinq ans. «On marche à petits pas, mais on va très vite», lance-t-il. Et quand le Club Med s'installera dans sa région, foi de Charlevoisien, son train sera rodé, promet-il.

Un partenariat public-privé

Réseau Charlevoix est un organisme sans but lucratif mis sur pied dans la foulée du projet du Massif de Charlevoix. Il gère le train léger, les gares et la salle de spectacles de l'hôtel La Ferme, à Baie-Saint-Paul. Il profite d'un partenariat public-privé, a expliqué son directeur général, Frédéric Garand. Ainsi, les gouvernements fédéral et provincial financent ses infrastructures et la totalité de ses équipements. Les municipalités de Baie-Saint-Paul et de Petite-Rivière-Saint-François lui offrent des crédits de taxes sur une période de 10 ans. Le Groupe Le Massif, dont il est l'un des partenaires, lui donne des redevances sur les revenus d'hébergement et de ski.

Des retombées pour Petite-Rivière-Saint-François

Le train léger aura des retombées sur la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François, espère le directeur général de Réseau Charlevoix, Frédéric Garand. Il souhaite y développer des visites d'interprétation de toutes sortes sur l'histoire, l'archéologie, l'acériculture. La tubulure à flanc de montagne aurait été inventée ici, mentionne-t-il. Des tours guidés avec dégustation des différents types de sirop d'érable sont en préparation. Frédéric Garand veut aussi faire mieux connaître les sentiers de raquettes qui sillonnent la municipalité et qui sont facilement accessibles grâce au train léger.

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