Labeaume et Lehouillier enchantés de leur visite du fabricant de bus Van Hool

Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier devant... (Collaboration spéciale Annie Morin)

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Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier devant l'ExquiCity24, un autobus doublement articulé de 24 mètres de long dont le design rappelle volontairement celui d'un tramway.

Collaboration spéciale Annie Morin

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(Belgique) Les maires de Québec et de Lévis sont ressortis enchantés de leur visite de l'usine belge Van Hool, où sont fabriqués des autobus biarticulés offrant plusieurs avantages du tramway pour une fraction du prix. Les élus font bien attention de ne pas afficher publiquement leur préférence, mais ont déjà demandé au ministère des Transports de faciliter les importations.

Régis Labeaume, Gilles Lehouillier ainsi que leurs accompagnateurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC) et de la Société de transport de Lévis (STLévis) avaient l'air de gamins dans un magasin de jouets, mardi, alors qu'ils faisaient le tour de l'entreprise familiale Van Hool, qui compte 4000 employés à Lier, ville néerlandophone à 50 kilomètres de Bruxelles.

Politiciens et hauts fonctionnaires sont embarqués à bord de midibus hybrides, véhicules de taille moyenne à mi-chemin entre le minibus et l'autobus standard, propulsés à l'électricité et au diesel. Ces autobus de neuf mètres - un standard en fait 12 et un articulé, 18 - sont appelés à remplacer les huit Écolobus qui circulent dans le Vieux-Québec.

Les visiteurs ont apprécié la fenestration abondante, le confort des bancs et le faible niveau de bruit. «Ça rehausse vraiment l'expérience client», a fait remarquer le maire de Lévis, qui a longtemps pris l'autobus pour aller travailler sur la colline parlementaire.

Le RTC planche avec AVT, la société de gestion et d'acquisition d'autobus qui dessert les neuf sociétés de transport du Québec, sur un appel d'offres pour 32 midibus. Ceux-ci seront déployés dans les quartiers centraux, idéalement à partir de 2016. Lévis se donne quelques années pour évaluer ses besoins. Les modèles présentés par Van Hool sont vendus près d'un million de dollars l'unité.

«On n'a pas été déçus»

Le clou de la visite a toutefois été l'ExquiCity24, un autobus doublement articulé - 24 mètres de long, deux accordéons, quatre portes - dont le design rappelle volontairement celui d'un tramway.

«On n'a pas été déçus», a lancé Régis Labeaume au terme de l'opération charme menée par la famille Van Hool. «C'est beaucoup plus clair pour nous. Je dirais qu'à partir de maintenant, on va commencer à packager le rapport final» de l'étude de faisabilité du tramway, élargie pour inclure le scénario d'un service rapide par bus dans un corridor réservé au transport en commun, a-t-il ajouté.

Sans dire que son choix se portait sur l'autobus aux airs de tram, le maire de Québec a parlé de son intérêt pour un mode de transport «qui se rapprocherait le plus des attributs du tramway, mais évidemment coûterait moins cher».

Le représentant de Van Hool évoquait mardi un système complet (véhicules et aménagements urbains) pour le tiers du prix. Le directeur général du RTC, Alain Mercier, se montre plus prudent, mais confirme que l'économie est importante. «On va tout le calculer», a-t-il promis.

Le plan est toujours de faire circuler les autobus sur des voies réservées en site propre, donc séparées de la chaussée des automobiles sur le trajet identifié par le maire de Québec, soit des ponts jusqu'au centre-ville en passant par les boulevards Laurier et Charest. Le tout en évitant de retirer «le plus possible» des voies aux automobilistes.

Un tramway nécessiterait, à terme, une quarantaine de rames de 30 mètres de long. Il faudrait donc autant, même un peu plus d'autobus biarticulés pour transporter le même nombre de personnes. Le prix du modèle présenté mardi tourne autour d'un million d'euros, donc presque 1,5 million $.

Avant de partir pour la Belgique, les maires de Québec et de Lévis ont discuté avec le ministre provincial des Transports, Robert Poëti, des ajustements nécessaires pour procéder à l'importation de ces autobus nouveau genre.

Embûches

Première embûche : la longueur maximale des autobus financés par Québec est de 19 mètres, soit l'équivalent des articulés réguliers. Ensuite, il faudrait une dérogation pour échapper à l'obligation faite aux soumissionnaires d'inclure au moins 20 % de contenu canadien dans leurs véhicules. C'est cette clause qui explique la domination de NovaBus, installée à Saint-Eustache, dans les appels d'offres du Québec.

M. Labeaume se doute que l'entreprise et certains défenseurs de l'achat local ne seront pas d'accord, mais il est convaincu que les bus vus mardi sont plus susceptibles d'attirer une nouvelle clientèle parce qu'ils sont beaux et confortables. Le plan de mobilité durable prévoit doubler la part modale du transport en commun d'ici 2030.

Selon Serge Carignan, directeur technique d'AVT, qui est du voyage à Bruxelles, des exceptions sont généralement accordées quand le produit recherché n'est pas fabriqué au pays.

***

LU

«Chahut au conseil communal de Bruxelles.» La presse bruxelloise faisait état mardi d'une séance très mouvementée du conseil communal (l'équivalent de notre conseil municipal), où deux policiers ont été bousculés lundi soir. Entre 200 et 300 citoyens s'étaient rendus à l'hôtel de ville pour protester contre la construction d'un stationnement sous une place publique, en lien avec le projet de réseau piétonnier au centre-ville. Or, la magnifique mais très petite salle du conseil - style salon du XVIIIe siècle avec fresques au plafond et tapisseries sur les murs - ne compte que deux modestes banquettes pour le public. La foule a poussé sur les belles portes de bois pour entrer (sacrilège!) et les policiers ont été blessés. Les maires de Québec et de Lévis n'étaient pas jaloux.

***

VU

Le trafic monstre à Bruxelles. La ville a la réputation d'être la plus embouteillée d'Europe, pire que Londres et Paris. Une réputation acquise par des sondages, mais que les citoyens s'empressent de confirmer en maugréant. Mardi matin, les bulletins de circulation faisaient état de plusieurs trajets populaires allongés de 25 à 45 minutes et pourtant, il n'y avait pas de grève comme la veille. Comme pour effacer tout doute dans notre esprit, un voyage effectué en automobile en après-midi a pris plus du double du temps prévu, soit deux heures plutôt qu'une. Il y a pourtant de quoi se déplacer autrement dans la capitale belge : des trains, quatre lignes de métro et 19 parcours de tramway en plus des autobus. Imaginez sans...

***

ENTENDU

Parler le maire (pardon, le bourgmestre) de Namur, Maxime Prévot, qui est aussi vice-président et ministre influent du nouveau gouvernement wallon. Le jeune politicien, très suivi en Belgique, est venu saluer son ami Régis Labeaume, mardi soir, à la Délégation générale du Québec à Bruxelles. Âgé de 36 ans, M. Prévot affiche une assurance et un charisme hors du commun. Il fallait l'entendre expliquer comment il contrôle 40 % du budget de la Wallonie, la moitié sud et francophone de Belgique. Et pourquoi il a décidé de garder son titre et son influence de maire tout en cédant volontairement ses tâches à une adversaire politique et en remettant son salaire à une oeuvre de charité. «Je cumule les passions, pas la rémunération!» a-t-il lancé, fier de son effet.  

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