Société du chemin de fer de la Gaspésie: définir l'avenir du transporteur

Le retrait temporaire de Via Rail en raison... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Le retrait temporaire de Via Rail en raison de questions d'entretien et d'infrastructure en août 2013 prive la Société du chemin de fer de la Gaspésie d'importants revenus.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(New Richmond) Pendant que la Société du chemin de fer de la Gaspésie obtient une protection du tribunal allant au moins jusqu'au 4 février, son président, Éric Dubé, mobilise les utilisateurs du réseau ferroviaire afin qu'ils définissent l'avenir du transporteur.

Cet avenir passe par un plus grand engagement de ces expéditeurs dans les activités courantes et par un rôle atténué pour les maires du secteur compris entre Matapédia et Gaspé, le réseau de 324 kilomètres appartenant à la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG).

«Il faut se rapprocher des besoins des expéditeurs et l'idéal, c'est qu'ils jouent un rôle dans la gestion de la compagnie. Nous [les maires] ne sommes pas des spécialistes en transport ferroviaire. Personnellement, j'aimerais bien rester [au conseil]. J'apprends tous les jours depuis mon arrivée à la présidence [en février]. C'est un monde fascinant. On a fait des erreurs, mais l'économie de la région passe par le développement du rail», dit Éric Dubé.

Les maires ont traditionnellement joué un rôle important dans la SCFG parce que ce sont des initiatives municipales, coordonnées par la Conférence régionale des élus, qui ont mené à l'acquisition de la section Chandler-Gaspé en mars 1997, et à la portion Matapédia-Chandler en juin 2007.

À très court terme, le conseil d'administration de la SCFG doit trouver un expert ferroviaire pour concocter un plan de redressement susceptible d'être accepté par les créanciers. Dans certains cas, un tel plan peut requérir six mois de préparation, mais Éric Dubé aimerait que ce soit plus rapide.

La SCFG s'est placée sous la protection de la cour le 21 novembre, alors qu'un créancier s'apprêtait à saisir les locomotives du transporteur. Dans les jours qui ont suivi, l'évaluation des créances a débouché sur un montant de 3,2 millions $, alors que les montants à recevoir se chiffrent à 1,2 million $.

Achalandage

L'achalandage ferroviaire se situe à près de 2000 wagons par an, un chiffre appelé à augmenter. Depuis août 2013, la suspension des activités de Via Rail en raison de questions d'entretien et d'infrastructure a coupé les revenus. Ce retrait temporaire a aussi été déclenché par l'utilisation d'une solution saline comme défoliant, une décision qui a aussi brouillé les relations entre la SCFG et Transports Québec.

Cette relation ne s'est pas améliorée avec le changement de gouvernement en avril. La SCFG a déposé plusieurs scénarios pour l'amélioration de son infrastructure, notamment les ponts, qui nécessitent l'essentiel des 107 millions $ qu'il faudrait investir d'ici cinq ans pour garantir le bon état du tronçon Matapédia-Gaspé pour le prochain quart de siècle.

Quand la SCFG s'est placée sous la protection du tribunal, Transports Québec ne lui avait toujours pas versé 750 000 $ pour des travaux réalisés en 2013, un montant faisant toujours partie des comptes à recevoir de la firme.

Erreurs avouées

Sans entrer dans les détails, Éric Dubé avoue que la direction de la SCFG a fait des erreurs au cours de la dernière année. Puis, en octobre, la firme a embauché Jacques Côté, un ancien haut dirigeant de CP Rail, mais il a offert sa démission peu après le recours à la protection de la cour, en novembre. Le dg précédent, Olivier Demers, restera une certaine période avec le syndic Lemieux Nolet à des fins de transfert d'information.

Depuis le 21 novembre, deux sommes ont été débloquées pour donner du temps à la SCFG afin qu'elle prépare son plan de restructuration. Investissement Québec a garanti la marge de crédit du transporteur pour 100 000 $ et Transports Québec a débloqué un fonds d'urgence de 60 000 $ afin de payer des frais associés à la sécurité du tronçon, comme la signalisation aux passages à niveau.

«Les trains de marchandises ont continué à circuler malgré nos problèmes financiers. Au début, deux employés sont même entrés au travail sans salaire quelques jours pour que le service continue auprès de nos clients», dit M. Dubé.

Cette situation s'est régularisée peu après. En raison de l'arrêt de production du plus gros client, la scierie Temrex de Nouvelle, durant les Fêtes, la circulation des trains reprendra au début de janvier.

Éric Dubé espère que les principaux clients de la SCFG investiront dans sa version nouvelle, en plus de participer à sa gestion.

«Ça reste à définir, mais il faut vraiment que les entreprises de la Baie des Chaleurs l'utilisent davantage. Je pense qu'une conscientisation est en train de se passer. C'est nécessaire. Les principales entreprises du secteur, Temrex, Raid GD, Fabrication Delta, dépendent toutes du rail actuellement, et pour l'avenir. Il faut aller en chercher d'autres, et ces autres doivent aussi réaliser que c'est dans leur intérêt», dit Éric Dubé.

Il veut ramener Via Rail le plus vite possible, au moins sur la moitié est du tronçon, entre Matapédia et New Carlisle. «C'est là aussi que les réparations aux ponts seront concentrées en premier lieu. On répare l'échelle en commençant par le premier barreau», conclut M. Dubé.

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