Pont de Québec: la bataille de tous les maires

À la Fédération québécoise des municipalités, la directrice... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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À la Fédération québécoise des municipalités, la directrice générale adjointe Colette Martin dit que le maire Lehouillier aura sûrement une bonne écoute de ses homologues, mais elle voit mal comment mobiliser des élus qui en ont plein les bras avec les coupes décrétées par le gouvernement du Québec.

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(Québec) Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, croit que la bataille pour une nouvelle peinture du pont de Québec concerne tous les maires de la province qui se désolent des structures rouillées ou mal entretenues du CN sur leur territoire.

M. Lehouillier dit avoir réalisé ces derniers jours, à la lumière des reportages du Soleil et des informations livrées par le CN, que le laisser-aller de l'entreprise ferroviaire dépassait le dossier du pont de Québec. «On s'aperçoit que nos structures de ponts [ferroviaires] sont mal entretenues partout dans les villes, en plein coeur du milieu urbain», nous a-t-il confié.

À Lévis, le maire a répertorié neuf ponts appartenant au CN qui auraient besoin de soins et il croit que plusieurs maires du Québec pourraient dresser une longue liste de leurs doléances. «Partout sur le territoire, il agit en très mauvais père de famille», lance M. Lehouillier en parlant du transporteur.

Pour lui, l'occasion est belle de regrouper les municipalités touchées. «On va certainement regarder avec les villes qui sont aux prises avec des structures rouillées du CN à faire une espèce de mobilisation autour de ça», réfléchit-il à haute voix.

Maintenir la pression sur le CN

L'élu lévisien, allié du maire de Québec, Régis Labeaume, répète qu'il n'a pas l'intention de diminuer la pression jusqu'à l'obtention d'un «minimum d'entretien décent», soit une nouvelle peinture. Et ce malgré l'appel au calme lancé cette semaine par le président-directeur général du CN, Claude Mongeau.

Il prédit d'ailleurs une intensification des moyens pour se faire entendre. «La population n'attend que le moment de se mobiliser», selon lui.

À la Fédération québécoise des municipalités, la directrice générale adjointe Colette Martin dit que le maire Lehouillier aura sûrement une bonne écoute de ses homologues, mais elle voit mal comment mobiliser des élus qui en ont plein les bras avec les coupes décrétées par le gouvernement du Québec. «Avec le pacte fiscal transitoire, les municipalités sont affairées à voir comment elles vont se réorganiser», fait-elle remarquer.

La structure du tracel de Cap-Rouge est elle... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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La structure du tracel de Cap-Rouge est elle aussi corrodée. Selon un spécialiste en génie civil de l'Université Laval, cette corrosion peut s'apparenter à celle observée sur le pont de Québec.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Le cas du tracel inquiète

Et le tracel? Le débat sur la rouille du pont de Québec et l'effet des sels de déglaçage a amené plusieurs lecteurs à braquer leur regard sur le tracel de Cap-Rouge, structure datant de la même époque et rouillée elle aussi, même si aucun fondant n'y est répandu.

Encore une fois, les photos sont éloquentes. Le pont ferroviaire à tréteaux, dont le centenaire a été célébré en 2013, laisse voir de la rouille, beaucoup de rouille sur un kilomètre de long.

Des résidents de Cap-Rouge ont appelé Le Soleil pour s'en plaindre et remettre en question le plaidoyer du CN contre les sels de déglaçage. Selon eux, il est trop facile de dire que c'est le ministère des Transports du Québec qui a précipité la dégradation du pont de Québec.

Le sujet a été abordé avec Sean Finn, vice-président directeur aux services corporatifs du CN, en début de semaine. «Il [le tracel] est rouillé à cause des intempéries, à cause de l'eau. Allez voir la rouille sur les premiers 10 pieds du pont de Québec [la zone d'éclaboussures de part et d'autre du tablier] par rapport à la rouille sur la surface en haut. C'est pas la même intensité, pas la même profondeur de rouille», a-t-il expliqué. «Ça se voit à l'oeil nu», a insisté le gestionnaire.

Rouille comparable

Mario Fafard, professeur de génie civil à l'Université Laval ayant fait reconnaître le tracel de Cap-Rouge comme site historique national de génie, n'a pas fait la comparaison des aciers et de la rouille des deux structures, considérées comme proches parentes, puisque construites dans les mêmes années et parties d'un même réseau ferroviaire. Mais il déduit que la corrosion des extrémités du pont de Québec doit se comparer à celle du tracel. «Le sel ne cause pas la rouille, il accélère le processus», précise par ailleurs l'ingénieur.

M. Fafard plaide toujours pour une peinture complète des structures, pour que l'acier soit protégé contre la corrosion «sinon on perd de la matière d'année en année et l'acier perd ses propriétés mécaniques».

Selon le professeur, la politique du CN, qui consiste à remplacer les pièces quand elles sont trop abîmées, peut être viable à court terme, mais finira par lui coûter très cher. Quand les immenses membrures du haut seront au bout de leur vie utile, ce sera un défi d'ingénierie de les remplacer, prédit-il.

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