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Pont de Québec: le CN se plaint du déglaçage depuis 1955

Le CN peste contre les sels de déglaçage... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le CN peste contre les sels de déglaçage utilisés sur le pont de Québec depuis au moins... 1955, selon les documents obtenus par Le Soleil.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Cela fait 60 ans que le CN demande au ministère des Transports du Québec de cesser l'utilisation de sels de déglaçage sur le pont de Québec pour protéger la structure, confirment des lettres obtenues par Le Soleil. Il aura toutefois fallu attendre 2013 pour un changement de cap important.

Le Soleil a demandé au CN de fournir la correspondance prouvant qu'il est intervenu à répétition auprès du gouvernement du Québec pour qu'il modifie ses pratiques de déneigement.

La plus récente lettre, datée de novembre 2009, prend des airs de mise en demeure. Olivier Chouc, l'actuel vice-président aux affaires juridiques du CN, écrit au sous-ministre Michel Boivin pour lui rappeler que l'usage de déglaçants abîme la structure et que «le locataire est responsable des dommages occasionnés à la structure du pont et résultant de la négligence dont le locataire ferait preuve dans l'entretien de la voie routière».

M. Chouc ajoute que le problème a été signalé à plusieurs reprises, que le MTQ l'a reconnu et s'est engagé à trouver des solutions, dont certaines déjà en application sur son propre réseau. «Cette quête dure depuis plusieurs années et n'a toujours pas produit de résultats», déplore l'avocat, qui espère un dénouement pour cet hiver-là.

Dans sa réponse qui arrive deux mois plus tard, le sous-ministre souligne que le MTQ «a, depuis toujours, le souci de faire une utilisation optimale des fondants et des abrasifs partout sur le réseau routier sous sa responsabilité, et plus particulièrement sur le pont de Québec».

Le haut fonctionnaire signale que la machinerie a été optimisée pour un meilleur grattage et que les abrasifs sont chauffés «depuis plusieurs années» afin de diminuer les quantités de fondants nécessaires. Un «nouveau produit» est alors à l'essai pour réduire l'utilisation de sels de déglaçage traditionnels.

Ce produit, on le sait aujourd'hui, c'est une solution liquide de chlorure de magnésium, doublée d'un inhibiteur de corrosion, qui enrobe les sels de déglaçage pour plus d'adhérence sur la chaussée et moins d'effet sur le métal. Il a été utilisé pour la première fois sur le pont de Québec à l'hiver 2013-2014.

Depuis l'an dernier, le MTQ ramasse également la neige lors de grosses accumulations au lieu de la pousser sur les côtés et la laisser s'écouler. Cette année, l'écran protecteur en cours d'installation le long de la voie ferrée formera une barrière additionnelle contre les éclaboussures. En plus, la structure sera désormais nettoyée tous les printemps.

Au temps de Duplessis

Le CN peste pourtant contre les sels de déglaçage depuis au moins... 1955. Le Soleil a pu consulter une lettre envoyée à l'ingénieur en chef du Département des travaux publics du gouvernement de Maurice Duplessis, dans laquelle le superintendant général du CN, alors société de la Couronne, dénonce l'utilisation de fondants et la projection de la neige souillée sur la structure.

«Il est estimé qu'il faudra un mois à notre équipe de peintres pour nettoyer et réparer les dommages causés par le sel», peut-on lire. Puis le représentant du CN somme le provincial de modifier ses pratiques.

Bien que Québec se soit alors engagé à ne plus utiliser de sel sur le pont de Québec, la situation n'a pas changé. Dans les années 60, le CN a d'ailleurs procédé à un échantillonnage de neige pour faire la preuve de résidus de sel.

Des correspondances datant de 1977 et 1982 ont également été retracées et rendues publiques par le CN.

Invité à réagir, le porte-parole du MTQ, Guillaume Paradis, répète que le ministère est «bien conscient que les sels de déglaçage ont un effet sur tout, les voitures, les ponts, le béton» et qu'une gestion rigoureuse de ces produits corrosifs est en vigueur sur tout le réseau depuis des années.

Au CN qui l'accuse d'avoir été plus précautionneux pour ses propres structures que pour le pont de Québec, M. Paradis assure que ce n'est pas le cas. Les constructions plus récentes sont certes conçues en fonction des impératifs hivernaux, mais ne reçoivent pas plus d'attention pour autant, mentionne-t-il. Le vieux pont se trouve même dans une «situation unique» et fait l'objet d'un «traitement exceptionnel» depuis l'an dernier, plaide M. Paradis.

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