Pont de Québec: le CN frustré des attaques contre lui

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La rouille sur le pont de Québec

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(Québec) Dans sa réponse aux élus québécois qui lui demandent de «prendre ses responsabilités» et de repeindre le pont de Québec, le président-directeur général du CN, Claude Mongeau, apparaît frustré des attaques contre son entreprise relayées par les médias.

«Nous comprenons évidemment que le pont de Québec occupe une place importante à l'entrée de la ville de Québec. Cependant, nous n'accepterons tout simplement pas de porter l'odieux d'un enjeu que nous n'avons pas causé et qui ne relève pas de notre responsabilité», écrit M. Mongeau aux ministres Sam Hamad et Robert Poëti, respectivement responsables de la Capitale-Nationale et des Transports, dans une lettre datée de mardi dont copie a été envoyée au Soleil.

Ce sont les libéraux qui ont pris l'initiative de la correspondance, réclamant sur papier à en-tête une nouvelle peinture pour le pont de Québec, comme l'ont fait les maires de Québec et de Lévis.

M. Mongeau leur répond que «pendant plus de 60 ans, les pratiques du MTQ ont causé l'essentiel de la rouille sur la structure». Il reproche au gouvernement provincial d'avoir abusé des sels de déglaçage et de n'avoir pas protégé le pont de Québec, le traitant avec moins d'égard que «ses propres infrastructures».

Le coût de ces «pratiques et manquements» a été estimé à «près de 70 millions de dollars», selon le pdg du CN, ce qui correspond grosso modo à la facture refilée au Québec dans la nouvelle convention pour l'utilisation et l'entretien de la voie carrossable. Il fait remarquer que l'entente ne prévoit pas de travaux de peinture, «les experts du CN et du MTQ ayant reconnu que ces travaux n'étaient pas nécessaires pour assurer la sécurité et la pérennité du pont».

Claude Mongeau conclut en réitérant son offre de céder le pont à la province et demande aux ministres de modifier leur «approche de communication avec le grand public» pour «mieux refléter les faits».

Le grand patron du CN ne s'arrête pas là pour autant. Il réplique également au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, qui lui a fait parvenir une copie de la motion unanime adoptée le

4 novembre enjoignant le transporteur à «prendre ses responsabilités quant à la nécessité de repeindre et d'entretenir convenablement le pont de Québec».

M. Mongeau répond que son entreprise «prend et a toujours pris ses responsabilités, non seulement à l'égard du pont de Québec, mais de manière générale, y compris à l'égard de la province de Québec». Puis il détaille le poids économique du CN au Québec : 3500 employés, 1,2 milliard $ de dépenses annuelles et 200 millions $ d'immobilisations annuelles.

À M. Chagnon, il demande d'être traité «avec respect» dans le dossier, «celui qui est dû à tout citoyen responsable».

Québec sur la défensive

En journée mardi, le gouvernement provincial était déjà sur la défensive après la sortie médiatique du vice-président exécutif aux services corporatifs du CN, Sean Finn, qui accusait Québec d'avoir provoqué la dégradation du pont de Québec avec les sels de déglaçage.

«L'usure du pont, c'est une usure qui se fait comme dans tous les autres ponts. Ça reste pas neuf, c'est clair, il y a de l'entretien à faire. Pour notre part, on y met 60 millions» de dollars, a lancé le ministre des Transports, Robert Poëti, à l'Assemblée nationale. Il a réinvité le CN à poser «un bon geste» et à repeindre le monument historique.

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui recyclé l'analogie de l'auto qui rouille dans une cour. «Je ne demande pas au voisin de s'en occuper, je m'en occupe et il faut que le CN s'en occupe», a-t-il martelé.

Il a ajouté que la situation actuelle, «c'est pas bon, j'aime pas ça voir le pont rouiller pis c'est pas bon pour le CN non plus».

M. Couillard a toutefois refusé de qualifier le CN de mauvais citoyen corporatif, comme l'ont déjà fait les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier. «Je n'irais pas jusque-là. Je dirais que ça fait partie de la responsabilité sociale d'une entreprise de jouer son rôle dans la communauté», a tempéré le premier ministre. 

Avec Jean-Marc Salvet

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